Enquête sur le chef de la Banque du Liban: Une délégation suisse va aller à Beyrouth

Portrait du gouverneur de la Banque centrale du Liban Riad Salamé, poursuivi au Liban en Suisse et en France pour plusieurs délits financiers (Photo, AFP).
Portrait du gouverneur de la Banque centrale du Liban Riad Salamé, poursuivi au Liban en Suisse et en France pour plusieurs délits financiers (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 09 juin 2023

Enquête sur le chef de la Banque du Liban: Une délégation suisse va aller à Beyrouth

  • Une délégation judiciaire suisse va se rendre au Liban dans le cadre de l'enquête liée au patrimoine européen du gouverneur de la BDL Riad Salamé
  • La Suisse a été le premier pays européen à ouvrir une enquête portant sur plus de 300 millions de dollars de mouvements de fonds opérés par le gouverneur

BEYROUTH: La Suisse a informé jeudi le Liban qu'elle allait envoyer prochainement une délégation judiciaire à Beyrouth dans le cadre de l'enquête liée au patrimoine européen du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, selon une source judiciaire à l'AFP.

Néanmoins, le ministère public de la confédération (MPC) a précisé jeudi soir qu'il ne prévoyait pas pour l'instant d'envoyer prochainement une délégation à Beyrouth.

La Suisse a été le premier pays européen à ouvrir une enquête portant sur plus de 300 millions de dollars de mouvements de fonds opérés par le gouverneur, son assistante Marianne Hoayek et le frère du gouverneur Raja.

"Le Liban a été informé par les autorités suisses qu'une délégation judiciaire helvète se rendrait prochainement à Beyrouth pour s'entretenir avec le juge Charbel Abou Samra", qui mène l'enquête locale afin d'obtenir "des informations utiles à l'enquête suisse", a indiqué la source judiciaire.

Celle-ci a laissé entendre que "la justice suisse suit les pays européens qui ont procédé à des auditions à Beyrouth autour des dossiers financiers concernant le gouverneur de la BDL et à ses proches".

Dans un courriel à l'AFP, le ministère public helvétique a assuré qu'une mission n'était pas prévue dans l'immédiat.

"Le MPC ne prévoit pas pour l'instant d'envoyer prochainement une délégation judiciaire suisse à Beyrouth en lien avec" l'affaire Salamé, a écrit une porte-parole.

Des fonds gelés par plusieurs pays de l'UE

Début 2021, le parquet fédéral suisse avait dit avoir adressé au Liban une demande d'entraide judiciaire liée à une "enquête pour blanchiment d'argent aggravé (...) en lien avec un éventuel détournement de fonds au détriment de la BDL", sans toutefois citer de noms de suspects.

En avril 2021, la justice libanaise avait ouvert une enquête locale sur le patrimoine du gouverneur, après l'ouverture de l'enquête suisse.

A la tête de la BDL depuis 1993, M. Salamé est soupçonné par des enquêteurs européens de s'être constitué un riche patrimoine immobilier et bancaire en Europe via un montage financier complexe et un détournement massif de fonds publics libanais, ce qu'il nie.

En mars 2022, la France, l'Allemagne et le Luxembourg avaient annoncé geler 120 millions d'euros d'avoirs libanais soupçonnés d'appartenir à M. Salamé.

Le mois dernier, la France et l'Allemagne ont respectivement émis un mandat d'arrêt à l'encontre du gouverneur via une notice rouge Interpol.

Les autorités du Liban, qui n'extrade pas ses ressortissants vers d'autres pays, l'ont alors interrogé, lui ont interdit de quitter le territoire et ont saisi ses deux passeports, libanais et français.


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com