Le Conseil de sécurité de l’ONU répond aux appels pour l’intensification du processus de paix au Yémen

L’ambassadeur d’Arabie saoudite au Yémen, Mohammed al-Jaber (à droite), et Rachad al-Alimi (au centre, devant), président du nouveau Conseil de direction du Yémen, assistent à l’inauguration d’un hôpital rénové à Aden le 10 mai 2023, dans le cadre d’un programme saoudien de reconstruction et de développement d’une valeur de centaines de millions de dollars. (AFP)
L’ambassadeur d’Arabie saoudite au Yémen, Mohammed al-Jaber (à droite), et Rachad al-Alimi (au centre, devant), président du nouveau Conseil de direction du Yémen, assistent à l’inauguration d’un hôpital rénové à Aden le 10 mai 2023, dans le cadre d’un programme saoudien de reconstruction et de développement d’une valeur de centaines de millions de dollars. (AFP)
Des médecins travaillent lors de l’inauguration d’un hôpital rénové à Aden, le 10 mai 2023. (AFP)
Des médecins travaillent lors de l’inauguration d’un hôpital rénové à Aden, le 10 mai 2023. (AFP)
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Publié le Jeudi 18 mai 2023

Le Conseil de sécurité de l’ONU répond aux appels pour l’intensification du processus de paix au Yémen

  • L’envoyé spécial de l’ONU a félicité les autorités saoudiennes et omanaises pour leur soutien aux initiatives visant à apporter la stabilité au Yémen et à mettre fin au conflit
  • Dans son allocution au Conseil de sécurité, le représentant du Yémen auprès de l’ONU a énuméré les violations que le peuple de son pays a subies de la part des Houthis

NEW YORK: Le Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU) a entendu mercredi les appels à redoubler d’efforts pour parvenir à une trêve durable au Yémen afin de mettre fin au conflit et d’atténuer les souffrances dans le pays. 

S’exprimant lors de la dernière réunion consacrée à la situation au Yémen, l’envoyé spécial de l’ONU dans le pays, Hans Grundberg, a déclaré au Conseil qu’une trêve conclue un an auparavant s’est avérée bénéfique pour la stabilité globale du pays et qu’elle avait favorisé une légère reprise économique. 

Cependant, la situation demeure fragile, ajoute-t-il, et les violences sporadiques qui continuent d’éclater dans diverses provinces renforcent l’instabilité. 

Hormis ces violations, la trêve négociée par l’ONU est à l’origine de la plus longue interruption des hostilités depuis le début de la guerre en 2014 entre les forces loyales au gouvernement yéménite et les milices houthies soutenues par l’Iran qui contrôlent de vastes régions du pays, y compris la capitale Sanaa. 

Dans le cadre de cette trêve, les deux parties sont convenues de mettre fin aux activités militaires et d’autoriser la reprise des vols commerciaux à destination de l’aéroport de Sanaa et en provenance de celui-ci. Elles ont également décidé d’autoriser les navires transportant du carburant à accoster au port de Hodeïda et de rouvrir les principales routes reliant les provinces du pays. 

«La trêve fournit un environnement propice et constitue un point de départ», précise M. Grundberg. 

«La fragilité de la situation militaire, l’état désastreux de l’économie et les défis quotidiens auxquels sont confrontés les Yéménites nous rappellent pourquoi un accord plus global entre les parties est primordial.

L’envoyé a félicité les autorités saoudiennes et omanaises pour leur soutien aux initiatives visant à apporter la stabilité au Yémen et à mettre fin au conflit. 

«Je tiens à saluer les efforts déployés par l’Arabie saoudite et Oman pour soutenir le rôle de médiation de l’ONU», indique-t-il. 

Il ajoute qu’il est également encouragé par les récentes discussions avec des responsables au Yémen et dans toute la région. Malgré les nombreux défis, «il est possible d’envisager l’avenir avec un optimisme prudent», souligne-t-il. 

Hans Grundberg attire l’attention sur la libération de huit cent soixante-dix-huit détenus dans le cadre d’un accord facilité par son bureau et le Comité international de la Croix-Rouge, avec le soutien du gouvernement suisse. 

Alors qu'il demande la libération de toutes les personnes détenues à la suite du conflit, il souligne que le gouvernement saoudien, qui soutient le gouvernement internationalement reconnu du Yémen, a déjà libéré un nombre croissant de détenus, tandis que des milliers d'autres restent emprisonnés. 

Dans son allocution devant le Conseil de sécurité, le représentant du Yémen auprès de l’ONU a énuméré les violations que le peuple de son pays a subies de la part des Houthis. Il indique que ces derniers ciblent les infrastructures civiles, recrutent des enfants pour combattre et violent les droits humains des Yéménites dans les zones qu’ils contrôlent. 

«Le gouvernement yéménite appelle la communauté internationale, et cet honorable conseil, à respecter leurs engagements et à faire davantage pression sur les milices houthies et l’Iran, qui les soutient, afin qu’ils choisissent la paix pour mettre fin aux souffrances prolongées», insiste l’envoyé yéménite. 

Edem Wosornu, directrice des opérations et de la sensibilisation au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, déclare aux membres du conseil que la situation humanitaire au Yémen reste désastreuse, étant donné que des millions de personnes luttent toujours pour obtenir suffisamment de nourriture et d’abris pour elles-mêmes et leurs familles. 

Elle affirme que deux facteurs ont limité la capacité de son organisme à aider les Yéménites dans le besoin. Premièrement, de nombreuses personnes dans le pays n’ont même pas accès à une aide humanitaire de base, en particulier dans les zones sous contrôle houthi. Deuxièmement, les dons destinés à financer l'aide au Yémen restent très insuffisants, avec 80% des objectifs de financement non atteints. 

Yasmine al-Eryani, du Centre d’études stratégiques de Sanaa, explique que le conflit a eu des effets économiques et humanitaires dévastateurs sur le peuple yéménite. 

«La guerre a privé les Yéménites de la possibilité de rêver à un avenir meilleur», déclare-t-elle. 

«Cependant, ils sont toujours capables de se redresser et de restaurer leur pays. Je peux vous assurer que les femmes, les jeunes et toutes les catégories de la société yéménite sont tout à fait capables de reconstruire le pays et de façonner son avenir», conclut-elle. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'Iran menace de rétorsion tout pays «participant, coopérant ou aidant» les Etats-Unis dans leurs attaques 

Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
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  • "Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées"
  • L'Iran "se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran.

"Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées", a déclaré Abbas Araghchi, ajoutant que l'Iran "se réservait le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense", lors d'un discours au Kirghizistan à l'occasion d'une réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

 

 


Nouvelles frappes américaines en Iran, sirènes d'alerte au Bahreïn 

Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. (AFP)
Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. (AFP)
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  • Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, faisant état de la "13e nuit consécutive" de bombardements
  • Des médias d'Etat iraniens ont quant à eux rapporté des explosions dans le sud du pays et sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz

TEHERAN: Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures puisque le stratégique détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les Houthis yéménites ont annoncé un blocus des navires d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Après avoir flambé jeudi, les cours refluaient légèrement vendredi en début d'échanges asiatiques, le Brent se maintenant autour du niveau de 100 dollars atteint la veille pour la première fois depuis mai, loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, faisant état de la "13e nuit consécutive" de bombardements.

Des médias d'Etat iraniens ont quant à eux rapporté des explosions dans le sud du pays et sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz.

Face aux menaces sur la navigation dans la région, Donald Trump a affirmé jeudi soir que les fonds iraniens gelés aux Etats-Unis serviraient désormais à rembourser les dégâts sur les navires touchés dans le Golfe.

"A partir de maintenant, tous les dommages causés aux navires, à la cargaison ou à tout autre élément s'y rapportant, seront payés par l'argent iranien que les Etats-Unis ont en leur possession et contrôlent", a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social, sans fournir davantage de détails sur le mécanisme envisagé.

Une menace qualifiée quelques heures plus tard de "précédent incendiaire" par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans une publication sur X.


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
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  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.