Tunisie: Le mouton de l’Aïd al-Adha de moins en moins accessible

Dans un pays où le salaire moyen est de 272 euros et le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) de 136 euros, et où les moutons coûtent entre 200 et 350 euros, il faut entre une fois et demie et plus de deux fois et demie le Smic pour pouvoir en acheter un. (AFP).
Dans un pays où le salaire moyen est de 272 euros et le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) de 136 euros, et où les moutons coûtent entre 200 et 350 euros, il faut entre une fois et demie et plus de deux fois et demie le Smic pour pouvoir en acheter un. (AFP).
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Publié le Mercredi 28 juin 2023

Tunisie: Le mouton de l’Aïd al-Adha de moins en moins accessible

  • Jadis, le marché des moutons commençait à se mettre en place parfois jusqu’à trois semaines avant la célébration de ce rite qui marque la fin du Hajj, le pèlerinage à La Mecque
  • Cette année, ce marché s’étant rétréci comme peau de chagrin, les points de vente sont devenus très rares

TUNIS: Un foyer, un mouton. C’était la règle généralement respectée. Les familles aisées et nombreuses sacrifiaient plusieurs bêtes, y compris parfois un bœuf. Mais c’était il y a très longtemps, un temps que seuls les quadragénaires ou quinquagénaires ont connu en Tunisie  et dont ils se souviennent avec nostalgie.

Jadis, le marché des moutons commençait à se mettre en place parfois jusqu’à trois semaines avant la célébration de ce rite qui marque la fin du Hajj, le pèlerinage à La Mecque.

Des éleveurs de l’intérieur du pays débarquaient dans les principales villes, auxquels s’ajoutaient des Tunisiens sans emploi ou des travailleurs de condition modeste, qui, pour arrondir leur fin de mois, empruntaient de l’argent pour avoir un petit troupeau, de quelques dizaines de moutons, dans l’espoir d’engranger quelques centaines de dinars (1 dinar tunisien = 0,30 euro) en les vendant.

Le chef de famille n’avait pas besoin de parcourir de grandes distances pour en acheter un, car on trouvait ces marchands de toujours ou d’un jour quasiment à tous les coins de rue.

Cette année, ce marché s’étant rétréci comme peau de chagrin, les points de vente sont devenus très rares. Dans les quartiers populaires de la médina de Tunis, ils ont presque disparu.

À Halfaouine, quartier au cœur duquel trône la mosquée Sahab Attabaa («Garde du sceau») bâtie au XIXe siècle, le 22 juin 2023, à moins d’une semaine de la fête du sacrifice, il n’y avait pas le moindre mouton ni sur la place centrale ni autour. Habituellement, on peut en trouver au moins quelques dizaines, que leurs propriétaires parquent dans des maisons proches, vides et louées spécialement pour quelques jours, ou qu'ils laissent en plein air, bien protégés.

Dans un pays où le salaire moyen est de 272 euros et le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) de 136 euros, et où les moutons coûtent entre 200 et 350 euros, il faut entre une fois et demie et plus de deux fois et demie le Smic pour pouvoir en acheter un. Ce qui le met hors de portée d’un grand nombre de foyers.

Cette très forte chute de l’offre est due à la tout aussi notable baisse de la demande. Ce qui ne signifie pas que les Tunisiens ne veulent plus – même si c’est vrai dans certains milieux aisés où la vague du régime végétarien commence à faire des adeptes – sacrifier au rite de l’Aïd al-Adha. Bon nombre d’entre eux n’en ont tout simplement plus les moyens. Et à défaut de pouvoir s’offrir un mouton, beaucoup se contentent de quelques kilos de viande, de quoi organiser une «méchoui party».

Cependant, même cette option n’est pas envisageable pour Samir. Ce petit fonctionnaire, dont le salaire mensuel dépasse de peu les 200 euros, fait un aveu la mort dans l’âme: «En trente ans de mariage, c’est la première fois que ma femme et moi ne parlons même pas d’acheter de la viande, alors que dire d’un mouton…» Et ce n’est guère étonnant!

Dans un pays où le salaire moyen est de 272 euros et le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) de 136 euros, et où les moutons coûtent entre 200 et 350 euros, il faut entre une fois et demie et plus de deux fois et demie le Smic pour pouvoir en acheter un. Raison pour laquelle les autorités ont, comme à leur habitude, distribué une aide de près de 20 euros par famille à 339 000 foyers. À peine de quoi acheter 1,5 kg de viande de mouton.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.