Mohammed ben Salmane à l’Élysée: Relations bilatérales, dossiers régionaux et énergie à l’ordre du jour

La visite du prince héritier saoudien devrait être plus longue et les pourparlers plus multiformes que son précédent voyage à Paris en juillet de l'année dernière. (Reuters)
La visite du prince héritier saoudien devrait être plus longue et les pourparlers plus multiformes que son précédent voyage à Paris en juillet de l'année dernière. (Reuters)
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Publié le Vendredi 16 juin 2023

Mohammed ben Salmane à l’Élysée: Relations bilatérales, dossiers régionaux et énergie à l’ordre du jour

  • L’Élysée souligne «qu’il y a dans cette normalisation des relations diplomatiques avec l’Iran un potentiel d’apaisement des tensions dans la région qui doit être vérifié»
  • La France a également annoncé son soutien à la candidature saoudienne à l’organisation de l’exposition internationale en 2030

PARIS: Le président français, Emmanuel Macron, a accueilli vendredi le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane, autour d’un déjeuner en tête-à-tête au palais de l’Élysée à Paris.

Faisant suite à la visite du prince héritier en juillet dernier, cette visite sera plus longue et portera plusieurs volets.

Elle sera d’une part l’occasion pour les deux dirigeants de faire le point sur les relations bilatérales et de nombreux sujets d’intérêt commun, et elle sera d’autre part ponctuée par de nombreux évènements, notamment la réunion du bureau des expositions internationales et le sommet organisé par la France pour un nouveau pacte financier.

Par ailleurs, cette visite qui intervient après l’événement majeur que représente la reprise des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et l’Iran retient particulièrement l’attention de la France.

À ce sujet, l’Élysée souligne «qu’il y a dans cette normalisation des relations diplomatiques avec l’Iran un potentiel d’apaisement des tensions dans la région qui doit être vérifié».

Pour Paris, «la question n’est pas tant celle de la normalisation des relations avec l’Iran, mais la démonstration de ce que l’Iran et l’Arabie saoudite peuvent faire ensemble de cette normalisation sur certains sujets où les deux pays se sont jusqu’à présent retrouvés opposés».

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Le président français Emmanuel Macron accueille le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à l'Elysée à Paris le 16 juin 2023. (Reuters)

Il s’agit donc de passer en revue l’impact que pourrait avoir cette normalisation sur les principaux dossiers d’intérêts communs, plus particulièrement ceux du Liban, de la Syrie et de l’Irak, en passant par l’accord nucléaire iranien.

Densité des enjeux

Pour ce qui est du Liban, l’Élysée indique avoir «entendu les Saoudiens répéter que le pays était perdu du fait de la domination du Hezbollah ou de l’influence de l’Iran», tout en affirmant que la France «veut clarifier ce point, et sans prendre parti, faire en sorte que les Saoudiens puissent engager avec les Iraniens» une discussion qui crée des conditions favorables à l’élection d’un président de la République. «Ni l’Arabie saoudite ni la France ne sont dans un état d’esprit de faire les choses à la place des Libanais», affirme le palais présidentiel qui insiste sur «la nécessité commune de favoriser la stabilité et la sécurité au Liban».  

Concernant la Syrie, le président français «sera intéressé d’entendre le prince héritier lui dire comment s’y prendre pour que le président, Bachar al-Assad, se conforme à un certain nombre d’exigences saoudiennes dont les détails ne sont pas encore connus», indique l’Élysée.

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Le président français Emmanuel Macron serre la main du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à l'Elysée à Paris le 16 juin 2023. (Reuters)

Il sera également question du dossier nucléaire iranien parce qu’«il est important pour nous d’entendre l’évaluation du prince héritier de l’intensité de la menace iranienne telle qu’il la perçoit et ce qu’il attend de la restauration des relations diplomatiques, ainsi que la manière dont il entend s’y prendre avec les Iraniens sur ce dossier».

Malgré la densité des dossiers à l’ordre du jour, la guerre en Ukraine ne sera pas en reste. À ce propos, l’Élysée affirme «ne pas avoir de demandes spécifiques à faire à l’Arabie saoudite, mis à part la demande faite à tous nos partenaires de bien prendre en compte le fait que la guerre en Ukraine est un conflit dont l’implication est globale et risque d’engendrer des répercussions sur le monde entier, y compris le Moyen-Orient».

«Ce que nous demandons donc aux Saoudiens, comme à tous nos partenaires, c’est de nous aider à accélérer l’issue de la guerre», rappelle l’Élysée, ce qui signifie une victoire de l’Ukraine sur le terrain de manière à aboutir à une négociation avec la Russie, en vue d’un rétablissement de la sécurité et de la souveraineté ukrainiennes.

Par ailleurs, souligne l’Élysée, cette nouvelle visite prévue à la demande de Mohammed ben Salmane «a vocation à définir les objectifs de coopération bilatérale qui sont nécessaires au partenariat que nous avons avec l’Arabie saoudite dans des domaines parfaitement identifiés».

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Le déjeuner entre les deux dirigeants leur donnera l'occasion d'évoquer les relations bilatérales. (Reuters)

Parmi ces domaines, les questions de sécurité et de défense, et celles liées à la transition énergétique et en particulier aux grandes ambitions saoudiennes en matière d’énergie.

La France a également annoncé son soutien à la candidature saoudienne à l’organisation de l’exposition internationale en 2030, une décision qui sera prise à l’automne prochain.

Le prince héritier assistera les 22 et 23 juin au sommet organisé par la France sur le nouveau pacte financier.

À cette occasion, Macron compte rassembler une large coalition de pays volontaires pour «produire le choc de financement nécessaire pour traiter à la fois les nécessités de la réduction de la pauvreté dans les pays du Sud et une transition verte aussi juste que possible» conclut l’Élysée.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.