«Héritier de Pétain»: sévèrement critiqué, Macron assure Borne de sa «confiance»

Emmanuel Macron serre la main d'Elisabeth Borne alors qu'ils arrivent devant la statue du général de Gaulle pour assister aux cérémonies marquant le 78e anniversaire de la victoire contre les nazis et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, à Paris le 8 mai 2023. (Photo, AFP)
Emmanuel Macron serre la main d'Elisabeth Borne alors qu'ils arrivent devant la statue du général de Gaulle pour assister aux cérémonies marquant le 78e anniversaire de la victoire contre les nazis et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, à Paris le 8 mai 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 01 juin 2023

«Héritier de Pétain»: sévèrement critiqué, Macron assure Borne de sa «confiance»

  • Borne avait estimé durant le week-end que le RN était un «héritier de Pétain» porteur d'une «idéologie dangereuse»
  • Emmanuel Macron avait appelé mardi à ne pas combattre l'extrême droite «par des arguments moraux» mais par «le fond» et «le concret»

PARIS: Emmanuel Macron a assuré mercredi qu'Elisabeth Borne avait toute sa "confiance", après avoir semblé recadrer sa Première ministre sur la manière de contrer le Rassemblement national (RN) et s'être attiré de sévères critiques à droite comme à gauche.

"Je veux ici lui redire toute ma confiance", a déclaré le chef de l'Etat devant la presse qui l'interrogeait lors d'un déplacement à Bratislava.

"Quand j'ai des choses à dire au Premier ministre depuis six ans, je le dis dans un colloque singulier dont rien ne sort et nous réglons les choses ensemble", a-t-il affirmé. "Je ne le fais jamais autour de la table du Conseil des ministres, par médias interposés."

Une mise au point censée dissiper l'impression de recadrage née de propos qu'il a justement tenus mardi en Conseil des ministres, et qui avaient été rapportés à la presse par des participants. Et ce alors que les spéculations vont bon train sur la dégradation des relations entre les deux têtes de l'exécutif.

Alors qu'Elisabeth Borne avait estimé durant le week-end que le RN était un "héritier de Pétain" porteur d'une "idéologie dangereuse" et dont il ne fallait pas "banaliser" les idées, Emmanuel Macron avait appelé mardi à ne pas combattre l'extrême droite "par des arguments moraux" mais par "le fond" et "le concret".

Ces déclarations avaient été vivement critiquées par les autres oppositions.

La charge la plus virulente est venue d'Olivier Marleix, patron des députés Les Républicains, qui se présente comme un héritier du gaullisme et a fustigé sur Public Sénat des propos "malvenus" du chef de l'Etat.

Il a rappelé que le "barrage républicain" et la "diabolisation" du RN avaient permis à Emmanuel Macron d'être élu en 2017 et réélu cinq ans plus tard au second tour face à Marine Le Pen.

«Cynisme»

"Maintenant qu'il n'est plus rééligible, venir nous dire qu'après lui finalement le déluge, je trouve ça extrêmement malsain", s'est-il emporté, dénonçant un "cynisme assez incroyable".

Une position partagée par Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, qui a également appelé à ne pas oublier "l'histoire" du RN afin de ne pas contribuer à sa banalisation.

S'il a assuré qu'il n'avait pas pour habitude de recadrer sa Première ministre en public ni même en Conseil des ministres, Emmanuel Macron n'en a pas moins assumé mercredi une position distincte de celle d'Elisabeth Borne.

Il est même allé plus loin que mardi en estimant qu'on ne pouvait "plus battre" l'extrême droite "simplement avec des arguments historiques et moraux" -- le terme "historique" renvoyant directement à la référence à Philippe Pétain, le chef du régime de Vichy qui collabora avec l'Allemagne nazie.

Selon lui, ces arguments sont insuffisants "parce que cette extrême droite s'est transformée" et "qu'elle a beaucoup d'électeurs aujourd'hui qui ne votent pas pour cette histoire mais votent parce qu'ils se disent au fond, +on n'a pas encore essayé cela+".

Ce nouvel épisode relance en tout cas les supputations sur un possible changement prochain de Premier ministre, alors que plusieurs cadres du camp présidentiel rapportent un agacement constant d'Emmanuel Macron face aux limites de son gouvernement.

Pour certains, à gauche, le chef de l'Etat en est même venu à ignorer l'histoire personnelle d'Elisabeth Borne.

Le RN demande des excuses

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a ainsi rappelé sur Twitter qu'Elisabeth Borne était la fille d'un rescapé de la Shoah et qu'elle était légitime à rappeler "la filiation de l'extrême droite".

L'eurodéputé écologiste David Cormand a conseillé sur Twitter à la cheffe du gouvernement de démissionner après "un tel désaveu sur un point aussi fondamental".

Un constat que ne partage pas le ministre de l'Economie Bruno Le Maire qui a nié, au contraire, tout désaveu présidentiel.

A ses yeux, Elisabeth Borne est "parfaitement fondée" à rappeler des faits historiques. Et il est possible de le faire "tout en combattant le RN sur ses propositions et ses idées", a-t-il ajouté.

Au sein de l'opposition, il n'y a finalement que l'extrême droite qui ait épargné Emmanuel Macron. A l'image de Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, qui a préféré demander à Elisabeth Borne de s'excuser pour des déclarations qui ont, selon lui, "choqué beaucoup de Français"


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.


France : deux Canadair envoyés face à l'incendie hors norme de Fontainebleau, près de Paris

Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
  • Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris
  • "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça"

ARBONNE-LA-FORET: Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.

Actuellement les deux Canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse, alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur de l'année, un contexte qui favorise fortement le risque de départs de feux.

Face à l'incendie qui a débuté dimanche, deux Dash avaient été utilisés pour larguer au sol du produit retardant, un déploiement d'avions de lutte contre le feu inédit en région parisienne.

Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".

Vigilance rouge canicule 

Le département de Seine-et-Marne, où se trouve la forêt, fait face depuis le déclenchement de la vigilance canicule rouge samedi à plusieurs incendies d'ampleur, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt.

Ils ont aussi provoqué des retards de trains de plusieurs heures, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse, a indiqué lundi matin la compagnie nationale SNCF Réseau à l'AFP.

Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.

Malgré les appels des secours à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées, des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour assister médusés à ce ballet de véhicules de secours et de police, dans l'âcre fumée qui flotte sur la zone.

Selon un point des autorités lundi matin, environ 200 personnes ont dû être mises en sécurité en raison de la propagation de l'incendie, qui mobilise environ 370 pompiers sur le terrain.

Situation "amenée à durer" 

Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez est arrivé sur place en début de matinée. "La situation est amenée à durer", selon les autorités.

Partout en France, les secours ont dû lutter contre les flammes: dans les Pyrénées-Orientales (sud), la Drôme (sud-est), le Lot (sud-ouest), en Savoie (sud-est), mais aussi dans des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre (centre) ou la Loire-Atlantique (ouest), preuve qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Selon Laurent Nuñez, une fois le bilan "consolidé", "on sera à 25.000 hectares brûlés" en France, soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025. Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront "rien passer", a prévenu le ministre, qui a indiqué samedi que 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.