L’Iran impose des politiques de contrôle de contenu plus strictes pour les services de streaming

Peyman Jebelli, directeur de la Radio-télévision de la République islamique d’Iran, déclare que son organisation élabore des réglementations pour surveiller les services de streaming. (Radio-télévision de la République islamique d’Iran)
Peyman Jebelli, directeur de la Radio-télévision de la République islamique d’Iran, déclare que son organisation élabore des réglementations pour surveiller les services de streaming. (Radio-télévision de la République islamique d’Iran)
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Publié le Mercredi 28 juin 2023

L’Iran impose des politiques de contrôle de contenu plus strictes pour les services de streaming

  • La nouvelle réglementation donne à la Radio-télévision de la République islamique d’Iran un contrôle absolu sur les films, les émissions de télévision et la musique qui peuvent être proposés sur les plates-formes
  • Les plates-formes de streaming en ligne en Iran, comme Filimo et Namava, ont gagné en popularité, en raison de l’absence de chaînes télévisées privées

LONDRES: Le Conseil suprême iranien de la révolution culturelle introduit des contrôles plus stricts régissant le contenu sur les plates-formes de divertissement privées opérant dans le pays.

La nouvelle réglementation, basée sur une décision approuvée ce mois-ci par le Conseil lors d’une réunion présidée par le président iranien, Ebrahim Raïssi, donne à la Radio-télévision de la République islamique d’Iran un contrôle absolu sur les films, les émissions de télévision et la musique qui peuvent être proposés sur les plates-formes.

L’institution étatique aura donc le pouvoir de bloquer les contenus réalisés par des cinéastes, acteurs et musiciens que l’État n’approuve pas, lui donnant ainsi un contrôle total en matière de censure.

Les experts et les professionnels de l’industrie ont exprimé leur inquiétude face à la nouvelle réglementation, qui, selon eux, représente une nouvelle violation contre l’expression artistique dans un pays où les médias et le divertissement sont déjà fortement contrôlés.

Une ancienne actrice iranienne, qui vit désormais au Danemark et qui a préféré garder l’anonymat, déclare à Arab News que le contrôle renforcé des plates-formes est un coup dur pour l’industrie iranienne du divertissement. Elle affirme que l’effet que cela aura sur des plates-formes comme Filimo, un service de streaming iranien similaire à Netflix, sera «préjudiciable pour de nombreux acteurs et cinéastes en Iran. Mais surtout, c’est décourageant pour les téléspectateurs qui ne peuvent pas accéder à un contenu non censuré sur d’autres services de streaming comme Netflix ou Hulu.»

Peyman Jebelli, le directeur de la Radio-télévision de la République islamique d’Iran, se dit satisfait de l’annonce et du fait que son organisation élabore des réglementations pour surveiller les services de streaming.

En janvier, il a écrit au président Raïssi pour lui demander de bloquer la plate-forme Filimo. Il a particulièrement insisté au sujet de The Fall, une série dramatique iranienne sur un couple de jeunes mariés confrontés à des problèmes conjugaux. Les autorités dénoncent fortement la série depuis que son acteur principal a soutenu l’opposition iranienne et vivement critiqué le régime de Téhéran et ses partisans.

Ce mois-ci, la chaîne de télévision publique a également averti les producteurs de ne pas travailler avec des actrices qui ont exprimé leur soutien au mouvement s’opposant au port obligatoire du hijab ou aux manifestations antigouvernementales en cours qui ont commencé après la mort de Mahsa Amini, une jeune Iranienne de 22 ans. Cette dernière est décédée en septembre de l’année dernière en garde à vue après avoir été arrêtée pour ne pas avoir couvert ses cheveux conformément aux règles vestimentaires strictes.

D’autres personnes qui travaillent dans l’industrie iranienne du divertissement et qui s’opposent au régime pour diverses raisons ont été confrontées à des problèmes tels que des interdictions de vol et des comptes bancaires gelés.

Les plates-formes de streaming en ligne en Iran, comme Filimo et Namava, ont gagné en popularité, en raison de l’absence de chaînes télévisées privées. Ces services proposent des contenus, en persan et en anglais, d’artistes et de cinéastes indépendants souvent considérés par le régime comme non conformistes.

Dans le même temps, la Radio-télévision de la République islamique d’Iran, qui est sous l’autorité du bureau du Guide suprême, Ali Khamenei, a perdu des téléspectateurs – une tendance que les experts de l’industrie attribuent à l’accent excessif mis sur les programmes religieux et à la censure de l’information.

Jusqu’à présent, le ministère de la Culture et de l’Orientation islamique, en collaboration avec l’Autorité iranienne de régulation des médias audiovisuels, qui est affiliée au radiodiffuseur d’État, était chargé de vérifier le contenu des plates-formes de streaming privées.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".