L'Iran poursuit son escalade nucléaire, tout en coopérant avec l'AIEA

L'AIEA a déclaré que le stock estimé d'uranium enrichi de l'Iran avait atteint plus de 23 fois la limite fixée dans l'accord de 2015 entre Téhéran et les puissances mondiales.  (Photo, AFP)
L'AIEA a déclaré que le stock estimé d'uranium enrichi de l'Iran avait atteint plus de 23 fois la limite fixée dans l'accord de 2015 entre Téhéran et les puissances mondiales. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 31 mai 2023

L'Iran poursuit son escalade nucléaire, tout en coopérant avec l'AIEA

  • Ses stocks d'uranium enrichi dépassent désormais de plus de 23 fois la limite autorisée
  • Autre point abordé, la détection en début d'année de particules d'uranium enrichies à 83,7%, un niveau proche du seuil pour fabriquer une bombe, sur le site de l'usine souterraine de Fordo

VIENNE: L'Iran a nettement accru ces derniers mois son stock d'uranium enrichi, poursuivant son escalade nucléaire, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui note cependant des "progrès" dans la coopération.

Elle a ainsi décidé de clôturer le dossier portant sur la présence de matière nucléaire sur un des trois sites non déclarés, question qui empoisonne de longue date les relations entre les deux parties.

Concernant ce site de Marivan, à proximité de la localité d'Abadeh, (sud), l'AIEA dit avoir reçu des "explications plausibles" de Téhéran.

Elle s'en tient à ses précédentes évaluations sur le sujet, selon lesquelles l'Iran avait prévu en 2003 d'y entreposer des matières nucléaires pour des essais d'explosifs.

Deux autres sites continuent à poser problème, rappelle l'AIEA: Turquzabad et Varamin.

Autre point abordé, la détection en début d'année de particules d'uranium enrichies à 83,7%, un niveau proche du seuil pour fabriquer une bombe, sur le site de l'usine souterraine de Fordo.

L'Iran, qui nie vouloir se doter de l'arme atomique, avait invoqué des "fluctuations involontaires" au cours du processus d'enrichissement et a apporté de nouvelles données.

L'Agence, chargée de vérifier le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, "a estimé que les informations fournies n'étaient pas incompatibles avec les explications de l'Iran sur l'origine de ces particules et n'a plus de questions", écrit-elle.

La République islamique a fortement limité ses échanges avec l'AIEA et débranché des caméras de surveillance l'an dernier, dans un contexte de détérioration des relations entre l'Iran et les puissances occidentales.

De retour d'une visite à Téhéran début mars, le directeur général de l'AIEA Rafael Grossi avait salué la promesse de Téhéran de remettre en route ces appareils.

A l'heure actuelle, "l'Iran a autorisé l'agence à installer des équipements de surveillance" sur trois sites, précisent les rapports.

"Ce processus doit être poursuivi", insiste l'AIEA, qui réclame également un accès aux données enregistrées par ces caméras, y compris pendant les mois d'interruption.

Parallèlement, l'Iran a continué à s'affranchir des engagements pris dans le cadre de l'accord international de 2015, dans la foulée du retrait des Etats-Unis décidé en 2018 par le président Donald Trump.

Ses stocks d'uranium enrichi dépassent désormais de plus de 23 fois la limite autorisée: ils s'élevaient à 4.744,5 kg le 13 mai (contre 3.760,8 kg en octobre), selon le rapport présenté aux Etats membres à quelques jours d'une réunion du Conseil des gouverneurs.

Surtout l'Iran enrichit toujours plus à des niveaux élevés, loin de la limite fixée à 3,67%: il dispose ainsi de 470,9 kg à 20% (contre 434,7 kg auparavant) et de 114,1 kg à 60% (contre 87,5 kg).

Des négociations avaient démarré en avril 2021 à Vienne pour ranimer l'accord connu sous l'acronyme JCPOA, qui limitait les activités atomiques de l'Iran en échange d'une levée des sanctions internationales.

Mais elles sont au point mort depuis l'été 2022, sans signaux positifs de reprise même si Téhéran affirme publiquement être en faveur d'un redémarrage.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.