L'émissaire de l'ONU déclaré persona non grata au Soudan

Volker Perthes (C), Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, supervise l'évacuation du personnel recruté internationalement à Port Soudan le 25 avril 2023 dans le cadre d'un cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre les généraux en guerre du pays. (AFP)
Volker Perthes (C), Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, supervise l'évacuation du personnel recruté internationalement à Port Soudan le 25 avril 2023 dans le cadre d'un cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre les généraux en guerre du pays. (AFP)
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Publié le Vendredi 09 juin 2023

L'émissaire de l'ONU déclaré persona non grata au Soudan

  • "Le gouvernement de la République du Soudan a notifié au secrétaire général des Nations unies qu'il a déclaré M. Volker Perthes (...) persona non grata à compter d'aujourd'hui"
  • Volker Perthes était à New York lorsque le général Burhane a envoyé sa lettre accusatrice, et les autorités n'ont pas délivré de visas aux ressortissants étrangers depuis le début de la guerre

KHARTOUM: Le gouvernement du Soudan a déclaré jeudi persona non grata l'émissaire de l'ONU dans le pays, l'Allemand Volker Perthes, qu'il accuse depuis plusieurs semaines d'être responsable de la guerre en cours.

"Le gouvernement de la République du Soudan a notifié au secrétaire général des Nations unies qu'il a déclaré M. Volker Perthes (...) persona non grata à compter d'aujourd'hui", a indiqué dans un communiqué le ministère soudanais des Affaires étrangères.

M. Perthes se trouvait jeudi à Addis Abeba, en Ethiopie, pour une série d'entretiens diplomatiques, avait annoncé plus tôt l'ONU sur Twitter.

Le chef de l'armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhane, avait réclamé le limogeage du haut diplomate, l'accusant d'être responsable de la guerre qui a éclaté le 15 avril entre ses troupes et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo.

Dans une lettre adressée à l'ONU, le général Burhane avait notamment accusé M. Perthes d'avoir "dissimulé" dans ses rapports la situation explosive à Khartoum avant le déclenchement des hostilités. Sans ces "mensonges", le général "Daglo n'aurait pas lancé ses opérations militaires", a-t-il soutenu.

Les combats ont éclaté le jour où les deux généraux rivaux devaient se retrouver pour des négociations visant à intégrer les FSR à l'armée régulière, comme le réclamait l'ONU depuis des semaines.

Alors que de nombreux observateurs prédisaient un échec de ces discussions, M. Perthes proclamait son "optimisme". Il a aussi admis avoir été "pris par surprise" le jour où a éclaté la guerre.

Confiance de Guterres
Volker Perthes était à New York lorsque le général Burhane a envoyé sa lettre accusatrice, et
les autorités n'ont pas délivré de visas aux ressortissants étrangers depuis le début de la guerre.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait affirmé "son entière confiance" à l'égard de son émissaire.

Mais début juin, le Conseil de sécurité n'avait prolongé que pour six mois la Mission intégrée des Nations unies pour l'assistance à la transition au Soudan (Minuats), dont M. Perthes est le chef.

Créée en juin 2020 pour soutenir la transition démocratique au Soudan après la chute l'année précédente d'Omar el-Béchir, la Minuats avait depuis été renouvelée chaque année pour un an.

Depuis plusieurs mois, des milliers de personnes soutenant l'armée et les islamistes avaient manifesté contre M. Perthes et les "ingérences" étrangères supposées.

De longue date, les pro-démocratie accusent le général Burhane d'être instrumentalisé par les islamistes du régime d'Omar el-Béchir (1989-2019).

Le général Daglo joue d'ailleurs de cette rhétorique: il répète à l'envi combattre "les islamistes" et les "vestiges de l'ancien régime" et se fait le chantre de "la démocratie" et des "droits humains", alors même que ses milliers d'hommes sont accusés d'avoir commis des atrocités pour le compte de Béchir lors de la guerre du Darfour (ouest) dans les années 2000.

La guerre au Soudan a fait plus de 1.800 morts, selon l'organisation ACLED, spécialisée dans la collecte d'informations dans les zones de conflit.

Près de deux millions de personnes ont quitté leurs foyers, selon l'ONU qui estime que 25 des 45 millions d'habitants du pays, déjà l'un des plus pauvres du monde, avait besoin d'aide humanitaire.

La situation est dans l'impasse, aucune des multiples trêves déclarées par les deux généraux rivaux n'ayant été respectée. Une tentative de médiation sous l'égide de l'Arabie saoudite et des Etats-Unis a été suspendue le 1er juin. La veille, l'armée s'était retirée des négociations qui visaient à créer des couloirs sécurisés pour laisser passer les civils et l'aide humanitaire.

Les hôpitaux situés dans les zones de combats ne fonctionnent plus que partiellement, quand ils ne sont pas fermés. Et la crise devrait s'aggraver avec l'approche de la saison des pluies, synonyme de recrudescence du paludisme, d'insécurité alimentaire et de malnutrition infantile.


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".

 


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
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  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.