Un rapport parlementaire pointe les liens du RN avec la Russie, Le Pen s'indigne

Lors d'une conférence de presse dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen a balayé les conclusions de Constance Le Grip, dénonçant «un procès politique». (AFP)
Lors d'une conférence de presse dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen a balayé les conclusions de Constance Le Grip, dénonçant «un procès politique». (AFP)
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Publié le Jeudi 01 juin 2023

Un rapport parlementaire pointe les liens du RN avec la Russie, Le Pen s'indigne

  • Ce document insiste sur «l'alignement» du Front national sur le «discours russe» au moment de «l'annexion illégale» de la Crimée en 2014, quelques mois après l'obtention d'un prêt auprès d'une banque tchéco-russe
  • Mme Le Pen a réagi en dénonçant un rapport «malhonnête et tout à fait politisé»

PARIS: Une "courroie de transmission" de la Russie: le Front national devenu Rassemblement national a de nouveau été pointé du doigt jeudi pour ses liens avec le Kremlin, dans un rapport parlementaire que Marine Le Pen taxe de "malhonnête" et "politisé".

Des extraits de ce rapport de la commission d'enquête sur les ingérences étrangères, rédigé par la députée Renaissance Constance Le Grip, ont fuité sur RMC et Mediapart.

La députée macroniste y insiste sur "l'alignement" du FN sur le "discours russe" au moment de "l'annexion illégale" de la Crimée en 2014, année pendant laquelle le parti contractait un prêt auprès d'une banque tchéco-russe.

Le RN avait lui-même lancé cette commission d'enquête parlementaire, précisément pour tenter de couper court aux accusations régulières de proximité avec la Russie.

Le parti "voulait instrumentaliser cette commission d'enquête. C'est un fiasco pour eux et ça leur revient dans les dents", a réagi l'écologiste Julien Bayou.

Les élus lepénistes, dont le président de la commission Jean-Philippe Tanguy, ont voté contre le rapport, adopté au final par 11 voix contre 5, selon une source parlementaire.

La France insoumise s'est abstenue. Cela montre "a minima une désinvolture coupable" du RN à l'égard de la Russie, mais il n'est pas "exhaustif" sur l'influence d'autres Etats en France, estime le député Aurélien Saintoul (LFI).

Dans la version du rapport présentée aux députés jeudi - il ne doit être officiellement publié que la semaine prochaine -, Constance Le Grip estime que le lien entre la Russie et le Front national est "ancré dans la durée", mais que la "stratégie de rapprochement politique et idéologique" avec Moscou tend à se "structurer et s'accélérer" à partir de l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011.

Elle relate les "contacts fréquents" entre des élus FN/RN avec des responsables russes, ainsi que l'accueil de Marine Le Pen par Vladimir Poutine le 24 mars 2017 au Kremlin, quelques semaines avant le premier tour de la présidentielle de 2017.

«Eléments de langage»

"Tous ses propos sur la Crimée, réitérés lors de son audition par la commission d'enquête, reprennent mot pour mot les éléments de langage officiels du régime de Poutine", dénonce Constance Le Grip.

Elle estime toutefois qu'il y a eu une "atténuation des prises de position pro-russes du Rassemblement national et de Mme Le Pen", après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, "condamnée sans ambages".

Lors d'une conférence de presse dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen a balayé les conclusions de Constance Le Grip, dénonçant "un procès politique". "Il n'y a rien, en fait", a-t-elle poursuivi, estimant que le rapport était "à l'image de la rapporteure, c'est-à-dire sectaire, malhonnête et tout à fait politisé".

Le président de la commission Jean-Philippe Tanguy a dénoncé une "mascarade". "Il n'y a aucun élément à charge".

Marine Le Pen avait été auditionnée le 24 mai devant cette commission. Sous serment, elle avait récusé toute contrepartie politique en échange du prêt russe contracté par l'ex-Front national.

"Je conteste formellement avoir pris quelque décision que ce soit pour faire plaisir à quiconque", avait-elle expliqué, faisant valoir que "l'arrivée ou non d'un prêt n'a pas changé d'un iota les opinions qui étaient les nôtres depuis toujours".

Sur le fond, "je considérais que librement, les habitants de Crimée s'étaient exprimés par le vote pour être rattachés à la Russie", avait lâché la présidente des députés RN.

Jeudi, elle a estimé que ses adversaires politiques "reprochent (au RN) de penser différemment" d'eux. Elle affirme que "le rapport parle à peine du prêt sur lequel toute la campagne de diffamation et de calomnie a pourtant été construite, parce que l'ensemble des autorités qui ont été interrogées ont indiqué qu'il n'y avait rien".

Durant six mois, la commission a auditionné une série de personnalités, tâtonnant souvent à établir des nuances entre "ingérences" et "influences" étrangères. L'ancien Premier ministre François Fillon a été entendu sur sa présence au sein de conseils d'administration de multinationales russes, qu'il a quittés après l'invasion de l'Ukraine.

L'ancien journaliste de BFMTV Rachid M'Barki, licencié pour faute grave, est lui venu s'expliquer sur les soupçons d'ingérences étrangères dans son travail sur la chaîne, ce qu'il conteste. Une enquête a été ouverte par la justice.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.