Normalisation: i24 news et Abu Dhabi Media partageront la couverture de l'actualité

Une image distribuée par l'Agence de presse des Émirats arabes unis (WAM) montre les délégués émiratis et israéliens signant un accord lors du premier sommet des affaires des Accords d'Abraham à Abu Dhabi le 19 octobre 2020 . (WAM / AFP)
Une image distribuée par l'Agence de presse des Émirats arabes unis (WAM) montre les délégués émiratis et israéliens signant un accord lors du premier sommet des affaires des Accords d'Abraham à Abu Dhabi le 19 octobre 2020 . (WAM / AFP)
Short Url
Publié le Lundi 07 décembre 2020

Normalisation: i24 news et Abu Dhabi Media partageront la couverture de l'actualité

  • Dans la foulée de la normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis, la chaîne internationale i24News et le conglomérat Abu Dhabi Media ont annoncé lundi un accord "historique" permettant un "échange" de contenus entre leurs rédaction
  • "Ce nouveau pas va nous permettre d'étendre nos activités" avec un "acteur de premier plan au Moyen-Orient, une région que nous couvrons largement", s'est félicité Frank Melloul, PDG d'i24 News

ABU DHABI: Dans la foulée de la normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis, la chaîne internationale i24News et le conglomérat Abu Dhabi Media ont annoncé lundi un accord "historique" permettant un "échange" de contenus entre leurs rédactions basées dans les deux pays.

Cet accord entre la chaîne trilingue (anglais, français, arabe) i24News basée à Tel-Aviv, et Abu Dhabi Media, organisme public qui exploite notamment les chaînes Abu Dhabi, Abu Dhabi Sports et le journal Al-Etihad, permettra aux deux groupes de "partager leur couverture de l'actualité via leurs correspondants" dans les deux pays, avec une emphase sur leurs services en arabe, ont-ils indiqué dans un communiqué conjoint. 

"Ce nouveau pas va nous permettre d'étendre nos activités" avec un "acteur de premier plan au Moyen-Orient, une région que nous couvrons largement", s'est félicité Frank Melloul, PDG d'i24 News, chaîne lancée il y a sept ans par l'homme d'affaires Patrick Drahi avec pour ambition de s'imposer dans l'information en continu dans la région et au-delà.

Ce nouvel accord "illustre les nombreuses possibilités qui s'ouvrent à nous dans le prolongement de la signature des accords d'Abraham", nom des accords de normalisation signés en septembre à Washington par les Emirats, Bahreïn et Israël, a ajouté M. Melloul, qualifiant auprès de l'AFP ce nouveau partenariat d'"historique".

"Notre collaboration avec i24News nous permettra de renforcer nos capacités de production respectives" et "reflète notre engagement vis-à-vis de la vision des Emirats arabes unis, ainsi que de ses ambitions", a déclaré de son côté le directeur d'Abu Dhabi Media, Abdulraheem al Bateeh.  

Depuis la normalisation entre Israël et les Emirats, une première ligne aérienne directe a été inaugurée et des délégations de start-up israéliennes, oeuvrant dans l'intelligence artificielle, la Fintech (technologie financière) et l'agriculture se sont multipliées aux Emirats arabes unis.

Sur le plan culturel, le chanteur émirati Walid el-Jasim, a visité Israël et Jérusalem la semaine dernière, posant même devant le Mur des Lamentations, lieu de prière le plus saint du judaïsme, avec un drapeau émirati, et aussi devant l'esplanade des Mosquées, selon un photographe de l'AFP.

Ces accords de normalisation ont toutefois été fustigés par les dirigeants palestiniens - du Fatah laïc de Mahmoud Abbas, qui a une autorité limitée en Cisjordanie occupée, aux islamistes du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza - qui dénoncent une "trahison" de la part de pays arabes.


Tunisie: jugeant la révolution inachevée, Saied change sa date anniversaire

Une photographie d'un écran de télévision prise à Tunis, le 20 septembre 2021, montre le président tunisien Kais Saied prononçant un discours lors de sa visite à Sidi Bouzid, fief de la révolution tunisienne, et retransmis à la télévision nationale. (AFP)
Une photographie d'un écran de télévision prise à Tunis, le 20 septembre 2021, montre le président tunisien Kais Saied prononçant un discours lors de sa visite à Sidi Bouzid, fief de la révolution tunisienne, et retransmis à la télévision nationale. (AFP)
Short Url
  • Le président tunisien estime que le 14 janvier 2011, jour de la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, célébré depuis comme jour anniversaire du premier soulèvement du Printemps arabe, n'était pas approprié
  • Depuis 2011, ce jour est férié en Tunisie sauf à Sidi Bouzid, qui célèbre chaque année la révolution le 17 décembre en hommage au geste de Mohamed Bouazizi

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied a décidé jeudi de faire célébrer l'anniversaire de la révolution de 2011 le 17 décembre, jour de son lancement, faisant valoir que la date actuelle du 14 janvier, censée marquer sa fin, n'était pas appropriée.

"Le 17 décembre est le jour de la fête de la révolution et ce n'est pas le 14 janvier comme cela avait été annoncé en 2011", a dit M. Saied à l'ouverture d'un conseil ministériel au palais présidentiel de Carthage.

Selon M. Saied, "l'explosion révolutionnaire est partie de Sidi Bouzid" dans le centre-ouest de la Tunisie le 17 décembre 2010, jour de l'immolation par le feu du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi. Cet acte a provoqué un soulèvement populaire ayant mis fin au règne sans partage du président Zine el-Abidine Ben Ali après 23 ans de pouvoir.

Le président tunisien estime en effet que le 14 janvier 2011, jour de la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, célébré depuis comme jour anniversaire du premier soulèvement du Printemps arabe, n'était pas approprié car la révolution est selon lui toujours en marche. 

Le 14 janvier, "malheureusement la révolution a été détournée pour exclure le peuple et l'empêcher d'exprimer sa volonté et les slogans qu'il avait brandis" lors de sa révolution, a-t-il dit jeudi.

Depuis 2011, ce jour est férié en Tunisie sauf à Sidi Bouzid, qui célèbre chaque année la révolution le 17 décembre en hommage au geste de Mohamed Bouazizi.

Cette décision intervient dans un climat politique tendu après le coup de force du président Saied, qui s'était arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet en invoquant un "péril imminent" sur fond de crise politique. 


Libye: un tribunal rétablit la candidature du fils Kadhafi à la présidentielle

Une photo publiée par la page Facebook du Haut-Comité national libyen le 14 novembre 2021 montre Seif al-Islam Kadhafi (à gauche), fils du dirigeant libyen assassiné Mouammar Kadhafi, s’inscrivant pour se présenter aux élections présidentielles de décembre, dans la ville de Sebha, dans le sud de la Libye. ( Haut Conseil électoral national libyen FB Page / AFP)
Une photo publiée par la page Facebook du Haut-Comité national libyen le 14 novembre 2021 montre Seif al-Islam Kadhafi (à gauche), fils du dirigeant libyen assassiné Mouammar Kadhafi, s’inscrivant pour se présenter aux élections présidentielles de décembre, dans la ville de Sebha, dans le sud de la Libye. ( Haut Conseil électoral national libyen FB Page / AFP)
Short Url
  • La décision de justice a donné lieu à des scènes de liesse devant le tribunal à Sebha, ville semi-désertique située à quelque 650 kilomètres au sud de Tripoli
  • Disparu de la vie publique, il avait déposé sa candidature mi-novembre, misant sur le soutien des nostalgiques de l'ancien régime déçus par une interminable transition politique sur fond de chaos

TRIPOLI: La cour d'appel de Sebha, dans le sud de la Libye, a ordonné jeudi le rétablissement de Seif al-Islam Kadhafi, fils de l'ex-dirigeant libyen, comme candidat à l'élection présidentielle du 24 décembre, ont indiqué des médias locaux.

Le fils de Mouammar Kadhafi avait fait appel plus tôt dans la journée devant cette cour contre la décision de l'Autorité électorale de rejeter sa candidature pour non conformité avec les dispositions de la loi.

La décision de justice a donné lieu à des scènes de liesse devant le tribunal à Sebha, ville semi-désertique située à quelque 650 kilomètres au sud de Tripoli, où des dizaines de partisans du candidat étaient réunis, selon des images diffusées par les médias. 

Elle intervient après une série d'incidents qui avaient empêché plusieurs jours durant le fils Kadhafi de faire appel du rejet de sa candidature, annoncé le 24 novembre.

Des partisans de l'homme fort de l'Est, Khalifa Haftar, lui-même candidat à la présidentielle, ont bloqué depuis une semaine l'accès au tribunal, suscitant "une grande inquiétude" chez le gouvernement intérimaire. 

Ces hommes armés se sont finalement retirés jeudi du périmètre du tribunal, permettant aux trois magistrats et à l'avocat de Seif al-Islam d'entrer dans le bâtiment.

Mardi, la commission judiciaire chargée d'examiner son recours avait annoncé le report sine die de ses conclusions, en raison de ces incidents.

La veille, plusieurs dizaines de personnes avaient manifesté à Sebha dans un climat de tensions pour dénoncer cette "atteinte au travail de la justice".   

La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) avait pour sa part déclaré "suivre avec une grande inquiétude la fermeture continue de la cour d'appel de Sebha", où des juges ont été "empêchés physiquement d'exercer leurs fonctions, entravant directement le processus électoral". 

Seif al-Islam Kadhafi, 49 ans, a été condamné à mort en 2015 à l'issue d'un procès expéditif, avant de bénéficier d'une amnistie. 

Disparu de la vie publique, il avait déposé sa candidature mi-novembre, misant sur le soutien des nostalgiques de l'ancien régime déçus par une interminable transition politique sur fond de chaos.   

Aboutissement d'un processus laborieux parrainé par l'ONU, la présidentielle du 24 décembre et le scrutin législatif prévu un mois plus tard sont censés tourner la page d'une décennie de conflit depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi.


L'Iran remet des avant-projets aux Européens sur la levée des sanctions et les questions nucléaires

L'Iran a remis aux puissances européennes concernées par son accord nucléaire de 2015 deux avant-projets sur la levée des sanctions et les engagements nucléaires, ont rapporté jeudi les médias officiels iraniens. (Fichier/AFP)
L'Iran a remis aux puissances européennes concernées par son accord nucléaire de 2015 deux avant-projets sur la levée des sanctions et les engagements nucléaires, ont rapporté jeudi les médias officiels iraniens. (Fichier/AFP)
Short Url
  • Un diplomate européen a confirmé que des documents de travail avaient bien été remis aux parties européennes concernées par l’accord nucléaire iranien
  • L'annonce a été faite au quatrième jour des pourparlers indirects entre l'Iran et les États-Unis pour un retour des deux pays à l'accord

VIENNE: L'Iran a remis aux puissances européennes concernées par son accord nucléaire tombé en désuétude des projets relatifs à la suppression des sanctions et aux engagements nucléaires, a déclaré jeudi le négociateur en chef du nucléaire iranien, tandis que les puissances mondiales et Téhéran tentent de rétablir l’accord. 

L'annonce a été faite au quatrième jour des pourparlers indirects entre l'Iran et les États-Unis pour un retour des deux pays à l'accord. Les pourparlers ont repris après une interruption de cinq mois provoquée par l'élection en juin du président iranien, Ebrahim Raïssi, partisan d’une ligne dure antioccidentale. 

«Nous leur avons remis deux avant-projets... Bien sûr, ils ont besoin d’étudier les textes que nous leur avons soumis. S'ils sont prêts à poursuivre les négociations, nous sommes présents à Vienne pour continuer le processus», a déclaré Ali Bagheri Kani aux journalistes. 

Un diplomate européen à Vienne a confirmé que des documents de travail avaient bien été remis. 

En vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015, Téhéran a limité son programme d'enrichissement d'uranium, voie potentielle vers les armes nucléaires, bien que l'Iran affirme qu'il ne recherche que l'énergie atomique civile, et ce en échange d'un allégement des sanctions économiques américaines, européennes et onusiennes. 

Mais en 2018, le président américain alors en fonction, Donald Trump, a abandonné l'accord, le qualifiant de trop mou à l'égard de l'Iran, et a imposé à nouveau des sanctions américaines sévères, incitant Téhéran à violer les limites nucléaires de l’accord. 

Estimant que 70 à 80 % d'un projet d'accord avaient été finalisés lors de la dernière rencontre entre l'Iran et les puissances mondiales en juin, un haut diplomate européen a indiqué mardi qu'il n'était pas certain que Téhéran reprenne les pourparlers là où ils s'étaient arrêtés. 

Alors que Bagheri Kani avait déclaré que tout ce qui avait été négocié au cours des six séries de pourparlers entre avril et juin était ouvert à discussion, un membre de la délégation iranienne a soutenu que «les éléments du précédent projet non approuvé qui étaient en contradiction avec l'accord nucléaire ont été revus et les lacunes comblées» dans les avant-projets soumis par l'Iran. 

Israël, qui s'était opposé à l’accord initial de 2015, le considérant comme étant trop limité dans la portée et la durée, a appelé  jeudi les puissances mondiales à arrêter immédiatement les pourparlers. Il a cité un rapport de surveillance nucléaire de l'ONU selon lequel Téhéran a commencé à enrichir de l'uranium avec des centrifugeuses plus avancées dans son usine souterraine de Fordo, où tout enrichissement avait été interdit en vertu de l'accord. 

L'Iran avait commencé à Fordo le processus de raffinage de l'uranium enrichi à hauteur de 20%  avec une cascade, ou un groupe, de 166 machines IR-6 avancées. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com