Une journaliste jugée en Iran après avoir couvert la mort de Mahsa Amini

Les avocats ont protesté contre "l'absence d'accès de Niloufar Hamedi à un avocat pendant sa détention" (Photo, Twitter).
Les avocats ont protesté contre "l'absence d'accès de Niloufar Hamedi à un avocat pendant sa détention" (Photo, Twitter).
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Publié le Mercredi 31 mai 2023

Une journaliste jugée en Iran après avoir couvert la mort de Mahsa Amini

  • Le procès de Niloufar Hamedi a commencé au lendemain de celui d'une autre journaliste, Elaheh Mohammadi, 36 ans
  • Les deux femmes ont été incarcérées pour avoir couvert le décès de Mahsa Amini

PARIS: Une journaliste iranienne arrêtée après avoir couvert la mort en détention de Mahsa Amini, à l'origine d'un vaste mouvement de protestation en Iran, a nié les charges la visant à l'ouverture de son procès mardi à Téhéran, a annoncé son mari.

Niloufar Hamedi, âgée de 30 ans, a déclaré au tribunal qu'elle avait "fait son travail de journaliste dans le cadre de la loi et n'avait commis aucun acte contre la sécurité de l'Iran", a déclaré sur Twitter son époux, Mohammad Hossein Ajorlou.

Le procès de Niloufar Hamedi, journaliste au quotidien réformateur Shargh, a commencé au lendemain de celui d'une autre journaliste, Elaheh Mohammadi, 36 ans.

Les deux femmes ont été incarcérées pour avoir couvert le décès, le 16 septembre, de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans arrêtée à Téhéran par la police des mœurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire de la République islamique, imposant notamment aux femmes le port du voile en public.

Les deux accusées, qui n'ont jamais été remises en liberté, sont jugées séparément et à huis clos à Téhéran. Elles sont passibles de la peine de mort après avoir été accusées le 8 novembre de "propagande" contre la République islamique et conspiration contre la sécurité nationale.

Niloufar Hamedi avait été arrêtée le 20 septembre après un reportage à l'hôpital où Mahsa Amini avait passé trois jours dans le coma avant de mourir.

Elaheh Mohammadi, qui travaillait pour le journal réformateur Ham Miham, avait été arrêtée le 29 septembre après s'être rendue à Saghez,la ville de Mahsa Amini dans la province du Kurdistan, pour couvrir ses funérailles qui avaient donné lieu à une manifestation.

Procès reporté 

Niloufar Hamedi a été présentée à la section 15 du Tribunal révolutionnaire de Téhéran devant le juge Abolghasem Salavati, réputé pour la sévérité de ses verdicts lors de procès politiques.

Selon l'époux de la journaliste, la famille n'a pas pu assister à l'audience tandis que les avocats "n'ont pas eu l'occasion de présenter leur dossier".

Le procès a été reporté à une date non précisée, a-t-il ajouté.

"Il n'y a pas eu de temps pour la défense orale", a déclaré à Shargh Parto Borhanpour, l'avocate de Niloufar Hamedi, ajoutant toutefois que les avocats avaient pu présenter leurs objections et leurs demandes.

Les avocats ont protesté contre "l'absence d'accès de Niloufar Hamedi à un avocat pendant sa détention" et demandé que le procès se déroule "publiquement", a-t-elle ajouté.

Plusieurs centaines de personnes, dont des membres de forces de l'ordre, ont été tuées et des milliers arrêtées, dont plusieurs dizaines de journalistes, au cours des manifestations qui se sont tenues en octobre et novembre avant de refluer. Sept hommes ont été exécutés pour leur implication dans ce mouvement.

L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières a qualifié ces procès de "simulacre judiciaire", soulignant que les deux journalistes ont été "parmi les premières à attirer l'attention du public sur la mort de Mahsa Amini".

L'absence de rencontre avec leurs avocats avant le procès "confirme que nous assistons à une farce judiciaire" qui "ne vise qu'à légitimer la répression violente de ces deux journalistes", ajoute RSF.

Les deux femmes ont été récompensées en mai, conjointement avec la dissidente iranienne emprisonnée Narges Mohammadi, par le Prix mondial de la liberté de la presse 2023 Unesco/Guillermo Cano.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com