Egypte: la justice classe une vieille affaire sur 20 ONG

En visite au Caire début 2019, le président français Emmanuel Macron avait demandé à M. Sissi de « protéger les droits humains » (Photo, AFP)
En visite au Caire début 2019, le président français Emmanuel Macron avait demandé à M. Sissi de « protéger les droits humains » (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 06 décembre 2020

Egypte: la justice classe une vieille affaire sur 20 ONG

  • Les ONG ont été accusées d'avoir reçu des financements étrangers illégaux et de s'être immiscées dans les affaires politiques du pays
  • Selon le communiqué du tribunal, le juge Mokhtar a aussi décidé de lever le gel des avoirs et les interdictions de voyager

LE CAIRE: Une cour d'appel égyptienne a classé samedi une vieille affaire dans laquelle vingt ONG étaient accusées d'avoir reçu illégalement des fonds étrangers, a indiqué une source judiciaire. 

Cette décision survient à la veille du début d'une visite d'Etat à Paris du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. 

« Le juge de la cour d'appel du Caire Ali Mokhtar a donné l'ordre que (les) 20 organisations ne fassent pas l'objet d'une procédure pénale (...) et que l'enquête prenne fin », a indiqué le tribunal dans un communiqué. 

L'affaire remonte à décembre 2011 avec la perquisition des locaux de nombreuses ONG, dont les organisations américaines National Democratic Institute, International Republican Institute et Freedom House, ainsi que la fondation allemande Konrad Adenauer. Ce qui avait suscité de vives protestations internationales et des tensions importantes avec Washington. 

Les ONG ont été accusées d'avoir reçu des financements étrangers illégaux et de s'être immiscées dans les affaires politiques du pays. 

A l'époque, plusieurs mois déjà après la chute d'Hosni Moubarak, le pays est toujours régulièrement secoué par des manifestations hostiles au pouvoir intérimaire de l'armée. Des responsables du gouvernement soupçonnent les mouvements de la société civile de vouloir déstabiliser le pays. 

En 2013, 43 employés des ONG perquisitionnées --dont des Américains et des Européens-- sont condamnés à des peines de prison entre un et cinq ans. Trois ans plus tard, un tribunal gèle les avoirs en Egypte de plusieurs de ces ONG, impose une interdiction de voyager à leurs membres et ouvre une enquête sur d'autres organisations. 

En 2018, les 43 personnes sont acquittées mais les autres mesures sont maintenues. 

Selon le communiqué du tribunal, le juge Mokhtar a aussi décidé de lever le gel des avoirs et les interdictions de voyager. 

Mais le sort des ONG faisant l'objet d'une enquête depuis 2016 n'était pas clair dans l'immédiat. 

Le parquet égyptien avait déjà ordonné jeudi la libération de trois dirigeants d'une organisation de défense des droits humains, dont les arrestations en novembre avaient suscité l'indignation à l'étranger. 

Depuis la destitution par l'armée en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi et l'arrivée au pouvoir l'année suivante d'Abdel Fattah al-Sissi, une répression croissante s'est abattue sur toute forme d'opposition, islamiste ou libérale. 

Plusieurs ONG se sont dites « stupéfaites » samedi de voir le tapis rouge être déroulé pour M. Sissi à Paris. 

En visite au Caire début 2019, le président français Emmanuel Macron avait demandé à M. Sissi de « protéger les droits humains ». 

Il y a eu depuis « une escalade dans la répression » pour aboutir à « la situation la plus grave de l'histoire moderne de l'Egypte », a déploré la Fédération internationale des droits humains.  


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com