La Chine fustige les alliances «de type Otan» en Asie-Pacifique

Le ministre chinois de la Défense, Li Shangfu salue le public avant de prononcer un discours lors du 20e sommet du Dialogue Shangri-La à Singapour, le 4 juin 2023 (Photo, AFP).
Le ministre chinois de la Défense, Li Shangfu salue le public avant de prononcer un discours lors du 20e sommet du Dialogue Shangri-La à Singapour, le 4 juin 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 juin 2023

La Chine fustige les alliances «de type Otan» en Asie-Pacifique

  • L'avertissement de M. Li intervient au moment où un nouvel incident a ravivé les tensions sino-américaines dans le détroit de Taïwan
  • Ces passages irritent la Chine qui considère Taïwan comme une partie de son territoire et affirme avoir des droits souverains sur le détroit.

SINGAPOUR: Le ministre chinois de la Défense, Li Shangfu, a dénoncé dimanche la création d'alliances militaires "de type Otan" en Asie-Pacifique, prédisant qu'elles plongeront la région dans un "tourbillon" de conflits.

"Les tentatives visant à promouvoir des (alliances) de type Otan dans la région Asie-Pacifique sont une façon de kidnapper les pays de cette région et d'exagérer les conflits et les confrontations, ce qui ne fera que plonger l'Asie-Pacifique dans un tourbillon de différends et de conflits", a averti M. Li lors d'une conférence internationale sur la sécurité à Singapour.

"L'Asie-Pacifique d'aujourd'hui a besoin d'une coopération ouverte et inclusive, et non d'un regroupement en petites cliques", a ajouté le ministre. "Si un conflit ou une confrontation violente éclate entre la Chine et les Etats-Unis, cela engendrera des souffrances insupportables", a-t-il poursuivi.

Ses remarques visent Washington qui a renforcé ses alliances et ses partenariats dans la région pour contrer l'influence de Pékin.

Les Etats-Unis sont membres de l'alliance Aukus avec l'Australie et le Royaume-Uni, et du Quad avec l'Australie, l'Inde et le Japon.

Manœuvres «dangereuses»

L'avertissement de M. Li intervient au moment où un nouvel incident a ravivé les tensions sino-américaines dans le détroit de Taïwan, la Marine des Etats-Unis accusant samedi un navire chinois d'y avoir zigzagué de façon "dangereuse" autour d'un destroyer américain.

Le bâtiment chinois a "exécuté des manœuvres de façon dangereuse près du Chung-Hoon", le destroyer américain, a indiqué dans un communiqué le commandement américain.

"J'appelle les dirigeants (chinois) à prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à ce type de comportement", a déclaré le ministre américain de la Défense Lloyd Austin dimanche à Singapour en référence à l'incident de la veille, estimant que des "accidents pourraient se produire et prendre des proportions vertigineuses".

"Le mieux serait que tous les pays, et en particulier leurs avions et navires de guerre, s'abstiennent de pénétrer dans l'espace aérien et les eaux territoriales des autres pays", a de son côté souligné M. Li.

L'incident s'est produit alors que l'USS Chung-Hoon, un destroyer Aegis faisant partie de la flotte américaine du Pacifique, naviguait en compagnie du navire canadien HMCS Montréal dans le détroit de Taïwan, large de 180 km, qui sépare l'île autonome du même nom de la Chine continentale.

L'armée chinoise a indiqué qu'elle avait surveillé le passage des deux navires mais n'a mentionné aucun incident.

"Les pays concernés créent intentionnellement des troubles dans le détroit de Taïwan, attisent délibérément les risques et sapent malicieusement la paix et la stabilité régionales", a dénoncé le colonel Shi Yi, porte-parole du commandement Est de la Chine.

Des navires américains traversent régulièrement le détroit de Taïwan mais ils le font rarement accompagné d'un navire allié. Le dernier passage conjoint américano-canadien remonte ainsi à septembre.

Ces passages irritent la Chine qui considère Taïwan comme une partie de son territoire et affirme avoir des droits souverains sur le détroit.

Il s'agit du deuxième épisode de frictions entre les deux pays en moins de 10 jours dans la région.

Le 26 mai, un pilote d'avion de combat chinois avait effectué "une manœuvre agressive injustifiée" près d'un appareil de reconnaissance américain qui survolait la mer de Chine méridionale, selon des militaires américains.

Actions «risquées»

En réaction aux deux incidents entre les forces des deux pays ces derniers jours, le ministère américain de la Défense a dénoncé dimanche les actions "de plus en plus risquées" de l'armée chinoise en Asie.

"Nous continuons à être préoccupés par les activités de plus en plus risquées et coercitives de l'Armée populaire de libération dans la région, y compris ces derniers jours", a déclaré le porte-parole du Pentagone, le général Pat Ryder, qui assiste avec Lloyd Austin à la conférence de Singapour.

Après avoir brièvement salué son homologue chinois Li Shangfu lors du dîner d'ouverture de cette conférence, M. Austin avait jugé samedi "essentiel" de renouer le dialogue avec la Chine pour éviter des "malentendus" pouvant mener à un conflit entre les deux pays.

La relance des relations entre les deux puissances a achoppé en début d'année après le survol par un ballon chinois du territoire américain. Et malgré la promesse américaine d'un "dégel", les deux pays continuent de croiser le fer sur les questions de Taïwan, des revendications territoriales chinoises en mer de Chine ou encore celle stratégique des micropuces.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.