Les combats continuent au Soudan, des témoins craignent un «siège» à Khartoum

Au Soudan, déjà l'un des pays les plus pauvres du monde avant la guerre, 25 des 45 millions d'habitants ont aujourd'hui besoin d'aide humanitaire, selon l'ONU (Photo, AFP).
Au Soudan, déjà l'un des pays les plus pauvres du monde avant la guerre, 25 des 45 millions d'habitants ont aujourd'hui besoin d'aide humanitaire, selon l'ONU (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 07 juin 2023

Les combats continuent au Soudan, des témoins craignent un «siège» à Khartoum

  • Les paramilitaires «tirent sur quiconque s'approche de la rive»
  • Le 31 mai, l'armée s'est retirée des négociations qui visaient à créer des couloirs sécurisés pour laisser passer les civils

KHARTOUM: Tirs d'artillerie, combats de rue et explosions ont fait trembler mardi Khartoum, la capitale du Soudan où armée et paramilitaires continuent à se disputer le pouvoir alors que la crise humanitaire s'aggrave.

En plein cœur de la capitale, sur l'île de Tuti, à la confluence du Nil Bleu et du Nil Blanc, les paramilitaires bloquent l'unique pont et empêchent les habitants d'utiliser les bateaux reliant l'île au reste de Khartoum, a affirmé mardi un groupe d'avocats pro-démocratie.

Les paramilitaires "tirent sur quiconque s'approche de la rive", selon ces avocats.

"C'est un siège complet et si ça continue, la nourriture va manquer dans les magasins", s'inquiète Mohammed Youssouf, un habitant de l'île, dans une conversation téléphonique avec l'AFP.

À Khartoum, l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane affronte les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti, dans des combats "avec tous types d'armes", ont raconté à l'AFP des habitants du sud de la ville.

"Des civils ont été blessés dans les combats", ont déclaré mardi les comités de résistance, qui organisent l'entraide entre les habitants.

La violence des explosions fait "trembler les murs des maisons", selon des témoignages. D'autres ont fait état de "tirs à l'artillerie lourde" provenant des casernes de l'armée dans la banlieue nord.

Dans le nord de Khartoum, "plusieurs dizaines de manifestants" se sont rassemblés, selon des témoins, criant "Burhane est un assassin, Hemedti est un assassin".

Crise humanitaire sévère 

Le conflit qui a éclaté le 15 avril a fait plus de 1.800 morts, selon l'ONG ACLED, spécialisée dans la collecte d'informations dans les zones de conflit. Plus d'un million et demi de personnes ont quitté leur foyer, selon l'ONU.

"Nous sommes face à une crise humanitaire sévère qui ne va qu'empirer avec l'effondrement de l'économie et du système de santé", a prévenu la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

Selon elle, "la saison des pluies qui s'approche, combinée à la crise de la faim imminente et aux épidémies qui semblent désormais inévitables", comme le choléra et le paludisme, vont aggraver la situation.

Au Soudan, déjà l'un des pays les plus pauvres du monde avant la guerre, 25 des 45 millions d'habitants ont aujourd'hui besoin d'aide humanitaire, selon l'ONU.

Le 31 mai, l'armée s'est retirée des négociations qui visaient à créer des couloirs sécurisés pour laisser passer les civils et l'aide humanitaire.

Le 1er juin, les États-Unis et l'Arabie saoudite, médiateurs entre les deux camps, ont annoncé la suspension de ces négociations avant que Washington n'annonce des sanctions contre des entreprises associées à l'armée et aux paramilitaires.

Les États-Unis se sont ensuite dits prêts à reprendre les discussions à Djeddah avec les émissaires des deux camps s'ils sont "sérieux" dans leur volonté de respecter le cessez-le-feu. Le secrétaire d'État américain Antony Blinken est arrivé mardi en Arabie saoudite, où le conflit au Soudan sera au menu de ses entretiens.

Le général Burhane a déclaré mardi avoir reçu un appel téléphonique du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, posant les conditions à une reprise des négociations.

Le chef de l'armée a "insisté sur la nécessité" que les paramilitaires quittent les hôpitaux et les maisons qu'ils occupent, et "ouvrent des couloirs humanitaires", selon un communiqué de l'armée.

Le général Daglo a annoncé avoir lui aussi reçu un appel du ministre saoudien deux jours plus tôt, dans lequel il a réitéré son "soutien" à des négociations.

Mais alors que les deux camps affirment défendre les civils, la mission des Nations unies au Soudan a annoncé lundi que des dizaines d'actes de violence, parmi lesquels des meurtres, des attaques contre des hôpitaux, des violences sexuelles contre des enfants, commis par les deux parties, faisaient l'objet d'enquêtes de défenseurs des droits de l'homme.


Macron annonce la mort d'un 2e militaire français de la Finul des suites de ses blessures

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  • "Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, rapatrié hier du Liban où il avait été gravement blessé par des combattants du Hezbollah, est mort ce matin des suites de ses blessures"
  • La Nation salue "avec émotion" sa mémoire "et son sacrifice".

PARIS: Un deuxième militaire français de la Finul, la mission de l'ONU au Liban, est mort mercredi "des suites de ses blessures" infligées au Liban "par des combattants du Hezbollah" dans "la même embuscade" qui a tué samedi l'adjudant Florian Montorio, a annoncé Emmanuel Macron.

"Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, rapatrié hier du Liban où il avait été gravement blessé par des combattants du Hezbollah, est mort ce matin des suites de ses blessures", a déclaré le président sur le réseau X, ajoutant que la Nation saluait "avec émotion" sa mémoire "et son sacrifice".

 

 


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés malgré la trêve

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.