Programmation militaire: à l'Assemblée, le gouvernement préserve sa trajectoire budgétaire

Des députés français assistent à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris (Photo, AFP).
Des députés français assistent à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 27 mai 2023

Programmation militaire: à l'Assemblée, le gouvernement préserve sa trajectoire budgétaire

  • Bon nombre d'élus d'opposition reprochent au gouvernement de laisser la note la plus salée à son successeur, et ont déposé des amendements pour le contraindre à dépenser plus tôt
  • «Cette loi de programmation militaire est cohérente», a rétorqué le rapporteur Renaissance Jean-Michel Jacques

PARIS : Le camp présidentiel a repoussé tard vendredi une série d'amendements de l'opposition visant à contraindre l'exécutif à assumer davantage d'efforts budgétaires pour les armées avant la fin du quinquennat Macron.

C'est l'un des principaux reproches des députés d'opposition au projet de loi de programmation militaire (LPM), examiné en première lecture à l'Assemblée.

Si celui-ci prévoit de consacrer 413 milliards d'euros sur sept ans (2024-2030) au budget des armées, il prévoit aussi de procéder par marches: + 3,1 milliards en 2024, puis 3 milliards supplémentaires par an de 2025 à 2027, et 4,3 milliards de plus par an à partir de 2028, après la fin du quinquennat Macron.

Bon nombre d'élus d'opposition reprochent au gouvernement de laisser la note la plus salée à son successeur, et ont déposé des amendements pour le contraindre à dépenser plus tôt.

"Cette trajectoire nous semble soumise à de forts aléas", a insisté la socialiste Anna Pic, qui a notamment invoqué l'inflation actuelle comme l'un des arguments pour "inverser les marches".

"Cette loi de programmation militaire est cohérente", a rétorqué le rapporteur Renaissance Jean-Michel Jacques, avançant que les efforts étaient répartis en fonction des programmes militaires et tenait compte des capacités de production industrielles.

"Je veux bien qu'on s'en prenne à la copie parce que c'est la copie du gouvernement (mais) elle correspond aux besoins", a tancé le ministre des Armées Sébastien Lecornu, rejetant l'idée de dépenser plus d'argent au début de la LPM.

"Vous n'aurez pas un nouveau porte-avions plus rapidement", a-t-il lancé, en référence au navire de nouvelle génération attendu à horizon 2038. Il a également reconnu que la copie tenait compte de "la trajectoire des finances publiques".

Aurélien Saintoul et Bastien Lachaud pour le groupe LFI ont relancé le débat sur une partie de l'enveloppe, 13,3 milliards, qui repose sur des ressources extrabudgétaires, plus incertaines selon les élus, même si un amendement LR en commission est venu les sécuriser davantage. "Où est-ce qu'ils vont être affectés ?", ont demandé à plusieurs reprises les deux députés, le ministre répondant qu'ils ne pouvaient être fléchés précisément dès maintenant.

Des programmes franco-allemands critiqués

Reste que les amendements des oppositions ont été rejetés. Une victoire d'étape importante pour l'exécutif, qui avait déjà décroché plus tôt le vote de l'article le plus politique du texte: un rapport annexé, sorte de feuille de route pour la France dans sa gestion des armées.

Dans l'après-midi, alors que résonnaient des critiques sur certains partenariats industriels franco-allemands, le ministre a annoncé qu'il se rendrait à Berlin le 12 juin pour relancer le programme de coopération sur le char du futur, baptisé MGCS, et longtemps dans l'ornière.

"J'ai donné un mandat au chef d'état-major de l'armée de Terre pour nous faire des propositions en lien avec le chef d'état-major allemand pour définir clairement ce qu'on attend de ce char", a-t-il développé. Un "point de situation" doit être transmis au Parlement "en 2025".

Il a aussi défendu le programme Scaf (système de combat aérien du futur) mené avec l'Allemagne et l'Espagne, longtemps au ralenti sur fond de rivalités entre industriels. Là encore, une "information du Parlement" est prévue entre les différentes phases du programme.

Le gouvernement a également fait inscrire des engagements et des pistes pour le Service de santé des armées (SSA), qui assure un soutien médical (armée de terre, de l'air, marine et gendarmerie).

Il entend renouveler ses capacités d'action mais aussi accentuer la spécialisation de certains hôpitaux militaires dans certaines missions (soutien à la dissuasion, réhabilitation physique et psychique ou encore la participation à l'offre de soins nationale).

Les débats se poursuivront mardi après-midi.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.