Dans un monde en crise, les Rencontres économiques d'Aix veulent « recréer l'espoir»

Jean-Hervé Lorenzi, président des Rencontres d'Aix. (Photo, AFP)
Jean-Hervé Lorenzi, président des Rencontres d'Aix. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 05 juillet 2023

Dans un monde en crise, les Rencontres économiques d'Aix veulent « recréer l'espoir»

  • Pendant trois jours, une soixantaine de débats seront accessibles gratuitement au grand public et retransmis sur internet, rassemblant quelque 380 économistes, responsables politiques de tous bords
  • En lieu et place de la traditionnelle déclaration finale, les Rencontres se clôtureront le dimanche par un manifeste qui ambitionnera de rallier tous les intervenants

PARIS: "Recréer l'espoir": les Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, dans le sud de la France, réuniront du 7 au 9 juillet des centaines de patrons, ministres et experts pour repenser un monde bouleversé par les crises.

Essoufflement de la croissance économique, pouvoir d'achat rongé par l'inflation, tensions sociales, dérèglement climatique, prégnance du risque géopolitique... Dans un environnement marqué par une convergence de crises, les organisateurs de cette grand-messe économique veulent créer les conditions de la sortie de crise plutôt que verser dans le pessimisme.

Pendant trois jours, une soixantaine de débats seront accessibles gratuitement au grand public et retransmis sur internet, rassemblant quelque 380 économistes, responsables politiques de tous bords, chefs d'entreprises, syndicalistes et autres représentants de la société civile d'une quarantaine de nationalités autour de sujets résolument tournés vers l'avenir.

«Capacités de rebond»

"La Covid joue un rôle absolument majeur dans l'histoire de l'humanité. La sortie de la Covid, c'est d'abord une immense victoire scientifique", souligne Jean-Hervé Lorenzi, le président des Rencontres d'Aix.

"A partir de ce moment-là, les sociétés se reconstituent parce que les références qui étaient les leurs (...) sont sur la table", poursuit-il, interrogé par l'AFP.

"Dans les faits, on s'aperçoit que nos sociétés, et notamment la société française, portent en elles beaucoup de capacités de rebond", note l'économiste. "Encore faut-il régler quelques urgences", au premier rang desquelles il cite le logement, le marché du travail et l'éducation.

"Si vous avez des capacités de logement, les gens vont être plus mobiles. Si vous avez des rémunérations plus adaptées, les emplois seront pris. Tout cela suppose une formation ainsi qu'un dispositif éducatif qui n'exclut pas et forme de manière plus satisfaisante".

Ces thématiques figurent au programme, comme de nombreuses autres, telles le nouveau rapport au travail, la renaissance industrielle, le réveil des consciences écologiques, le rôle des entreprises dans la société, les enjeux de mobilité, les nouvelles voies de la démocratie, les progrès de la médecine, la transition énergétique ou encore la croissance soutenable...

Parmi les orateurs figurent la Première ministre française Elisabeth Borne, son ministre de l'Economie Bruno Le Maire, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde, la présidente géorgienne Salomé Zourabichvili, le Premier ministre de Djibouti Abdoulkader Kamil Mohamed et le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné.

Place aux jeunes

A l'heure où le gouvernement veut couper des milliards d'euros de dépenses pour redresser les finances mal en point de la France, la résolution des urgences comme le logement relèvent davantage de la volonté politique que d'une question de financement, juge M. Lorenzi.

"Je pense que la plupart des sujets que nous avons à traiter dans notre pays sont tout à fait traitables", souligne-t-il: "la plupart des problèmes sont des problèmes politiques dans notre pays".

Et sur les finances publiques, il plaide pour "une réorganisation du mode de fonctionnement de la puissance publique" plutôt que des "rabotages".

Sous le thème "espérer dans un monde de violences", la session inaugurale du vendredi rassemblera le maire de Kiev Vitali Klitschko, la présidente d'Amnesty International Anjhula Mya Singh Bais, le secrétaire général adjoint de l'Otan Mircea Geoană ainsi que la journaliste et écrivaine Abnousse Shalmani.

Cette 23e édition des Rencontres veut aussi faire la part belle aux jeunes, placés au coeur du débat économique. Quatre d'entre eux occuperont la scène aux côtés d'Elisabeth Borne en clôture.

En lieu et place de la traditionnelle déclaration finale, les Rencontres se clôtureront le dimanche par un manifeste qui ambitionnera de rallier tous les intervenants et portera des thèmes comme l'intégration sociale des jeunes, l'emploi des séniors, la formation et l'action publique.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

Short Url

Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Short Url
  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.