Meta va bloquer les médias canadiens, refusant de les payer

Une photo montre le logo du groupe technologique américain Meta lors du salon Vivatech des startups et de l'innovation technologique au parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris, le 14 juin 2023. (Photo, AFP)
Une photo montre le logo du groupe technologique américain Meta lors du salon Vivatech des startups et de l'innovation technologique au parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris, le 14 juin 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 23 juin 2023

Meta va bloquer les médias canadiens, refusant de les payer

  • «Aujourd'hui, nous confirmons que le contenu d'actualité ne sera plus disponible sur Facebook et Instagram pour tous les utilisateurs au Canada», a indiqué Meta dans un communiqué
  • La nouvelle loi oblige les géants du numérique à conclure des accords commerciaux équitables avec les médias canadiens pour les publications partagées sur leurs plateformes, sous peine de devoir recourir à un arbitrage contraignant

OTTAWA: Facebook et Instagram bloqueront l'accès aux publications provenant de médias canadiens, a déclaré leur maison mère Meta en réaction à une loi tout juste votée qui oblige les géants du web à payer pour diffuser le contenu des médias locaux.

"Aujourd'hui, nous confirmons que le contenu d'actualité ne sera plus disponible sur Facebook et Instagram pour tous les utilisateurs au Canada", a indiqué Meta dans un communiqué, soulignant avoir prévenu "à plusieurs reprises" que cette mesure serait prise.

"Si le gouvernement ne peut pas défendre les Canadiens contre les géants du web, qui le fera?", a réagi le ministre du Patrimoine Pablo Rodriguez. Facebook n'avait "aucune obligation" à couper cet accès, la loi n'étant pas encore formellement entrée en vigueur, a-t-il ajouté.

Le bureau du ministre a également souligné qu'il avait "rencontré Facebook et Google cette semaine" et qu'il restait ouvert à de nouvelles discussions.

La nouvelle loi oblige les géants du numérique à conclure des accords commerciaux équitables avec les médias canadiens pour les publications partagées sur leurs plateformes, sous peine de devoir recourir à un arbitrage contraignant.

Le mois dernier, le Premier ministre Justin Trudeau a reproché à Meta de bloquer l'accès de certains Canadiens aux informations en ligne lors de tests, déclarant que l'entreprise était "profondément irresponsable et déconnectée" en refusant de payer les journalistes pour leur travail.

Son opposition au projet de loi, a-t-il déclaré, est "erronée (et) dangereuse pour notre démocratie et notre économie".

Ces derniers mois, Meta et Google ont indiqué effectuer des tests sur une petite partie de la population canadienne, restreignant leur accès à des sites d'informations.

La nouvelle loi, vivement critiquée par les deux géants de la Silicon Valley, a pour objectif de soutenir le secteur de l'information au Canada qui, selon le ministre, est "en crise".

La porte-parole de Google Jenn Crider a déclaré que l'entreprise "fait tout pour éviter un résultat que personne ne veut" et cherche à travailler avec le gouvernement "pour avancer".

Le géant du web a proposé des amendements au texte mais Mme Crider a dit jeudi que "jusqu'ici, aucune de nos préoccupations n'a été prise en compte".

Plus de 450 médias d'information canadiens ont fermé leurs portes depuis 2008, d'après le ministère du Patrimoine.

Ce projet de loi est inspiré de celui adopté en 2021 par l'Australie, premier du genre au monde. Le texte avait été facilement adopté après que Facebook et Google eurent trouvé des accords afin d'éviter d'être soumis à un arbitrage contraignant.

Confrontée à la même situation, l'Union européenne a instauré en 2019 un "droit voisin" qui doit permettre la rémunération des éditeurs de presse pour les contenus utilisés par les plateformes en ligne.

Après avoir rechigné, Google a signé en novembre des accords avec des journaux français, une première mondiale.

L'AFP a signé avec Google fin 2021 un accord qui rémunère l'agence pendant cinq ans pour ses contenus présentés par le géant américain, ainsi que deux contrats commerciaux, également d'une durée de cinq ans.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com