Alerte des experts aux entreprises d'Arabie Saoudite: il faut renforcer la cybersécurité

L'ignorance des mesures de cybersécurité et le manque d'information sont les deux principales lacunes qui permettent aux pirates de manipuler des données sensibles. (Shutterstock)
L'ignorance des mesures de cybersécurité et le manque d'information sont les deux principales lacunes qui permettent aux pirates de manipuler des données sensibles. (Shutterstock)
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Publié le Lundi 07 décembre 2020

Alerte des experts aux entreprises d'Arabie Saoudite: il faut renforcer la cybersécurité

  • 95% des entreprises du Royaume ont été victimes de cyberattaques au cours de l'année dernière
  • Les risques que présente la cybersécurité peuvent prendre plusieurs formes, du hameçonnage à la création de logiciels malveillants

RIYAD: À mesure que les entreprises saoudiennes deviennent plus avancées au plan technologique, les experts en cybersécurité s'inquiètent de voir que les entreprises ne protègent pas leurs systèmes de manière adéquate et mettent en garde contre un manque de connaissance des meilleures pratiques de l'industrie. 

Une enquête commandée en début d'année par la société de cybersécurité Tenable révèle que 95 % des entreprises du Royaume ont été victimes de cyberattaques au cours de l'année dernière.

En outre, 85 % des Saoudiens interrogés font le constat d’une augmentation spectaculaire du nombre de ces attaques au cours des deux dernières années. Les entreprises, quant à elles, rapportent avoir subi des pertes de données clients ou employés, des demandes de rançon ainsi que des vols ou des pertes financières.

Cybersecurity Ventures, une entreprise basée aux États-Unis spécialisée dans la recherche et les publications dans ce secteur, estime que la facture de la cybercriminalité dans le monde pourrait atteindre 10 500 milliards de dollars (1 dollar = 0,83 euro) d'ici à 2025.

 «On espère que ces cas qui deviennent de plus en plus fréquents, combinés à l’énorme coût financier, motiveront les directeurs d'entreprises saoudiens à agir», explique le Dr Mohammed Khurram Khan, professeur de cybersécurité à l'université du Roi Saoud et fondateur et directeur général de la Fondation mondiale pour les études et la recherche sur la cybersécurité.

«L’énorme rendement de ces activités incite les pirates informatiques et les cybercriminels à innover dans leurs techniques de piratage qui ciblent les individus et les organisations. L'ignorance des mesures de cybersécurité et le manque d'information représentent les deux principales failles qui permettent aux pirates de manipuler des données sensibles et de commettre des fraudes financières», confie M. Khan à Arab News.

Les risques que présente la cybersécurité peuvent prendre plusieurs formes, du hameçonnage (usurpation de l'identité d'une organisation légitime en vue d'accéder à des informations personnelles sensibles) à la création de logiciels malveillants (logiciels créés pour causer des dégâts à un ordinateur ou à un serveur). Les virus, les logiciels rançonneurs ou les logiciels espions font partie des logiciels dangereux. Le piratage quant à lui, se définit par l’accès depuis l’extérieur, à un ordinateur, sans autorisation en profitant de la défense insuffisante de l’outil. 

Ce sont tous des points préoccupants qui ont incité les experts de la région à inviter les utilisateurs d'ordinateurs à être plus prudents en ce qui concerne leur sécurité en ligne.

Mimecast, une société internationale spécialisée dans la gestion des courriers électroniques dans le cloud, a mis en évidence les dangers du hameçonnage. 

«Les courriers frauduleux (scams) sont de plus en plus difficiles à identifier, de sorte que l'utilisateur moyen ne serait pas en mesure de repérer les faux messages, s'il n'a pas suivi auparavant une formation de sensibilisation à la cybersécurité», explique Maen Ftouni, responsable de Mimecast en Arabie saoudite.

Le rapport State of Email Security 2020 de Mimecast indique que 74 % des organisations en Arabie Saoudite craignent les attaques qui visent le domaine web, l'exploitation de la marque ou l'imitation du site. Le rapport a également constaté que 48 % des entreprises ont observé une augmentation du hameçonnage au cours des douze derniers mois.

«Les courriers frauduleux de piratage sont partout, et les gens doivent être constamment vigilants et attentifs aux liens. Quand on reçoit un message de ce genre, la sonnette d’alarme doit retentir», précise M. Ftouni.

Parmi les autres dangers, on peut citer les logiciels rançonneurs, un type de logiciels malfaisants qui permettent aux pirates de bloquer l'accès aux données d'une victime ou, dans certains cas, de les publier si la rançon n'est pas versée. La diffusion de données sensibles dans le domaine public serait un cauchemar pour beaucoup d’entreprises. 

Veritas Technologies, une société internationale de gestion et de protection des données, révèle dans son rapport annuel relatif à la résilience des rançons que seules 36 % des personnes interrogées déclarent avoir adapté leur sécurité à la complexité de leur activité informatique (43 et 39 % respectivement aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite).

D'après Veritas, certaines entreprises, victimes de logiciels de rançon et dans l’impossibilité de restaurer leurs données à partir d'une copie de sauvegarde, peuvent envisager de payer les pirates pour les récupérer. Les recherches menées par Veritas montrent que les entreprises dont l'infrastructure multicloud est particulièrement complexe sont les plus susceptibles d'effectuer ces paiements.

Johnny Karam, vice-président des marchés émergents chez Veritas, estime que la technologie du cloud offre certaines solutions, mais il avertit que les propriétaires d'entreprises saoudiennes ne devraient pas encore être rassurés.

«Même si c’est une bonne nouvelle, nos recherches montrent que le chemin à parcourir est encore long. Par exemple, 29 % des stratégies de protection des données des entreprises en Arabie saoudite ne s'adaptent pas au niveau de complexité qu'elles présentent. En conséquence, les entreprises, dans leur majorité, sont confrontées aux logiciels de rançon de manière plus aiguë», affirme M. Karam.

«Les entreprises, quelle que soit leur taille, devraient se préoccuper de leur sécurité, et les petits entrepreneurs ne doivent pas penser que ce problème ne concerne que les grandes entreprises», souligne Abdallah al-Jaber, expert saoudien en cybersécurité.

«Les petites entreprises, comme les magasins locaux par exemple, sont elles aussi concernées et peuvent perdre leurs données simplement parce qu'elles ne sont pas couvertes par des mesures de cybersécurité. En effet, les grandes organisations deviennent plus matures et protègent leurs systèmes. Les pirates se tournent alors vers les petites et moyennes organisations qui ne sont pas informées en matière de sécurité et qui ne sont pas contrôlées. Les individus eux-mêmes peuvent être visés», prévient-il.

M. Al-Jaber se félicite des nouvelles améliorations introduites par l'Autorité nationale de cybersécurité (NCA) et de la nouvelle stratégie saoudienne de cybersécurité. Il conseille aux personnes concernées de rafraîchir leurs protocoles de cybersécurité pour s'assurer qu'ils sont protégés.

«Disposer de sauvegardes, mettre régulièrement à jour les systèmes, s'assurer que ces derniers ne sont pas vulnérables, utiliser des mots de passe complexes et permettre la double authentification réduit considérablement les risques», affirme-t-il.

Ainsi, quelle que soit la taille de l'entreprise ou le domaine dans lequel elle opère, elle ne devrait jamais négliger les priorités que sont la cybersécurité et la protection des données.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur www.arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.