A Antakya, ville martyre turque: «mon vote ne ressuscitera pas mes proches»

Les anciens résidents de Hatay qui ont été forcés de migrer à cause du tremblement de terre retournent dans la ville pour voter avant les élections présidentielles et parlementaires du 14 mai, à Hatay, une ville qui a subi le plus de dégâts lors des tremblements de terre qui ont eu lieu dans le sud de la Turquie, le 12 mai 2023. (Photo par Can EROK / AFP)
Les anciens résidents de Hatay qui ont été forcés de migrer à cause du tremblement de terre retournent dans la ville pour voter avant les élections présidentielles et parlementaires du 14 mai, à Hatay, une ville qui a subi le plus de dégâts lors des tremblements de terre qui ont eu lieu dans le sud de la Turquie, le 12 mai 2023. (Photo par Can EROK / AFP)
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Publié le Samedi 13 mai 2023

A Antakya, ville martyre turque: «mon vote ne ressuscitera pas mes proches»

  • Sur le parking, les cars s'entrecroisent. Beaucoup d'habitants contraint de fuir leur ville transformée en champ de ruines rentrent voter à Antakya
  • «Les électeurs font tout pour venir voter. Il y a des gens malades qui mettent leurs traitements sur pause. Ils misent tout sur cette élection», affirme le président du CHP (social-démocrate) pour la province d’Hatay

ANTAKYA : Devant la gare routière d'Antakya, ville du sud de la Turquie dévastée par le séisme du 6 février, la famille Yener, débarquée avec ses deux valises, patiente.

«Nous sommes revenus ici en bus depuis Mersin pour les élections» présidentielle et législatives de dimanche, explique Metin Yener, qui arrive de cette ville côtière à cinq heures de route.

La nuit du 6 février, leur immeuble s'est partiellement effondré sous l'effet de la secousse de magnitude 7,8 qui a fait au moins 50.000 morts dénombrés dans le sud de la Turquie. La vie de la famille a basculé, alors «ces élections sont importantes».

Metin et son épouse Zübeyde voteront pour Kemal Kiliçdaroglu, le principal opposant au président Recep Tayyip Erdogan, donné en bonne posture dans les sondages: «Nous avons espoir», sourit-il.

Sur le parking, les cars s'entrecroisent. Beaucoup d'habitants contraint de fuir leur ville transformée en champ de ruines rentrent, comme eux, voter à Antakya.

Dans sa minuscule échoppe où s'entassent bouteilles d'eau, paquets de chips et batteries externes qu'il vend aux voyageurs pressés, Mithat, fine moustache et gilet sans manche, observe le ballet.

Il attend le double scrutin de dimanche avec impatience. «Pendant le séisme, l'État nous a délaissés. Les trois premiers jours, personne ne nous est venu en aide», fulmine-t-il.

Le commerçant, âgé de 55 ans, ne veut pas donner son nom de famille «par peur d'être fiché» et ne dit pas non plus pour qui il votera: «c'est secret».

«Mais je voterai avec ma conscience», lâche-t-il.

- «Assassins» -

Devant l'échoppe, Serdal Anil, 21 ans, annonce qu'il votera pour Kemal Kiliçdaroglu, le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), à la tête d'une coalition réunissant six formations de l'opposition.

«A cause du séisme et de l'économie, la vie est devenue compliquée», glisse le jeune homme aux tempes rasées, qui se serre depuis trois mois sous une tente avec ses deux parents.

La situation devient pesante, «de plus en plus de serpents tentent d'entrer dans les tentes». Il ne craint pas qu'un changement à la tête du pays ne retarde la reconstruction.

«Les deux [candidats] pourront le faire, ils sont l'Etat», avance-t-il.

Cinq cents mètres plus loin, le CHP a établi sa direction provinciale sous quatre grandes tentes couleur sable, plantées le long d'une voie rapide. Son siège n'a pas survécu au tremblement de terre.

Sous l'une des tentes, Hakan Tiryaki, président du CHP pour la province d'Hatay, affirme que, malgré les promesses de reconstruction rapide du président Erdogan, «un changement de gouvernement est la seule lueur d'espoir qui reste aux habitants».

Selon lui, beaucoup parmi le million d'électeurs que compte la province voteront différemment cette année.

«Des gens qui votaient pour l'AKP [le parti du président Erdogan] disent aujourd'hui qu'ils sont les assassins des leurs», lance-t-il entre deux appels, sous une grande photo de Mustafa Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne.

«Les électeurs font tout pour venir voter. Il y a des gens malades qui mettent leurs traitements sur pause. Ils misent tout sur cette élection.»

- «J'hésite» -

A la gare routière Mehmet Küyümcü, chauffeur de car, travaillera dimanche. «Je ne voterai pas. Je n'ai même jamais voté», admet-il.

«J'ai perdu cinq proches, est-ce que les partis politiques en ont quelque chose à faire ? Ce n'est pas mon vote qui va les ressusciter.»

A l'autre bout du parking, sous sa tente posée à même le bitume, Cansel Dogruel n'a suivi la campagne électorale que de très loin.

«On ne sait pas ce que disent les candidats, on n'a plus de télé et plus de téléphone», confie la jeune mère aux joues creusées, sa fille de deux ans et demi dans les bras.

Son mari, Murat, lave le pare-brise d'un car quelques mètres plus loin.

«On a attendu une tente pendant des semaines et ce n'est même pas l'Etat qui nous l'a donnée», se lamente la mère.

La rescapée pense toutefois voter dimanche pour le président Erdogan, comme en 2018.

La chef de l'Etat, réélu dès le premier tour, avait alors recueilli 48,5% des voix dans la province - quatre points de moins que la moyenne nationale.

La jeune femme marque une pause, puis reprend: «En fait, vu la situation dans laquelle on est, je ne sais plus, j'hésite».


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.