Coran brûlé en Suède: l’importance de la lutte contre l’islamophobie d’Europe jusqu’en Amérique latine

Les femmes musulmanes de Colombie sensibilisent à l’islam en Amérique du Sud, où les cas de harcèlement, qui ciblent plus particulièrement les musulmanes au Brésil, sont à la hausse. (Photo fournie)
Les femmes musulmanes de Colombie sensibilisent à l’islam en Amérique du Sud, où les cas de harcèlement, qui ciblent plus particulièrement les musulmanes au Brésil, sont à la hausse. (Photo fournie)
Maria José Acevedo Garcia discute avec des groupes d’élèves d’islam et d’islamophobie. (Photo fournie)
Maria José Acevedo Garcia discute avec des groupes d’élèves d’islam et d’islamophobie. (Photo fournie)
Maria José Acevedo Garcia fait la Dawah (invitation à écouter le message de l’islam, NDLR) dans une école. Beaucoup de filles s’intéressent à l’islam et demandent à essayer un hijab. (Photo fournie)
Maria José Acevedo Garcia fait la Dawah (invitation à écouter le message de l’islam, NDLR) dans une école. Beaucoup de filles s’intéressent à l’islam et demandent à essayer un hijab. (Photo fournie)
Maria José Acevedo Garcia discute avec des groupes de scouts de l’islam en Colombie dans le but de sensibiliser à la diversité religieuse. (Photo fournie)
Maria José Acevedo Garcia discute avec des groupes de scouts de l’islam en Colombie dans le but de sensibiliser à la diversité religieuse. (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 20 juillet 2023

Coran brûlé en Suède: l’importance de la lutte contre l’islamophobie d’Europe jusqu’en Amérique latine

  • L’islamophobie a pris de l’ampleur au Brésil sous l’ancien président Jair Bolsonaro (entre 2019 et 2022), lorsque plusieurs groupes antimusulmans sont devenus plus puissants
  • Les femmes qui portent le hijab doivent faire face à toutes sortes de remarques sexistes dans la rue et dans les transports en commun

SAO PAULO: Alors que le nombre de musulmans qui vivent en Amérique latine augmente et que les communautés islamiques gagnent en visibilité, de plus en plus de cas d’islamophobie sont signalés dans la région. Les dirigeants communautaires, pour la plupart des femmes, tentent par tous les moyens de remédier au problème.

Avec une population musulmane estimée entre 800 000 et 1,5 million d’habitants, le Brésil est le seul pays d’Amérique latine où une étude approfondie sur l’islamophobie a été menée.

L’accent est mis sur ce sujet depuis qu’un exemplaire du Saint Coran a été brûlé le 28 juin devant la mosquée centrale de Stockholm – un acte offensant qui a été toléré par les autorités suédoises. Bien que l’Amérique du Sud n’ait pas été témoin d’une telle manifestation d’intolérance, on pense que l’islamophobie existe bel et bien, mais qu’elle est dissimulée, dans de nombreux pays.

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La police suédoise regarde Salwan Momika, qui a fui l’Irak pour la Suède il y a plusieurs années, tenir un discours avant de brûler le livre sacré musulman devant une mosquée à Stockholm, le 28 juin 2023, pendant les vacances de l’Aïd al-Adha. (AFP)

Dirigée par l’anthropologue Francirosy Barbosa, professeure à l’Université de Sao Paulo et elle-même musulmane convertie, l’étude comprend une enquête menée auprès de 653 musulmans. Elle montre que la plupart d’entre eux ont déjà souffert d’une sorte d’islamophobie.

«La majorité des personnes interrogées sont des femmes, ce qui montre déjà que ce sont elles qui en souffrent le plus», déclare l’anthropologue à Arab News.

Environ 54% des hommes qui ont participé à l'étude – à la fois ceux qui sont nés musulmans et ceux qui se sont convertis à l’islam – affirment avoir ressenti une forme de gêne en raison de leur religion. La plupart des incidents se seraient produits dans la rue, au travail ou à l’école.

Les proportions sont plus élevées chez les femmes. En effet, 66% de celles qui sont nées musulmanes déclarent avoir été victimes d’offense ou d’agression en raison de leur foi. Il en est de même pour 83% des femmes qui se sont converties à l’islam.

De nombreux incidents concernent des blagues ou des commentaires subtils. Par exemple, une personne qui traite son collègue au travail de «kamikaze» après avoir découvert qu’il était musulman, ou encore une femme qui insiste pour que son amie ne porte pas de voile parce que c’est le symbole de la domination masculine.

Mais l’étude fait également état de cas graves de violence physique, comme cet agresseur inconnu qui a pulvérisé de l’insecticide dans les yeux d’une femme qui portait le hijab ou cette fille qui a été battue par un homme dans la rue après être sortie d’une mosquée.

Les femmes converties «sont les principales victimes de l’islamophobie parce qu’elles sont plus vulnérables. Beaucoup d’entre elles viennent de quartiers pauvres et doivent utiliser les transports en commun», précise l’anthropologue. Elles doivent également faire face aux pressions de leur propre famille. Beaucoup d’entre elles renoncent à porter un voile après avoir été agressées, ce qui leur «inflige de la souffrance parce qu’elles sentent qu’elles ne respectent pas un commandement divin», ajoute Francirosy Barbosa.

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Au Brésil, les cas de harcèlement qui ciblent particulièrement les musulmanes sont en augmentation. (Photo fournie)

L’enseignante ajoute que l’islamophobie s’est développée au Brésil sous l’ancien président Jair Bolsonaro, entre 2019 et 2022, lorsque plusieurs groupes antimusulmans sont devenus plus puissants.

«À cette époque, les églises évangéliques prosionistes étaient en plein essor, par exemple», explique Mme Barbosa. Les personnes interrogées dans le cadre de l’enquête déclarent que les chrétiens évangéliques sont le groupe religieux qui les discrimine le plus.

L’anthropologue a été invitée plus tôt cette année à participer à un atelier organisé par le ministère des Droits de l’homme et de la Citoyenneté afin d’évoquer les discours de haine.

Son étude sur l’islamophobie a été présentée au groupe et fera partie de son rapport final, qui orientera la politique gouvernementale de lutte contre l’intolérance.

«Dans notre étude, nous avons inclus quelques lignes directrices pour la lutte contre l’islamophobie, comme la nécessité d’investir dans l’éducation aux religions et à l’islam. Maintenant, ces suggestions pourraient enfin voir le jour avec le nouveau gouvernement [du président Luiz Inacio Lula da Silva]», poursuit l’anthropologue.

En Argentine, les militants contre l’islamophobie comptent également sur des partenariats avec des institutions gouvernementales.

En 2022, l’organisation Islam para la Paz («Islam pour la paix») a signé un accord avec l’Institut national contre la discrimination, la xénophobie et le racisme – connu sous l’acronyme espagnol «Inadi» – dans le but de promouvoir la coopération contre la discrimination religieuse.

Melody Amal Khalil Kabalan, qui dirige Islam para la Paz, soutient que de nombreux organes de presse diffusaient des informations erronées sur le Qatar lorsqu’il a accueilli la Coupe du monde de football, l’année dernière. Son organisation et l’Inadi ont donc mis en place un atelier sur le pays pour les journalistes.

«Cette année, nous organiserons un programme appelé École sans discrimination, qui comprendra des ateliers sur les habitudes islamiques pour les élèves», déclare-t-elle à Arab News.

Bien que l’islamophobie en Argentine ne soit pas comparable à ce qui se passe dans les pays européens, on assiste à une augmentation des cas ces derniers temps, indique-t-elle encore. La plupart des cas concernent des femmes, comme au Brésil.

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En Argentine, même les burkinis discrets dans les lieux publics pourraient susciter la haine puisqu’ils sont associés à l’islam. (Photo fournie)

«Il y a eu un incident particulièrement commenté: il a été interdit à une femme d’entrer dans une piscine de la ville de Mendoza parce qu’elle portait un burkini», souligne la directrice d’Islam para la Paz.

«Dans d’autres situations, des responsables gouvernementaux ont interdit à des femmes de se faire prendre en photo en hijab pour des documents officiels, ce qui est pourtant leur droit.»

Les victimes de l’islamophobie peuvent signaler les incidents à l’Inadi, mais beaucoup ne le font pas «parce qu’elles pensent que les autorités ne défendront pas les musulmans comme elles défendent d’autres groupes», ajoute-t-elle.

«Cette perception découle sans doute du fait que, en Argentine, nos communautés ne sont pas aussi organisées que d’autres pour résister à la discrimination.»

Elle précise qu’il appartient aux musulmans d’informer et d’éduquer la société argentine au sujet de leurs besoins et de leurs spécificités.

«Nous avons la responsabilité de parler aux gens de notre mode de vie. Ce n’est pas seulement le problème du gouvernement», poursuit-elle.

Islam para la Paz a récemment créé un observatoire chargé des affaires musulmanes et recueille des informations sur les problèmes des communautés.

En Colombie, un groupe de femmes dirigé par Maria José Acevedo Garcia a créé il y a cinq ans la Fondation islamique Assalam, destinée aux femmes musulmanes colombiennes. Son but est de protéger les femmes musulmanes et de lutter contre l’islamophobie.

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Maria José Acevedo Garcia lors d’un événement portant sur la liberté religieuse en Colombie. (Photo fournie)

Maria José Acevedo Garcia déclare que les incidents les plus courants concernent la discrimination à l’école, sur le lieu de travail et dans les agences gouvernementales.

«Les femmes sont parfois victimes de discrimination parce qu’elles portent le hijab au travail. Dans ce genre de cas, j’envoie une lettre au responsable de l’entreprise et programme une visite dans les locaux afin d’informer les gens sur l’islam», souligne-t-elle à Arab News.

Élevée dans une famille catholique, elle s’est convertie à l’islam il y a vingt ans. Au début, elle entendait souvent des commentaires offensants et se mettait en colère, mais, avec le temps, elle «a appris à réagir calmement et à éduquer les gens».

«Assalam se rend fréquemment dans les écoles et les universités pour proposer des ateliers contre la discrimination. C’est le seul moyen de changer les choses.»

Pendant les crises qui ont eu lieu dans les pays musulmans – comme la guerre en Syrie et la prise de contrôle des talibans en Afghanistan –, l’islamophobie augmente généralement, précise-t-elle.

«Les agressions physiques ne sont forcément pas nombreuses, mais des incidents au cours desquels des personnes ont tenté d’enlever le hijab d’une femme dans les transports en commun ont déjà été signalés», précise-t-elle.

Assalam a récemment rencontré les autorités gouvernementales afin de leur présenter les besoins des femmes musulmanes en Colombie.

Des problèmes surviennent souvent à l’aéroport, par exemple, lorsque des femmes qui viennent de pays musulmans sont contraintes d’enlever le hijab lors de l’inspection.

La responsable de la fondation espère que davantage d’employés du gouvernement comprendront l’essence de l’islam à l’avenir.

Au Mexique, où la communauté musulmane s’est développée ces dernières années, l’islamophobie est perceptible dans les arts, les livres et l’actualité, où «les expressions négatives sont couramment employées au sujet de l’islam», signale l’anthropologue Samantha Leyva Cortes à Arab News.

Dans le cadre d’études sur les communautés musulmanes de Mexico et de San Cristobal de Las Casas, de nombreuses femmes ont informé Samantha Leyva Cortes qu’elles étaient traitées comme des étrangères en raison de leur hijab.

«Les commerçants supposent souvent qu’elles ne sont pas originaires du Mexique et leur font payer un produit plus cher que son prix», rapporte-t-elle.

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Sonia Garcia, une Mexicaine convertie à l’islam, s’est associée à Mayte Gutierrez, une autre Sud-Américaine convertie à l’islam, pour aider à construire et à exploiter un tout nouveau centre. Son objectif est d’aider les musulmans à se sentir davantage chez eux à Tijuana. (Photo: The Latina Muslim Foundation)

Les femmes qui portent le hijab doivent faire face à toutes sortes de remarques sexistes dans la rue et dans les transports en commun, soutient Samantha Leyva Cortes.

«Les gens les prennent généralement pour des femmes passives et privées de leurs droits. Elles ne considèrent pas que le port du hijab est leur choix», poursuit-elle.

Toutefois, ces derniers temps, les jeunes générations ont ouvert de nouvelles voies. De nombreuses femmes musulmanes sont désormais présentes sur les réseaux sociaux et dans l’espace public.

«Beaucoup de conversions se déroulent en ligne. Internet est donc un espace important pour elles», ajoute l’anthropologue.

Mme Barbosa déclare pour sa part que la plupart des dirigeants musulmans ne gèrent pas l’islamophobie de la bonne manière. «En général, ils ne se préoccupent que de répandre la religion et pensent que parler de discrimination et de violence est une mauvaise chose, qui peut soulever davantage de problèmes encore», explique-t-elle.

Son objectif est désormais de mener la même enquête dans d’autres pays d’Amérique latine afin que les problèmes liés à l’islamophobie que connaît l’ensemble de la région soient connus et que les communautés et les gouvernements puissent agir.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.


Désarmement du Hamas à Gaza: Kushner dit espérer des "progrès" d'ici 30 jours

La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
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  • Kushner vise un début de désarmement du Hamas sous 30 jours, sous supervision américaine
  • Israël conditionne toute reconstruction de Gaza au désarmement total du Hamas

WASHINGTON: L'émissaire américain Jared Kushner a dit lundi espérer un début de désarmement du Hamas d'ici "30 jours", qui se ferait sous supervision d'un général américain, après avoir rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous pourrions constater des progrès d'ici à peine 30 jours, avec, espérons-le, le début du retrait d'une partie des armes, et, espérons-le également, le comblement de certains tunnels au cours des 60 à 90 prochains jours", a-t-il déclaré depuis Tel Aviv à la chaîne américaine Fox News.

"Des progrès pourraient donc intervenir assez rapidement, mais cela nécessite la coopération des deux parties, et nous espérons bien sûr surmonter cette épreuve", a ajouté le gendre de Donald Trump.

Selon un responsable israélien, Israël et les États-Unis sont convenus lundi de charger un général américain de superviser le désarmement du Hamas.

Un tel accord vise à satisfaire Israël, après que M. Netanyahu, confronté à une difficile campagne de réélection, a rejeté publiquement le dernier volet d'un plan américain de sortie de guerre dans la bande de Gaza.

"On a eu une très, très bonne réunion aujourd'hui. On a passé près de quatre heures avec lui et son équipe à passer en revue tous les détails (...) et à dissiper certains malentendus", a affirmé M. Kushner, qui avait rencontré la veille des responsables du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien avait donné son accord fin juillet à ce plan américain prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien, occupé à plus de 60% par Israël.

Dimanche, M. Kushner avait rencontré des membres de la direction du Hamas, insistant, selon des sources proches des négociations, sur le désarmement du mouvement et appelant à des mesures "vérifiables".

"Ils ont dit tout ce qu'il fallait mais, à l'évidence, il est très très difficile de leur faire confiance", a dit l'émissaire américain à Fox News au sujet de sa rencontre avec le Hamas.

- "Hors service" -

MM. Netanyahu et Kushner "sont convenus qu'aucun redéploiement ni aucune reconstruction n'auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l'ensemble" du territoire, a affirmé à l'AFP un haut responsable israélien.

"Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu'elles soient mises hors service sous la supervision d'un général américain", a ajouté ce responsable.

M. Kushner était accompagné de membres du "Conseil de paix" de Donald Trump, notamment l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Selon un responsable de cet organe, qui n'a pas confirmé l'implication d'un général américain, "chaque arme collectée sera entièrement mise hors service".

- Pressions -

L'administration Trump a déjà nommé le général américain Jasper Jeffers à la tête de la Force internationale de stabilisation (ISF) appelée à se déployer à Gaza aux termes du plan du président américain, avalisé par l'ONU, qui a conduit à un cessez-le-feu, précaire, en octobre 2025.

Telle que rendue publique par le "Conseil de Paix" en juillet, la feuille de route prévoit que le désarmement du Hamas aille de pair avec le retrait israélien et soit supervisé par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens censé gérer provisoirement le territoire.

En rejetant ce texte, M. Netanyahu avait exigé un désarmement "véritable" du Hamas, dont l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre à Gaza.

Au pouvoir dans ce territoire depuis 2007, le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au NCAG.

M. Kushner avait insisté dimanche sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources proches des négociations.

Le mouvement palestinien avait de son côté appelé à exercer des pressions sur M. Netanyahu pour débloquer la mise en oeuvre de la feuille de route, avait indiqué un responsable du Hamas à l'AFP.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent comme terroriste.

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté et en demande d'aide humanitaire.

Au moins 1.265 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont l'ONU juge les chiffres fiables.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense tués.


Niger: plusieurs soldats tués dans des attaques d'un groupe rebelle dans le Nord

Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
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  • Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger
  • "Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails

ABIDJAN: Plusieurs soldats ont été tués dans des attaques menées vendredi par un groupe rebelle contre des positions des forces nigériennes à Séguédine, dans l'extrême nord désertique du pays, a appris l'AFP dimanche de sources sécuritaire et locale.

Séguédine est une petite localité-oasis située dans l'extrême nord-est du Niger, un point de transit pour les flux migratoires vers la Libye et l'Europe.

Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger.

"Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails.

Dimanche après-midi, les autorités nigériennes n'avaient pas encore communiqué sur ces attaques.

Un habitant de Bilma, le département qui administre Séguédine, a déclaré à l'AFP que ces attaques ont "fait des morts et une partie du camp militaire et des véhicules ont été incendiés" par les assaillants.

Les attaques ont été revendiquées samedi par les rebelles du Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), qui ont affirmé avoir fait "15 victimes dans les rangs des FDS" (Forces de défense et de sécurité) nigériennes, dans un communiqué publié samedi sur sa page Facebook.

L'AFP n'a pas pu confirmer dans l'immédiat ce bilan de sources indépendantes.

Le MPLJ est un groupe rebelle qui soutient le président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d'Etat en juillet 2023 et détenu depuis.

Selon ce mouvement, ses "forces ont mené une opération contre le camp de la Garde nationale" et un "poste mixte de la police, de la gendarmerie et de la douane" de Siguédine.

Le MPLJ souligne que "les affrontements" avec l'armée "ont occasionné d'importants dégâts matériels" et dit avoir "emporté du matériel roulant et une quantité d'armes et des munitions".

Ce groupe mène depuis deux ans des attaques sporadiques contre l'oléoduc long de 2.000 km qui achemine le pétrole brut nigérien vers le Bénin, pays côtier voisin.

En février, l'armée nigérienne avait repoussé vers le Tchad une attaque du MPJL visant cet oléoduc dans le nord-est qui abrite des puits de pétrole.

Le MPLJ et son leader Moussa Konaï, qualifiés de "terroristes" par Niamey, réclament notamment le retour à l'ordre constitutionnel au Niger, dirigé par le général Abdourahamane Tiani.