L’histoire poignante de travailleurs humanitaires fuyant un pays ravagé par la guerre

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Publié le Vendredi 12 mai 2023

L’histoire poignante de travailleurs humanitaires fuyant un pays ravagé par la guerre

  • La directrice d’une ONG américaine raconte comment les violences ont éclaté autour de sa maison et de ses bureaux à Khartoum le 15 avril et l’exode déchirant d’une cinquantaine de personnes
  • Le Dr Abdelhafiz déclare qu’il est arrivé au Soudan avec ses jeunes enfants pour célébrer l’aïd el-fitr seulement cinq heures avant que les combats n’éclatent le 15 avril

CHICAGO: La directrice américaine d’une importante organisation d’aide humanitaire et un médecin soudanais qui prodigue des soins dans ce pays africain ont partagé leurs expériences personnelles sous les balles et les bombes alors qu’ils tentaient de fuir la violence au Soudan le mois dernier.
Préférant garder l’anonymat, la directrice de cette organisation non gouvernementale (ONG) importante, qui fournit des soins de santé à plus de deux cent mille réfugiés, migrants et demandeurs d’asile, a partagé les détails de son histoire sur le plateau de l’émission de Ray Hanania parrainée par Arab News.
Elle décrit comment les violences ont éclaté autour de sa maison et de ses bureaux à Khartoum le 15 avril et l’exode déchirant d’une cinquantaine de personnes qu'elle a conduites en lieu sûr – bravant ainsi les factions belligérantes, les explosions et les bombardements, ainsi que les points de contrôle tenus par de jeunes miliciens armés.
«Les plans d’évacuation de la communauté internationale étaient imparfaits, voire inexistants. Nous espérions rejoindre le convoi de l’Organisation des nations unies (ONU) à Port-Soudan. Nous avions prévu un bus. Je devais emmener cinquante personnes, dont quatre de mon équipe internationale. Merci encore aux Soudanais, nos gardiens, qui ont fait quatre allers-retours pour les mettre à l’abri», déclare-t-elle d’une voix brisée par l’émotion.
«Nous étions tous à l’hôtel et, à minuit, la veille de notre départ, nous avons découvert que l’ONU avait surenchéri pour récupérer notre bus. Nous étions donc prêts à payer un certain montant que l’ONU a doublé pour pouvoir prendre notre bus dans son convoi. Nous nous sommes donc retrouvés bloqués sans moyen de transport.»
Les gens désespérés de partir se sont séparés du groupe, la laissant avec une vingtaine de personnes qui, pour la plupart, étaient des bénévoles et des travailleurs soudanais, ce qui a rendu la tâche plus difficile. Elle souligne que l’ONU a ajouté un obstacle supplémentaire en permettant uniquement aux ressortissants non soudanais de rejoindre le convoi approuvé par l’ONU hors de la zone de guerre.
«L’ONU avait également reçu l’ordre de ne pas permettre aux Soudanais de rejoindre le convoi. Quand j’ai appris cela, j’ai dit que c’était injuste. Je ne quitte pas ma famille soudanaise», précise-t-elle, faisant allusion aux personnes effrayées qui cherchent désespérément à fuir la violence.
Ne pouvant voyager avec un convoi de l’ONU, les personnes avec lesquelles elle se trouvait ont été contraintes de se regrouper, indique-t-elle. Le groupe souhaitait se rendre à El-Gadarif où son ONG menait des activités et serait donc en mesure d’apporter son aide.
Les membres du groupe sont restés dans le sous-sol de l’hôtel As-Salam à Khartoum. Pendant qu’ils attendaient, d’autres personnes désespérées de partir les ont suppliés de se joindre à eux. Ne pouvant pas dire non à qui que ce soit, ils ont entassé vingt-six personnes, toutes Soudanaises à l’exception de six autres ressortissants, dans quatre véhicules utilitaires, créant ainsi un nouveau convoi. Ils ont dû payer 110 dollars (1 dollar = 0,92 euro) par gallon d’essence au marché noir.
«Quand nous sommes partis, il y avait des corps dans les rues et des bâtiments détruits par les bombes. Des véhicules militaires avaient pris feu. Il était clair qu’il y avait eu beaucoup de combats la veille. Il y a également eu des bombardements autour de l’hôtel. Nous étions dans un bunker au sous-sol pendant près d’une heure au moment des frappes aériennes», se souvient-elle.
«Ils ont bombardé une banque juste à côté de l’hôtel, ce qui nous a incités à partir. Nous avons pu sortir de Khartoum sans incident. Notre convoi de quatre véhicules avançait très lentement. Les paramilitaires nous ont permis de passer.»
Les scènes auxquelles la directrice de l’ONG a assisté étaient étranges. Il y avait une violence intense et des bombardements dans certaines zones, alors que la paix et la tranquillité régnaient dans d’autres secteurs, à seulement quinze minutes de l’hôtel. Le convoi a mis quarante-cinq minutes pour sortir des secteurs les plus dangereux. «La vie semblait tout à fait normale. Les transports en commun fonctionnaient, les magasins étaient ouverts. Les gens étaient dans les rues.»
À mesure qu’ils s’éloignaient des combats à Khartoum, elle souligne que les Soudanais qu’ils croisaient sortaient de chez eux, saluaient les convois et offraient de la nourriture et de l’eau à ceux qui fuyaient les combats.
«Nous sommes arrivés à Madani où nous avons mangé des sandwichs, avant de nous rendre à El-Gadarif. Ce voyage dure généralement près de six heures. Il nous en a fallu neuf. En chemin, nous avons aperçu de jeunes Soudanais qui tenaient des pancartes où l’on pouvait lire: “Pour ceux d’entre vous qui viennent de Khartoum, nous pouvons vous protéger dans notre village”.»
«Ils distribuaient de l’eau et de la nourriture. Je suis très émue en me remémorant ces moments. Ainsi est le Soudan. Ainsi sont les Soudanais. Ils vous donneront tout même si cela signifie qu’ils n’auront rien en retour. La beauté du Soudan et de son peuple ne sera pas brisée par ce conflit. Ils ont pris soin du personnel international, se mettant en danger parce que c’est comme ça que sont les Soudanais.»
Au lieu d’aller à Port-Soudan, ils ont traversé la frontière avec l’Éthiopie et ils se sont rendus dans les environs sûrs de Gondar. La directrice de l’ONG s’est ensuite rendue à Addis-Abeba, d’où elle a récemment pris l’avion pour les États-Unis. Elle prévoit de retourner au Soudan dès que possible.
Le Dr Hafiz Abdelhafiz, membre du conseil d’administration de l’Association des médecins soudanais-américains (Sapa) et chirurgien au sein de l’hôpital de recherche pour enfants St. Jude, fait part d’une histoire similaire. La Sapa se compose de médecins et de chirurgiens qui se sont rendus dans les zones de guerre pour soigner les blessés. Deux Américains et un médecin de la Sapa, le Dr Bouchra Souleiman, ont été tués dix jours après le début des combats.
Le Dr Abdelhafiz déclare qu’il est arrivé au Soudan avec ses jeunes enfants pour célébrer l’aïd el-fitr seulement cinq heures avant que les combats n’éclatent le 15 avril. Il a qualifié la situation à Khartoum de «désastreuse». Il soutient que les attentats à la bombe et les échanges de coups de feu ont détruit des maisons, des hôpitaux et des écoles dans de nombreux quartiers de Khartoum et d’autres villes soudanaises.
«C’est étrange qu’une guerre aussi dévastatrice et brutale ait éclaté à ce moment bien précis de célébrations, de fin du ramadan et de l’aïd. Les gens s’attendaient à la signature d’un accord politique et à la transition vers un gouvernement civil. Et soudain, des combats entre ces deux généraux ont éclaté», déclare le Dr Abdelhafiz, ajoutant qu’il n’y avait aucun moyen d’estimer pour le moment le nombre de personnes tuées.
«Mais ce qui est triste dans cette guerre, c’est de constater que le personnel médical et les établissements de santé sont pris pour cible. Dix-sept hôpitaux ont été bombardés. Vingt hôpitaux ont été évacués de force. Plus de quinze médecins ont été tués. Des ambulances ont été confisquées. C’est une guerre brutale, sans aucune forme d’éthique.»
Le Dr Abdelhafiz indique que le Dr Souleiman était un ami. Il le décrit comme un fervent défenseur des droits des patients qui est rentré chez lui pour venir en aide à son peuple.
«La guerre se déroule dans la ville et ses rues. Les balles traversent le mur», précise-t-il. «La situation est très difficile en ce moment.»
Alors que la capitale Khartoum était assiégée, ses enfants et lui ont trouvé refuge dans la ville soudanaise de Madani.
Le Dr Abdelhafiz précise que la Sapa prévoit d’ouvrir un nouveau bureau à Khartoum pour fournir des équipements et payer des salaires au personnel médical qui gère des dizaines d’hôpitaux et d’établissements de santé.

Vous pouvez écouter le podcast de l’émission sur le site ArabNews.com/rayradioshow.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les autorités saoudiennes saluent le succès du plan opérationnel durant le Ramadan

Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
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  • L’autorité souligne que ce succès repose sur un système opérationnel intégré fondé sur une planification proactive, une coordination entre les services, la sécurité, les opérations et la santé, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain

LA MECQUE : L’Autorité générale pour la gestion des Deux Saintes Mosquées a salué le succès de son plan opérationnel pour le Ramadan, mettant en avant la capacité du Royaume à gérer l’une des opérations de foule les plus vastes et complexes au monde.

Des millions de pèlerins ont visité les deux saintes mosquées durant le Ramadan, bénéficiant d’un flux de fidèles et de services fluide et minutieusement organisé, reflétant l’engagement du Royaume à leur service.

L’autorité a souligné que ce succès est le fruit d’un système opérationnel intégré reposant sur une planification proactive, une coordination entre les entités de service, de sécurité, opérationnelles et sanitaires, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain.

Cette approche a permis une gestion très efficace des foules et la fourniture de services de haute qualité, améliorant l’expérience spirituelle des fidèles et des visiteurs.

Au cours des dix derniers jours du mois sacré, plus de 18 000 agents et près de 6 000 véhicules ont été mobilisés, alors que les fidèles entamaient l’itikaf dans les deux saintes mosquées.

Durant cette période, divers services leur ont été fournis, notamment orientation, soins de santé, traduction, hospitalité et fournitures essentielles, afin de garantir une expérience confortable et spirituellement enrichissante. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: l'armée israélienne dit frapper le Hezbollah à Beyrouth

Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
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  • L’armée israélienne a lancé des frappes à Beyrouth contre le Hezbollah après avoir appelé à l’évacuation de quartiers du sud, bastion du mouvement
  • Le conflit s’intensifie au Liban (plus de 1 000 morts et 1 million de déplacés), tandis que des appels à des négociations directes avec Israël émergent malgré la poursuite des combats

Jérusalem: L'armée israélienne a annoncé avoir lancé samedi matin des frappes sur Beyrouth visant le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran, après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de la banlieue sud d'évacuer.

Les forces armées israéliennes "frappent actuellement des cibles de l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth", ont-elles indiqué dans un bref communiqué.

Auparavant, un porte-parole de l'armée avait enjoint les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, à évacuer avant le lancement de frappes.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional début mars après des frappes sur Israël du mouvement pro-iranien Hezbollah en réprésailles à la mort du guide suprême Ali Khamenei tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne le 28 février

Dans le sud du Liban, zone principale des affrontements entre Israël et le Hezbollah, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées samedi à l'aube dans une "lourde frappe" israélienne contre une maison dans le district de Bint Jbeil, a annoncé l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'agence nationale a également fait état de nouvelles frappes sur la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, et sur la ville de Naqoura, à proximité de la frontière avec Israël.

Le Hezbollah a affirmé que ses combattants ont ciblé des troupes israéliennes dans six villages du sud du Liban et lancé des roquettes au-delà de la frontière. L'armée israélienne a indiqué que les sirènes aériennes ont été activées.

Selon le ministère libanais de la Santé, le conflit a tué plus de 1.000 personnes au Liban et déplacé plus d'un million de personnes.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa, a salué vendredi la proposition du président libanais Joseph Aoun d'entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre avec le Hezbollah "car aucun accord ne peut être trouvé sans dialogue", a-t-il déclaré à des médias libanais, à l'issue d'une rencontre avec le patriarche maronite Béchara al-Raï à Beyrouth.

Mais ne croyant pas "qu'Israël ait décidé de mettre fin" aux combats, il a ajouté que "le Liban doit décider s'il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances".


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
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  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.