Débat Arab News: Les relations entre Riyad et Washington peuvent-elles être améliorées?

L'épisode spécial de mercredi de l'émission du Ray Hanania Radio Show a réuni un panel de personnalités : (en haut à gauche) Brian Katulis, spécialiste de la politique démocrate ; Salmane al-Ansari, commentateur saoudien (à gauche) ; et Rob Sobhani, auteur et universitaire (à droite) (Capture d’écran).
L'épisode spécial de mercredi de l'émission du Ray Hanania Radio Show a réuni un panel de personnalités : (en haut à gauche) Brian Katulis, spécialiste de la politique démocrate ; Salmane al-Ansari, commentateur saoudien (à gauche) ; et Rob Sobhani, auteur et universitaire (à droite) (Capture d’écran).
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Publié le Vendredi 16 juin 2023

Débat Arab News: Les relations entre Riyad et Washington peuvent-elles être améliorées?

  • Le chroniqueur Rob Sobhani déclare qu'il inviterait le prince héritier saoudien à la Maison-Blanche s'il était président, car les États-Unis ont plus que jamais besoin d'alliés
  • L’analyste démocrate Brian Katulis estime qu'il faut une «Vision 2030» pour les relations américano-saoudiennes et que l’Arabie saoudite est en train de vivre une transformation remarquable

CHICAGO: Discutant de l'avenir des relations saoudo-américaines lors d'un épisode spécial du Ray Hanania Radio Show, une émission hebdomadaire aux États-Unis parrainée par Arab News, Rob Sobhani est revenu sur un récent article d'opinion paru dans le Washington Times dans lequel il appelait à inviter le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, à la Maison-Blanche.

«Si j'étais le président des États-Unis, j'appellerais Mohammed ben Salmane, je l'inviterais à la Maison-Blanche, je lui dirais, mon ami, mon partenaire – pas par un coup de poing mais une poignée de main – et je lui dirais, mon ami, mon cher ami, résolvons ensemble certains de ces problèmes mondiaux», a déclaré Sobhani, auteur et professeur adjoint à l'université de Georgetown, lors de l'émission de mercredi.

Dans l'article publié le 7 juin, Sobhani recommande l'engagement saoudo-américain afin d'insister sur le fait que le maintien et le renforcement des relations bilatérales sont d'une importance vitale dans un monde de plus en plus multipolaire où les États-Unis ont plus que jamais besoin d'amis et d'alliés. «J'ai écrit cet article parce que je pense qu'il est important de comprendre ce qui motive le prince héritier, Mohammed ben Salmane», a révélé Sobhani. «Et c'est important parce que nous vivons dans un monde turbulent, où nous nous dirigeons vers un nouveau paradigme d'un monde multipolaire.

«Mais les États-Unis ont besoin de penseurs indépendants comme alliés, des alliés qui aiment leur propre pays, mais qui comprennent aussi la valeur qu'apporte une relation avec Washington. Et je crois vraiment, fermement que le prince héritier, Mohammed ben Salmane, peut être un partenaire très, très fort des États-Unis, en particulier au niveau des défis mondiaux, qu’il défend lui-même maintenant, tels que le climat, les questions de chaîne d'approvisionnement, la pandémie mondiale, etc.

Rob Sobhani: Écrivain, auteur et professeur adjoint à l'université de Georgetown spécialisé dans la politique américaine au Moyen-Orient et PDG, président et fondateur de Caspian Group Holdings, LLC (Capture d’écran). 

«Je pense donc que le président Biden et son équipe de politique étrangère doivent vraiment repenser la manière dont ils considèrent l'Arabie saoudite en général et, en particulier, le prince héritier, Mohammed ben Salmane.» 

La tribune de Sobhani a suscité un nouveau débat dans les cercles de politique étrangère américains sur la manière dont Washington gère les relations bilatérales. En effet, les perceptions de l'Arabie saoudite et du Moyen-Orient en général ont été particulièrement divisées ces dernières années.

Interrogé sur le fait de savoir s'il a eu du mal à convaincre le journal ou s’il a fait face à une opposition à la publication de son article dans le Washington Times, Sobhani a indiqué que le quotidien pouvait être juste mais aussi critique lorsqu'il le fallait. Il l'a comparé favorablement à de nombreux grands médias libéraux qui, selon lui, se sont trompés sur le Moyen-Orient, par le passé.

«Le Washington Times a été un journal très juste et équilibré en ce qui concerne l'Arabie saoudite», a signalé Sobhani lors de l'émission. «Le moment venu, il sera critique. Il publiera des articles critiques. Mais, dans l'ensemble, il a été extrêmement, extrêmement équilibré dans ses écrits et dans ses récits sur l'Arabie saoudite.

«Personnellement, j'ai préféré publier cet article dans le Washington Times parce que l'histoire indique qu'il y a quarante-cinq, quarante-six, quarante-sept ans, lorsque les médias libéraux de ce pays ont utilisé le terme "saint" pour désigner l'ayatollah Khomeini d'Iran, et que nous en voyons aujourd'hui les résultats, il est en effet important que le bon équilibre médiatique, des médias comme le Times, soit applaudi.»

Le commentateur démocrate Brian Katulis, chercheur principal et vice-président de la politique au Middle East Institute et rédacteur en chef du Liberal Patriot, a reconnu que les États-Unis devaient revoir leur position vis-à-vis de l'Arabie saoudite.

Après avoir plaidé en faveur d'un renforcement des relations entre l'Arabie saoudite et les États-Unis, Katulis a déclaré au Ray Hanania Radio Show que les responsables américains devaient comprendre que la dynamique avait changé depuis 1991, date à laquelle les États-Unis étaient la puissance prééminente dans un monde unipolaire.

Au lieu de cela, il a appelé à une «Vision 2030» pour les relations américano-saoudiennes, en s'inspirant de la réforme sociale et de la stratégie de diversification économique de l’Arabie saoudite, conçues pour s'éloigner de la dépendance aux hydrocarbures et pour s'ouvrir à de nouvelles industries, à de nouveaux investissements et à de nouvelles idées.

«L'Amérique a changé, elle très différente de ce qu’elle était à l’époque d'Obama, de Bush ou de Clinton», a déclaré Katulis lors de l'émission. «Je prendrais la vision saoudienne autoproclamée pour sa propre transformation sociale et économique. Elle existe depuis un certain temps, et je combinerais les deux concepts.                                                                                                                         

«J'ai parlé à de très hauts responsables américains et saoudiens de la nécessité de bien faire les choses et ils en sont conscients. Il faut donc que les deux parties aient une discussion à long terme, un dialogue stratégique, et il faut que ce soit une conversation. Un dialogue libre de toute restriction. Nous sommes des partenaires égaux, alors parlons-en. Ensuite, il faut établir un diagramme pour chacun des différents secteurs.»

Brian Katulis : Chercheur principal et vice-président de la politique de l'Institut du Moyen-Orient et rédacteur en chef de The Liberal Patriot (Capture d’écran).

À la question de savoir si les autorités saoudiennes s'entendent mieux avec les démocrates ou les républicains, Katulis répond qu'il existe en fait de nombreuses similitudes entre les deux partis sur les questions de sécurité nationale concernant le Moyen-Orient.

«Si l'on examine le document de stratégie de sécurité nationale de l'administration Biden et celui de l'administration Trump, on constate qu'il y a en fait beaucoup de similitudes entre les deux», a-t-il estimé.

«Je pense que si des pays comme l'Arabie saoudite parvenaient à mieux expliquer comment ils aideront Washington à promouvoir ses intérêts et même, dans une certaine mesure, certaines questions telles que les questions sociales et les valeurs, ils seraient beaucoup plus convaincants pour les hommes politiques des deux côtés de l'allée du Capitole.

«Et finalement, 2023 n'est pas non plus comme 2005 ou 2013 en ce sens que beaucoup de ces questions de sécurité nationale, et en particulier les questions de politique au Moyen-Orient, ne sont pas sur l'écran radar de la politique américaine comme elles l'étaient auparavant. C'est un avantage, mais c'est aussi un inconvénient.»

Salmane al-Ansari, homme d'affaires, écrivain et commentateur politique saoudien, a déclaré qu'il y avait beaucoup d'erreurs de communication sur les réalités de l'Arabie saoudite et que les responsables américains n'avaient pas une vision complète de la situation, notamment en ce qui concerne la position du pays sur la réadmission de la Syrie au sein de la Ligue arabe.

«Je pense que l'affaire n'a pas bien été comprise par le monde entier», a-t-il déclaré au Ray Hanania Radio Show. «Ce qui s'est passé a été expliqué par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane.»

«Il a dit que les choses se feront étape par étape. Qu’est-ce que cela signifie ? Oui, nous avons admis le retour de la Syrie dans le giron du monde arabe. Mais cela ne signifie pas qu'ils en tireront un quelconque avantage économique.

«Mais l'impasse n'a pas été utile. C'est le point de vue de l'Arabie saoudite. Donc, si nous revenons au projet de loi du Congrès en ce qui concerne la Syrie, et au projet de loi César qui concerne les sanctions, il mentionne trois points principaux pour lever les sanctions contre la Syrie. Premièrement, il faut une réforme politique basée sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. C'est ce que souhaite l'Arabie saoudite. Deuxièmement, pour que les sanctions soient levées, il faut expulser les milices. Les milices iraniennes et étrangères doivent quitter la Syrie. C'est ce que veut l'Arabie saoudite. Troisièmement, il faut accorder une amnistie et permettre à l'opposition et aux réfugiés de retourner en Syrie. C'est ce que veut l'Arabie saoudite.

«Je ne pense donc pas que les Saoudiens et les Américains ne soient pas sur la même longueur d'onde. En fait, ils sont exactement sur la même longueur d'onde. Ils ont le même objectif. Mais l'Arabie saoudite veut atteindre cet objectif en admettant ou en réadmettant la Syrie dans le giron arabe.»

Salmane al-Ansari : homme d'affaires, écrivain et commentateur politique saoudien, spécialisé dans la communication stratégique et politique (Capture d’écran).

En ce qui concerne le réchauffement des relations entre l'Arabie saoudite et la Chine, Al-Ansari a mentionné que les États-Unis ne devaient pas s'inquiéter.

«La Chine est le premier partenaire commercial de l'Arabie saoudite et de 130 autres pays, dont les États-Unis eux-mêmes. C'est donc une réalité et le royaume d’Arabie saoudite réévalue sa vision stratégique du monde en conséquence», a-t-il précisé.

«Nous ne devrions pas nier le fait que l'unipolarité est d'une certaine manière révolue. Et je pense que c'est une bonne chose parce que la multipolarité signifie plus de voix, plus de perspectives et plus de progrès. Le monde a besoin d'équilibre et la multipolarité apporte l'équilibre.

«Les États-Unis – je ne veux pas me tromper – resteront toujours le principal partenaire stratégique et sécuritaire de l'Arabie saoudite.»

Al-Ansari pense qu'une partie du problème des relations entre Riyad et Washington réside dans l'incapacité du Royaume à communiquer clairement son message au public américain. En fait, comme il l'a souligné, l'Arabie saoudite est le seul pays du G20 à ne pas disposer d'une chaîne d'information en langue anglaise.

«Une chaîne de télévision est très importante. Nous devrions avoir beaucoup de réseaux basés en anglais lorsqu'il s'agit des médias pour raconter nos histoires», a-t-il jugé.

«Et je suis optimiste quant à l'actuel ministre saoudien des Médias, qui travaille depuis longtemps dans le domaine et qui est un écrivain et un penseur capable de faire progresser l'approche saoudienne dans le monde entier.

«Ainsi, le fait que nous ne soyons pas compris est peut-être une question qui va dans les deux sens. De l'autre côté, nous avons vu qu'il existe une véritable phobie saoudienne, malheureusement, et que, quoi que nous fassions (ou pas), nous sommes toujours critiqués.

«On peut blâmer les États-Unis et les médias occidentaux pour cela. D'autre part, nous ne nous exprimons pas et nous n'avons pas d'institutions capables de raconter nos histoires exactes.»

En conséquence, Al-Ansari estime qu'il y a eu plusieurs occasions manquées de promouvoir certaines des réalisations de l’Arabie saoudite.

«On n'entend pas parler de ces réalisations dans les médias occidentaux, ni dans les médias partiaux, c'est certain. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles nous ne bénéficions pas d'une bonne couverture médiatique», a-t-il expliqué.

Je me souviens que l'ambassadrice saoudienne auprès de l'UE, Haifa al-Judea, a souligné que l'Arabie saoudite avait supprimé tous les obstacles à l'entrée des femmes sur le marché du travail et a affirmé que le pays avait introduit des lois sur l'égalité de rémunération en 2019, que même de nombreux États membres de l'UE et les États-Unis n'ont pas encore adoptées.

«Ces choses sont donc étonnantes. Ces choses n'avaient pas été anticipées il y a seulement six, sept ou huit ans. Et maintenant, nous vivons cette sorte de renaissance saoudienne qui doit être vue avec admiration plutôt que d'être critiquée sans raison.»

Alors, que faudrait-il pour que les relations américano-saoudienne soient corrigées ? Outre l'invitation du prince héritier, Mohammed ben Salmane, à la Maison-Blanche, Sobhani a suggéré que les États-Unis et l'Arabie saoudite devraient identifier une poignée de domaines dans lesquels ils peuvent coopérer et faire la différence.

«Je vous garantis que si les dirigeants de la Maison-Blanche et le prince héritier se réunissaient dans une pièce et prenaient des décisions, nous capturerions les deux tiers de tout le carbone qui existe en plantant mille milliards d'arbres, le monde serait derrière», a assuré Sobhani, soulignant les deux initiatives saoudiennes : l’initiative verte saoudienne et l’initiative du Moyen-Orient, lancées par le prince héritier en 2021.

«Si nous proposons au prince héritier de construire le meilleur pôle de cancérologie au monde afin de résoudre le problème du cancer, il irait de l’avant.

«Parce que devinez quoi ? Le cancer ne comprend pas l'Arabie saoudite ou l'Amérique. Le cancer ne comprend pas les républicains ou les démocrates. Le cancer ne comprend pas le salafisme ou le wahhabite. Le cancer tue.

«Et si nous nous associons à l'Arabie saoudite et à Mohammed ben Salmane, ce serait une étape positive pour le monde.»

Sobhani a établi des parallèles entre le prince héritier saoudien et d'autres personnalités réformatrices célèbres de l'histoire du Moyen-Orient.

«Ataturk en Turquie, essayant de prendre un pays et de le faire avancer. Reza Chah en Iran, essayant de prendre un pays et de le faire avancer. Un ancien dirigeant de Singapour a transformé un pays insulaire en l'un des pays les plus prospères», a-t-il clarifié en faisant référence à Mustafa Kemal Ataturk, Mohammad Reza Chah et Lee Kuan Yew.

«Oui, le long de la route, il y a peut-être eu des obstacles pour Mohammed ben Salmane, mais il ne fait aucun doute qu'il est sur la bonne trajectoire pour être un leader pour son pays.»

Pour Katulis, malgré les inquiétudes suscitées par les divisions politiques aux États-Unis, le pays reste une force résistante et le meilleur allié possible pour l'Arabie saoudite.

«Ils (les Saoudiens) savent au fond qu'il n'y a pas de meilleur pays avec lequel s'associer, non seulement pour leur sécurité, mais aussi sur le plan économique à long terme», a-t-il souligné.

«Je pense en fait que Washington a une résilience étonnante et une capacité à se corriger en ce qui concerne son propre système. Et c'est parce que nous avons des médias libres, nous avons la liberté, nous avons beaucoup d'indépendance.

«C'est parfois chaotique. Et oui, il y a des divisions, mais je pense qu'il y a un véritable désir de partenariat avec les États-Unis et de réfléchir à l'avenir.»

En outre, Katulis estime que le moment est venu pour les États-Unis de s'engager pleinement sur le plan stratégique avec l'ensemble du Moyen-Orient.

Plutôt que de se restreindre ou de se retirer de la région, l’Amérique doit en fait doubler son engagement dans la région», a-t-il estimé.

«J'entends par là qu'il ne s'agit pas seulement de manœuvres militaires et d'aider les autres à se protéger des menaces, mais aussi de saisir les opportunités, les opportunités économiques, les opportunités de changement social. Et il serait préférable que les États-Unis le fassent», a soutenu Katulis.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
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  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
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  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com