Mohammed ben Salmane s'entretient avec Macron à Paris

Le président français Emmanuel Macron accueille le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à l'Elysée à Paris le 16 juin 2023 (Photo, Reuters).
Le président français Emmanuel Macron accueille le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à l'Elysée à Paris le 16 juin 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 17 juin 2023

Mohammed ben Salmane s'entretient avec Macron à Paris

  • Le président français et le prince héritier se félicitent du renforcement des relations économiques entre les deux pays
  • La visite du prince héritier est ponctuée d'autres événements, notamment la réunion du Bureau international des expositions

PARIS: Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président français, Emmanuel Macron, ont appelé vendredi à «mettre rapidement fin au vide politique institutionnel au Liban».

Les législateurs libanais ont échoué pour la douzième fois à élire un nouveau président, alors que les divisions amères entre le Hezbollah, soutenu par l'Iran, et ses opposants risquent d'entraîner le pays dans une longue période de vacance du pouvoir.

L'absence prolongée de président «reste l'obstacle majeur à la résolution de la grave crise socio-économique du Liban», a déclaré la présidence française à l'issue de la rencontre entre le président et le prince Mohammed à Paris.

Mohammed ben Salmane et Macron ont également «réitéré leur engagement commun en faveur de la sécurité et de la stabilité au Proche et au Moyen-Orient et ont exprimé leur volonté de poursuivre leurs efforts conjoints en vue d'un apaisement durable des tensions», selon un communiqué.

Les deux parties ont l'intention de «développer et d'approfondir le partenariat entre les deux pays», a ajouté le communiqué.

La France sera prête «à soutenir l'Arabie saoudite dans le renforcement de ses capacités de défense», a déclaré Macron, soulignant «la volonté des entreprises françaises de continuer à soutenir l'Arabie saoudite dans la mise en œuvre de son ambitieuse Vision 2030».

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Le président français, Emmanuel Macron, accueille le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, au palais de l'Élysée à Paris, le 16 juin 2023. (Photo, Reuters).

Cette rencontre fait suite à l'annonce récente de la reprise des relations diplomatiques entre l'Arabie saoudite et l'Iran, un événement qui a retenu l'attention de la France. L'Élysée y a répondu en affirmant «qu'il y a dans cette normalisation des relations diplomatiques avec l'Iran un potentiel d'apaisement des tensions dans la région qui doit être vérifié».

Pour les Français, «l'enjeu n'est pas tant la normalisation des relations avec l'Iran que la démonstration de ce que l'Iran et l'Arabie saoudite peuvent faire ensemble de cette normalisation quant à certains sujets sur lesquels les deux pays se sont jusqu'à présent opposés».

La réunion a donc été l'occasion d'examiner les effets que cette normalisation pourrait avoir sur les principales questions d'intérêt commun entre la France et l'Arabie saoudite, en particulier la situation au Liban, en Syrie et en Irak, ainsi que la saga en cours de l'accord sur le nucléaire iranien.

Concernant la situation en Syrie, avant la rencontre, le président français se serait montré «intéressé par le fait que le prince héritier lui communique les moyens d’amener le président Bachar el-Assad à se conformer à un certain nombre d'exigences saoudiennes, dont les détails ne sont pas encore connus», a déclaré l'Élysée.

Le programme nucléaire iranien devrait être abordé car «il est important pour nous d'entendre l'évaluation du prince héritier sur l'intensité de la menace iranienne telle qu'il la perçoit et ce qu'il attend du rétablissement des relations diplomatiques, ainsi que la manière dont il compte traiter avec les Iraniens sur cette question».

En dehors de la région, on s'attendait à ce que la guerre en Ukraine ne soit pas négligée malgré la densité des sujets à l'ordre du jour. Sur cette question, Paris a déclaré qu'elle «n'a pas de demandes spécifiques à adresser à l'Arabie saoudite, si ce n'est la demande faite à tous nos partenaires de prendre pleinement en compte le fait que la guerre en Ukraine est un conflit aux implications globales et risque d'avoir des répercussions dans le monde entier, notamment au Proche-Orient».

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Le président français, Emmanuel Macron, serre la main du prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, au palais de l'Élysée à Paris, le 16 juin 2023. (Photo, Reuters).

L’Élysée a ajouté: «Ce que nous demandons aux Saoudiens, comme à tous nos partenaires, c'est de nous aider à accélérer la fin de la guerre», ce qui, du point de vue français, signifierait la victoire de l'Ukraine sur le terrain, conduisant à des négociations de paix avec la Russie visant à instaurer la sécurité et la souveraineté de l'Ukraine.

Dans un contexte plus large, l'Élysée a mentionné que la visite du prince héritier, qui a lieu selon sa demande, «vise à définir les objectifs de coopération bilatérale nécessaires au partenariat que nous avons avec l'Arabie saoudite dans des domaines parfaitement identifiés».

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Le prince héritier, Mohammed ben Salmane, avec Emmanuel Macron à Paris (Photo, Reuters).

Ces domaines comprennent les questions liées à la sécurité et à la défense, ainsi que la transition énergétique, en particulier les grandes ambitions du Royaume de l’Arabie saoudite en matière d'énergie.

Concernant la candidature de l'Arabie saoudite à l'organisation de l'Expo 2030, dont la décision n'est pas attendue avant l'automne prochain, la France a déjà annoncé son soutien. Reste à savoir si le prince héritier participera au sommet organisé par la France, portant sur un nouveau Pacte mondial de financement, prévu le 22 et 23 juin.

Lors de ce sommet, Macron entend réunir une large coalition de pays volontaires pour «produire le choc financier nécessaire pour répondre à la fois aux besoins de réduction de la pauvreté dans les pays du Sud et à la mise en œuvre d’une transition écologique la plus juste possible», a indiqué l'Élysée.

 

  • Avec la contribution de Reuters et Arab News en français

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


La prix Nobel Narges Mohammadi libérée sous caution et soignée à Téhéran, selon ses soutiens

Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale". (AP)
Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale". (AP)
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  • Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad (est) pour avoir à nouveau, lors d'une cérémonie funéraire, critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son emprisonnement à Zandjan (nord), son état de santé s'est gravement détérioré
  • Les autorités iraniennes l'ont finalement libérée et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation dimanche

PARIS: Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale".

Militante des droits humains âgé de 54 ans, Mme Mohammadi se bat depuis plus de vingt ans contre la peine de mort et le port obligatoire du voile pour les femmes, en critiquant régulièrement le régime qui gouverne l'Iran depuis la révolution islamique de 1979.

Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad (est) pour avoir à nouveau, lors d'une cérémonie funéraire, critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son emprisonnement à Zandjan (nord), son état de santé s'est gravement détérioré.

Les autorités iraniennes l'ont finalement libérée et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation dimanche.

Mme Mohammadi "a bénéficié d'une suspension de peine contre une caution importante", a-t-elle ajouté dans un communiqué, sans en dévoiler le montant.

La prix Nobel a été transférée en ambulance vers un hôpital de Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale", a encore précisé la fondation.

Son avocat iranien, Mostafa Nili, a confirmé sur X qu'elle avait été transférée à Téhéran dimanche matin "à la suite d'une ordonnance suspendant son exécution de peine pour raisons médicales".

"La vie de Narges Mohammadi ne tient qu'à un fil", a déclaré son époux, Taghi Rahmani, qui réside à Paris, dans un communiqué.

"Bien qu'elle soit actuellement hospitalisée suite à une grave défaillance de son état de santé, un transfert temporaire est insuffisant. Narges ne doit en aucun cas être renvoyée dans les conditions qui ont altéré sa santé", a-t-il ajouté.

"Le monde est témoin" 

Sa fondation a déclaré qu'elle avait besoin de soins spécialisés et qu'il fallait "s'assurer qu'elle ne retourne jamais en prison pour purger les 18 années restantes de sa peine".

Narges Mohammadi a subi deux crises cardiaques présumées en prison, le 24 mars puis le 1er mai. Après la dernière, elle a été transportée d'urgence à l'hôpital de Zandjan pour y être soignée.

Son comité de soutien à Paris a alors assuré qu'elle risquait de mourir. Elle a perdu 20 kg en prison, a des difficultés à s'exprimer et est devenue "méconnaissable" par rapport à son état avant sa dernière arrestation, a affirmé mardi son avocate parisienne, Chirinne Ardakani.

L'avocate a évoqué à ce sujet le sort du dissident chinois et prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, mort en détention médicale en 2017, et celui de l'opposant russe Alexeï Navalny, mort dans une prison russe en 2024.

Jeudi, les Etats-Unis avaient exhorté l'Iran à la libérer, pour "lui fournir les soins dont elle a besoin. Le monde est témoin", avait écrit sur les réseaux sociaux Riley Barnes, le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé des droits humains.

Ces 25 dernières années, Mme Mohammadi a été à plusieurs reprises condamnée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes.

Sa dernière arrestation remonte à avant le déclenchement d'un vaste mouvement de contestation contre le pouvoir, auquel celui-ci aurait répondu en faisant des milliers de morts.

En février, elle a été condamnée à six ans de prison de plus pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi pour propagande contre le système islamique de l'Iran. Elle avait alors mené une grève de la faim d'une semaine pour réclamer le droit de téléphoner.

Les deux jumeaux de Mme Mohammadi, Ali et Kiana Rahmani, qui vivent et étudient à Paris, n'ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et ont reçu le prix Nobel en son nom alors qu'elle était en prison.

 


Netanyahu: la guerre n'est «pas finie», il faut «retirer» l'uranium iranien

La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
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  • M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël
  • "Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans"

WASHINGTON: La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche.

La guerre "a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie, car il reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran", a-t-il dit, ajoutant qu'il restait également "des sites d'enrichissement à démanteler".

Interrogé pour savoir comment il comptait "sortir" l'uranium d'Iran, il a déclaré: "On y va et on le sort."

"Ce que le président Trump m'a dit, c'est: +Je veux y aller." Et je pense que c'est physiquement possible. Ce n'est pas là le problème. Si on a un accord, qu'on y va et qu'on le sort, pourquoi pas? C'est la meilleure solution", a-t-il ajouté.

"On finira par le récupérer (...) on le surveille de près", a déclaré le président américain dans une interview séparée diffusée dimanche, enregistrée plus tôt dans la semaine.

"Si quelqu'un s'approche de l'endroit, on le saura, et on le fera sauter", a-t-il ajouté auprès de la journaliste indépendante Sharyl Attkisson.

441 kilos 

Le sort de l'uranium enrichi détenu par l'Iran est l'un des enjeux au coeur des discussions entre Téhéran et Washington en vue d'une paix durable.

Les dernières données publiques disponibles remontent à juste avant la guerre des Douze jours de juin 2025.

Selon les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran disposait alors de 441 kilos d'uranium enrichi à 60%, proche du seuil des 90% permettant de fabriquer la bombe nucléaire, de 180 kilos enrichis à 20% et de plus de 6 tonnes à 5%.

Le stock de 60% était réparti sur trois sites: Fordo, Natanz et Ispahan.

Depuis les frappes israélo-américaines de juin 2025 puis celles de cette année, le sort de ce stock reste incertain en l'absence d'inspections de l'AIEA: est-il enfoui comme l'affirme Téhéran? Une partie a-t-elle été déplacée, détruite?

"Si c'est l'Agence internationale de l'énergie atomique qui se charge (de récupérer l'uranium, NDLR), ça nous va aussi", a dit le ministre américain de l'Energie Chris Wright dans une autre interview à CBS dimanche.

"Comme un échafaudage"

Benjamin Netanyahu a dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, "comme un échafaudage", des supplétifs de l'Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah).

"Est-ce possible? Oui. Est-ce certain? Non", a-t-il répondu.

"L'Iran continue à soutenir ces supplétifs, qui cherchent à produire des missiles balistiques. Nous les avons beaucoup réduits mais ils sont toujours là et il reste du travail à faire", a observé le chef du gouvernement israélien.

Alors que le président Trump se rend cette semaine en Chine, il a dit savoir que Pékin soutenait l'arsenal militaire de Téhéran.

"La Chine donne un certain soutien, en particulier des composants de fabrication de missiles", a-t-il déclaré, refusant d'en dire plus.

M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël.

"Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans".

 


L'Arabie Saoudite remporte un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes

L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
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  • L’Arabie Saoudite a obtenu pour la première fois un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), via l’élection d’Adhwan Al-Ahmari, président de l’Association des journalistes saoudiens
  • Cette élection, dans un contexte très compétitif (148 pays en lice pour seulement 16 sièges), reflète une reconnaissance internationale accrue de la position du Royaume dans le secteur des médias

PARIS: L'Arabie Saoudite a réalisé un nouvel exploit en remportant un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Cette étape est une première du genre dans l'histoire de la présence du Royaume au sein de cette entité médiatique internationale, grâce à l'élection du président de l'Association des journalistes saoudiens, Adhwan Al-Ahmari, en tant que représentant du Royaume au sein du Comité.

Cette victoire intervient dans un contexte de forte compétition internationale au sein de la fédération, à laquelle ont participé plus de 148 pays pour les sièges proposés. Seuls 16 pays ont réussi à remporter l'adhésion au Comité exécutif, ce qui reflète l'ampleur de la confiance internationale dont jouit l'Arabie Saoudite et sa position croissante dans le secteur des médias et de la presse.

Cette réalisation renforce la présence saoudienne dans les institutions médiatiques internationales et ouvre la voie à une plus grande participation à la prise de décision concernant la profession de journaliste à l'échelle mondiale, tout en transmettant l'expérience médiatique saoudienne sur les plateformes internationales.