Sommet économique et bancaire Euro-Med 2023: pour une relation durable entre l'Europe et la Méditerranée

Mme Maya Atig, directrice générale de la Féderation des banques françaises. (Photo fournie).
Mme Maya Atig, directrice générale de la Féderation des banques françaises. (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 26 mai 2023

Sommet économique et bancaire Euro-Med 2023: pour une relation durable entre l'Europe et la Méditerranée

  • L’objectif était de constituer une feuille de route pour que les pays de la région établissent des relations durables et constructives
  • Les intervenants ont notamment évoqué les tensions géopolitiques dans le monde, la fragmentation des marchés et la très forte inflation des prix des matières premières

PARIS: Placé sous le haut patronage du président français, Emmanuel Macron, le Sommet économique et bancaire Euro-Med 2023, intitulé «Pour une relation économique euro-méditerranéenne durable», s’est déroulé le 25 mai 2023 à l’hôtel The Peninsula de Paris. Cet événement a rassemblé de nombreux décideurs économiques et des financiers euro-méditerranéens, des ministres ainsi que des diplomates qui ont discuté des sujets et des enjeux communs. L’objectif était de constituer une feuille de route pour que les pays de la région établissent des relations durables et constructives.

 

Étaient notamment présents Mohamed el-Etreby, président du conseil d’administration de l’Union des banques arabes, Amin Salam, ministre libanais de l’Économie et du Commerce, Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, Nasser Kamel, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée, Vincent Reina, président de la Chambre de commerce franco-arabe, Fahad al-Ruwaily, ambassadeur d’Arabie saoudite à Paris, Wissam H. Fattouh, secrétaire générale de l’Union des banques arabes, et Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (Washington, D.C.). «Les objectifs de ce sommet sont de discuter des perspectives des relations économiques euro-méditerranéennes, de promouvoir un développement durable euro-arabe et de renforcer la résilience face au changement climatique, l’instabilité financière et la sécurité alimentaire», a affirmé Mohamed el-Etreby lors de la cérémonie d’ouverture du sommet. Il a rappelé que les relations euro-arabes, fondées sur des intérêts communs, remontent au XIXe siècle. «[Elles] ont été renforcées par la profondeur et l’influence des pays du Golfe, qui représentent des intérêts économiques, commerciaux, culturels, civilisationnels et sociaux basés sur les interactions des civilisations euro-arabes, qui sont profondément enracinées dans l’histoire de l’humanité. L’Union des banques arabes, avec ses partenaires, vise à créer des occasions susceptibles de consoliser le dialogue entre les États européens, les pays arabes en Méditerranée et les nations du Golfe. Nous cherchons à trouver des mécanismes économiques qui fonctionnent dans l’intérêt économique commun et à faire ainsi face aux conséquences des crises mondiales.»

 

 

Le prix du banquier 2023

prix

Lors de cette matinée d’ouverture, le prix du banquier de l’année 2023 a été attribué à Abdallah ben Soulaimane al-Rajhi, président d’Al Rajhi Bank en Arabie saoudite.  

 

Les échanges commerciaux de la France avec l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient

Les intervenants ont évoqué les tensions géopolitiques dans le monde, la fragmentation des marchés, la très forte inflation des prix des matières premières (dans le domaine de l’énergie et de l’alimentation, en premier lieu), les enjeux climatiques, les dettes publiques et les risques qu’encourent les économies mondiales, avec des répercussions plus prononcées pour les économies en voie de développement. Ils considèrent que la région euro-méditerranéenne est l'épicentre de ces défis mondiaux, notamment en ce qui concerne les risques dans le domaine de l’énergie et de la sécurité alimentaire ou encore les bouleversements liés aux changement climatiques.

Lors de son intervention, Maya Atig, directrice générale de la Fédération des banques françaises, a indiqué que les échanges commerciaux de la France avec l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient représentent 20% du commerce extérieur de la France hors Union européenne. Elle a précisé que ce sommet «examinera tous les enjeux qu’il faudra dépasser, les tensions géopolitiques et internes que créent les nouveaux défis de l’inflation, de l’énergie et de l’alimentation qui, eux, marquent les populations».

Pour affronter ces défis, les pays doivent unir leurs efforts, notamment à travers le renforcement de la coopération entre pays euro-méditerranéens. Les représentants des institutions financières internationales appellent à l’harmonisation des politiques des États afin que soient réalisés des projets communs dans divers domaines. Parmi ces derniers, citons la sécurisation énergétique et alimentaire, la facilitation des échanges commerciaux ainsi que l’impulsion des investissements communs qui sont les plus adaptés aux enjeux climatiques et au développement durable.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com