L'ONU commémore pour la première fois l'anniversaire de la Nakba palestinienne

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prend la parole lors d'un événement de haut niveau pour la commémoration du 75e anniversaire de la Nakba au siège des Nations Unies à New York, le 15 mai 2023 (Photo, AFP).
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prend la parole lors d'un événement de haut niveau pour la commémoration du 75e anniversaire de la Nakba au siège des Nations Unies à New York, le 15 mai 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 16 mai 2023

L'ONU commémore pour la première fois l'anniversaire de la Nakba palestinienne

  • Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est exprimé lors d'une réunion de l'ONU consacrée à la commémoration du déplacement forcé des Palestiniens lors de la création d'Israël il y a 75 ans
  • Il a appelé à la création d'un État palestinien indépendant, à son adhésion à part entière à l'ONU et à la demande de comptes aux autorités israéliennes pour les violations du droit international

NEW YORK: L'ONU a commémoré officiellement la Nakba palestinienne, pour la première fois lundi dernier. À cette occasion, le président Mahmoud Abbas a rappelé aux représentants des États membres que son peuple avait le droit de vivre dans la liberté et la dignité au sein de sa propre nation indépendante.

Il a également demandé l’obtention de la Palestine du statut de membre à part entière de l'ONU, alors qu'elle bénéficie actuellement du statut d'État observateur non membre accordé en novembre 2012.

M. Abbas a également exhorté l'organisation à suspendre l'adhésion d'Israël à l’ONU si ce pays continue d'ignorer ses résolutions condamnant l'occupation des territoires palestiniens et la construction de colonies israéliennes sur les terres palestiniennes, qui sont considérées comme illégales au regard du droit international.

Le président s’est exprimé lors d'une réunion du comité spécial pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien organisée pour la commémoration du 75e anniversaire de la Nakba, terme utilisé par les Palestiniens pour décrire le déplacement massif de leurs terres lors de la création de l'État d'Israël en 1948.

Entre 1947 et 1949, environ 750 000 Palestiniens, sur une population de 1,9 million d'habitants, ont été chassés de leurs villes et villages, pris par les immigrants juifs. La plupart des Palestiniens déplacés ont fui vers les pays voisins, où ils se sont installés en tant que réfugiés.

Les Nations unies ont adopté cette année une résolution commémorant officiellement la Nakba pour la première fois, bien que 30 nations aient voté contre. S'adressant aux représentants des nombreux États membres de l'ONU présents à la réunion de lundi, M. Abbas a exigé qu'Israël et les principaux États qui le soutiennent, à savoir le Royaume-Uni et les États-Unis, reconnaissent leur responsabilité dans la Nakba, présentent leurs excuses au peuple palestinien et lui versent des indemnités.

Il a déclaré que le peuple palestinien avait accepté le droit d'Israël à exister sur les 78% de terres historiquement palestiniennes qui constituent l'État d'Israël, et qu'il ne demandait plus qu'à être autorisé à établir son propre État sur les territoires occupés de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Israël a occupé ces territoires et d'autres territoires arabes pendant la guerre israélo-arabe de 1967.

M. Abbas a rappelé qu'il ne s'opposait pas au peuple juif ou au judaïsme, mais plutôt à «ceux qui occupent mes terres, quelles que soient leurs croyances». Selon lui, c'est «le gouvernement israélien qui est responsable de la Nakba et du meurtre, du déplacement et de la destruction» des Palestiniens.

Il a appelé la communauté internationale à tenir les autorités israéliennes pour responsables de leurs actions dans les territoires palestiniens occupés et des violations du droit international.

«La communauté internationale ne doit pas accepter ou rester les bras croisés face aux revendications fallacieuses d'Israël», a indiqué M. Abbas, et «Israël ne doit pas rester un État au-dessus des lois».

Il a ajouté que les Palestiniens allaient saisir la Cour pénale internationale pour dénoncer les violations du droit international et les crimes de guerre commis par Israël à l'encontre du peuple palestinien dans les territoires occupés.

Le président de l'Autorité palestinienne a par ailleurs exhorté les Nations unies à accorder à la Palestine le statut de membre à part entière, car elle remplit les conditions requises. Il a reproché à l'organisation de ne pas avoir déjà pris une telle décision.

Le diplomate sénégalais Cheikh Niang, président du comité spécial, a ouvert la réunion en réitérant son soutien ferme aux droits du peuple palestinien et en appelant à la fin de l'occupation israélienne des terres palestiniennes.

Il a décrit la Nakba comme «l'épicentre» de la souffrance palestinienne et a condamné les récentes attaques israéliennes contre Gaza, au cours desquelles des dizaines de Palestiniens ont été tués ou blessés.

«La mort de civils, Palestiniens ou Israéliens, est inacceptable et nous demandons instamment à toutes les parties concernées de mettre fin aux hostilités», a-t-il déclaré.

«La Nakba, ainsi que la souffrance de générations de Palestiniens, est un événement rarement raconté dans les livres d'histoire car trop souvent oublié.»

Des représentants de l'Union africaine, du Conseil de coopération du Golfe, de la Ligue arabe, de l'Organisation de la coopération islamique et de plusieurs groupes de la société civile ont exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien et son droit à un État indépendant.

Ils ont également reconnu que la Nakba se poursuit à ce jour car les Palestiniens sont toujours sous occupation israélienne et continuent de souffrir dans des conditions similaires à celles qu'ils ont subies pour la première fois il y a 75 ans.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les discussions entre le Liban et Israël à Washington vont se poursuivre vendredi

Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
  • Les pourparlers entre Israël et le Liban, sous médiation américaine à Washington, se poursuivront vendredi afin de tenter de parvenir à un accord
  • Malgré les négociations, les tensions persistent : le Hezbollah accuse Israël d'avoir violé le cessez-le-feu après une frappe meurtrière, tandis qu'Israël affirme avoir ciblé des combattants du mouvement

WASHINGTON: La cinquième session de pourparlers entre Israël et le Liban sous médiation américaine censée se terminer jeudi va finalement se poursuivre vendredi à Washington, a annoncé le département d'Etat américain.

"Les discussions entre Israël et le Liban sont toujours en cours alors que nous continuons à les faciliter. Les deux parties reprendront demain à 9h00 (13h00 GMT) pour continuer leur travail en vue d'un accord", a déclaré le département d'Etat à l'AFP jeudi.

Le Hezbollah pro-iranien a de nouveau accusé jeudi Israël de "violation flagrante" du cessez-le-feu après qu'une frappe de drone a fait trois morts. L'armée israélienne a affirmé avoir tué des combattants de la formation chiite.

Le protocole d'accord irano-américain signé le 17 juin prévoit la cessation des hostilités, y compris au Liban. L'Iran a imposé que cette question soit incluse dans le protocole d'accord.


Le Hezbollah accuse Israël de nouvelle «violation» de la trêve après une frappe meurtrière dans le sud du Liban

Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
  • Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations"
  • L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane

BEYROUTH: Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens.

"Pour la deuxième fois en moins de 48 heures, l'armée ennemie israélienne a délibérément visé des citoyens libanais qui inspectaient leurs maisons" près de la localité de Kfar Roummane, a déclaré le groupe soutenu par l'Iran dans un communiqué.

Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations".

L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane.

L'armée israélienne avait indiqué plus tôt avoir visé "deux terroristes armés du Hezbollah dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher", près de la ville de Nabatieh, "qui représentaient une menace", affirmant qu'elle "continuerait d'agir pour éliminer les menaces immédiates".

Elle a ensuite précisé avoir également visé "un véhicule transportant des suspects (...) traversant la zone de sécurité dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher, représentant une menace pour les soldats (israéliens)".

Le Pakistan et le Qatar — médiateurs dans le conflit impliquant l'Iran — ont annoncé lundi que Téhéran et Washington avaient convenu de mettre en place une cellule préventive afin de limiter les flambées de violence au Liban.

Cette décision fait suite à des pourparlers en Suisse visant à mettre fin au conflit plus large au Moyen-Orient, un dossier que Téhéran lie à l'arrêt du conflit parallèle au Liban.

Si les violences au Liban ont reflué ces derniers jours, le ministre israélien de la Défense a insisté sur le fait que ses troupes présentes dans le sud du pays voisin n'allaient pas se retirer.

"Nous avons annoncé que, dans tous les cas, nous ne nous retirerons pas et qu'à l'heure actuelle (...) il n'y a aucune exigence américaine pour qu'Israël se retire du Liban", a dit M. Katz lors d'une interview à Tel-Aviv.

Sous la pression des Etats-Unis, des responsables libanais ont entamé en avril des pourparlers directs avec Israël à Washington, les autorités libanaises cherchant à dissocier ces négociations de l'accord entre les États-Unis et l'Iran.

Le président libanais Joseph Aoun a souligné mercredi que "les négociations à Washington sont distinctes de ce qui a découlé des réunions en Suisse" entre les Etats-Unis et l'Iran.


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.