Pakistan: l'arrestation de l'ex-Premier ministre Imran Khan invalidée par la Cour suprême

L'ex-Premier ministre pakistanais Imran Khan quitte après avoir comparu devant un tribunal pour une caution de protection dans le cadre de deux affaires, à Lahore, le 21 mars 2023 (Photo, AFP).
L'ex-Premier ministre pakistanais Imran Khan quitte après avoir comparu devant un tribunal pour une caution de protection dans le cadre de deux affaires, à Lahore, le 21 mars 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 11 mai 2023

Pakistan: l'arrestation de l'ex-Premier ministre Imran Khan invalidée par la Cour suprême

  • M. Khan, 70 ans, qui avait été renversé en avril 2022 mais espère revenir rapidement au pouvoir, avait été arrêté alors qu'il répondait à une convocation au tribunal dans ce dossier
  • De petits groupes de supporteurs de M. Khan ont fêté l'annonce de la Cour dans les rues et son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), les a appelés à se rassembler à Lahore

ISLAMABAD: La Cour suprême du Pakistan a invalidé jeudi l'arrestation de l'ex-Premier ministre Imran Khan, qui avait déclenché des manifestations violentes de ses partisans dans tout le pays.

L'instance a ordonné qu'il reste pour la nuit sous sa garde, chargeant la police d'assurer sa sécurité, avant une nouvelle comparution vendredi devant un tribunal d'Islamabad.

"Votre arrestation est invalide et le processus entier doit être revu", a déclaré Umar Ata Bandial, le président de la Cour suprême, qui examinait un recours déposé par les avocats de M. Khan contre son arrestation mardi dans une affaire de corruption.

"Dorénavant, aucune arrestation ne devrait avoir lieu dans les locaux d'un tribunal", a justifié le juge Bandial.

M. Khan, 70 ans, qui avait été renversé en avril 2022 mais espère revenir rapidement au pouvoir, avait été arrêté alors qu'il répondait à une convocation au tribunal dans ce dossier.

"J'ai été traité comme un terroriste", s'est-il indigné devant la Cour suprême. Il n'est toutefois pas à l'abri d'une nouvelle arrestation pour cette affaire ou les nombreuses autres dans lesquelles il est mis en cause.

"Nous l'arrêterons à nouveau", a d'ailleurs aussitôt promis le ministre de l'Intérieur, Rana Sanaullah, sur une chaîne locale.

De petits groupes de supporteurs de M. Khan ont fêté l'annonce de la Cour dans les rues et son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), les a appelés à se rassembler à Lahore (est).

Point culminant de mois de crise qui ont vu l'ancienne star du cricket défier de plus en plus ouvertement la toute puissante armée, son arrestation a suscité la rage des partisans du PTI. Des milliers d'entre eux sont descendus dans les rues, incendiant ou endommageant des édifices publics.

Aggravation de la crise

Chose rare au Pakistan, ils s'en sont pris à des symboles du pouvoir militaire, accusant l'armée d'avoir contribué à l'éviction de M. Khan du pouvoir, ce que celle-ci conteste.

Au moins neuf personnes sont mortes dans des incidents liés aux manifestations, violemment réprimées par les forces de sécurité, selon la police et les hôpitaux.

Des centaines de policiers ont été blessés et plus de 2 000 manifestants arrêtés, principalement dans les provinces du Pendjab (centre-est) et du Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest), d'après la police.

Au moins huit hauts responsables du PTI,  accusés d'avoir orchestré les violences, ont été placés en détention, selon la police.

Le gouvernement avait donné son feu vert mercredi à l'envoi de soldats dans la capitale et dans deux provinces, dont celle du Pendjab, la plus peuplée du Pakistan, pour rétablir le calme.

La police d'Islamabad a annoncé jeudi que des troupes avaient été positionnées dans la nuit dans la "zone rouge" de la capitale, qui abrite les principales institutions gouvernementales.

Les autorités ont coupé l'internet mobile, restreint l'accès aux réseaux sociaux tels que Twitter, Facebook ou YouTube, et ordonné la fermeture des écoles dans le pays.

"Les gens devraient manifester, mais ça ne veut pas dire qu'il faut assiéger, incendier ou endommager les propriétés du gouvernement, ou s'attaquer aux pauvres en brûlant leurs voitures ou motos", a estimé un habitant de Peshawar, Syed Muzaffar Shah.

L'arrestation de M. Khan a marqué une aggravation spectaculaire d'une crise causée par son renversement. Il avait été destitué par une motion de censure, après avoir perdu le soutien de l'armée, qui l'avait appuyé en sous-main lors de son accession au pouvoir en 2018.

«Extrême retenue»

M. Khan a ensuite multiplié les manoeuvres politiques pour obtenir la tenue d'élections anticipées avant la date limite d'octobre, dans un pays en proie à une grave crise économique.

Il s'est aussi lancé dans des diatribes toujours plus virulentes à l'encontre de son successeur, Shehbaz Sharif, et de l'institution militaire.

L'armée exerce une influence politique considérable au Pakistan. Elle a organisé au moins trois coups d'Etat depuis l'indépendance en 1947 et assumé le pouvoir pendant plus de trois décennies.

Mais les critiques directes à son encontre sont rares, car considérées comme une ligne rouge à ne pas dépasser, au risque de se retrouver dans le viseur de l'appareil sécuritaire.

M. Khan est sous le coup de dizaines d'affaires judiciaires, ce qu'il dénonce comme une tentative du gouvernement et de l'armée d'empêcher son retour au pouvoir.

Son arrestation est intervenue peu après qu'il eut renouvelé ce week-end ses accusations à l'encontre d'un officier supérieur, auquel il reproche d'avoir comploté pour l'assassiner en novembre lors d'un meeting électoral où il avait été blessé par balle à une jambe.

Il n'a pas apporté la moindre preuve de ses allégations, qui ont été dénoncées comme "étant fabriquées de toutes pièces et malveillantes" par l'armée.

Mercredi, celle-ci a prévenu qu'elle s'en était tenue jusque-là à une "extrême retenue". Elle a menacé d'une "forte réaction" quiconque s'attaquerait aux installations militaires et gouvernementales.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"


L'Iran dit que la diplomatie avec les Etats-Unis a été «mise à mal» par les frappes

Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
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  • "Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu"
  • "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain"

TEHERAN : Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé mercredi que les Etats-Unis avaient porté atteinte aux efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes américaines contre des cibles dans le sud de l'Iran.

"Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans un message vidéo relayé par les médias iraniens. "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain", a-t-il ajouté.

 

 


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
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  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.