Frankly Speaking: Deux ans plus tard, à quoi devrait-on s’attendre en Afghanistan sous le régime taliban?

S’adressant à Katie Jensen, dans le dernier épisode de l’émission « Frankly Speaking » d’Arab News, Suhail Shaheen déclare que les talibans avaient hérité d’une économie faible et d’un pays extrêmement appauvri lorsqu’ils ont pris le pouvoir à Kaboul en août 2021. (Photo, capture d'écran)
S’adressant à Katie Jensen, dans le dernier épisode de l’émission « Frankly Speaking » d’Arab News, Suhail Shaheen déclare que les talibans avaient hérité d’une économie faible et d’un pays extrêmement appauvri lorsqu’ils ont pris le pouvoir à Kaboul en août 2021. (Photo, capture d'écran)
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Publié le Mardi 18 juillet 2023

Frankly Speaking: Deux ans plus tard, à quoi devrait-on s’attendre en Afghanistan sous le régime taliban?

  • Suhail Shaheen accuse les puissances occidentales « qui ont imposé les sanctions et renforcé les seigneurs de la guerre » d’être à l’origine de la crise économique
  • Concernant les affrontements frontaliers avec l’Iran en mai de cette année, le dirigeant taliban déclare que le problème est enraciné dans le traité de partage de l’eau de 1973 entre les deux pays

RIYAD : Un haut dirigeant taliban a admis que son pays faisait face à une situation économique difficile en raison de sanctions éreintantes et d’un manque de reconnaissance de la part de la communauté mondiale.

S’adressant à Katie Jensen, dans le dernier épisode de l’émission « Frankly Speaking » d’Arab News, Suhail Shaheen déclare que les talibans avaient hérité d’une économie faible et d’un pays extrêmement appauvri lorsqu’ils ont pris le pouvoir à Kaboul en août 2021.

« La pauvreté que nous connaissons aujourd’hui provient du passé, de ces vingt années au cours desquelles des forces étrangères étaient présentes en Afghanistan », dit-il.

Bien qu’on dise que les puissances occupantes ont investi des milliards de dollars dans le pays, ajoute-t-il, « cet argent a été versé dans les poches des seigneurs de la guerre. Les gens ordinaires ont continué de vivre en dessous du seuil de pauvreté ».

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Suhail Shaheen lors de son entretien avec Frankly Speaking. (Photo, capture d'écran).

Cette situation s’est aggravée, affirme-t-il, lorsque des sanctions économiques ont été imposées à l’Afghanistan après que les talibans ont pris le contrôle du pays, puisque les restrictions ont conduit à davantage de pauvreté.

Il rejette toute responsabilité dans la détérioration de la situation en Afghanistan depuis que les talibans ont pris le pouvoir, et accuse plutôt les puissances occidentales « qui ont imposé les sanctions et renforcé les seigneurs de la guerre » d’être à l’origine de la crise économique.

« Nous œuvrons pour résoudre ces problèmes et il existe de grands projets comme la construction de routes qui génèrent des revenus internes », précise-t-il.

Il se montre évasif en parlant des restrictions imposées à l’éducation des femmes. Parfois, ses déclarations étaient très contradictoires et il était sur la défensive.

Au début, il soutient qu’il n’y avait aucune interdiction à ce que les femmes étudient. Mais une fois confronté à des faits irréfutables sur l’interdiction d’accès des femmes aux écoles et aux établissements d’enseignement supérieur, il tente de justifier cela en disant : « Mais l’éducation devrait être conforme à nos règles et à nos valeurs ».

Lorsqu’on lui dit que tous les pays musulmans et islamiques du monde offrent des possibilités d’éducation complètes aux femmes dans les collèges et les universités, le dirigeant répond : « Les femmes devraient avoir accès à l’éducation dans un environnement islamique. Le nôtre est une société islamique et quand il y aura un environnement adéquat, elles auront le droit d’avoir accès à l’éducation.

Il considère que les relations politiques du pays avec ses voisins sont fondées sur le respect mutuel et a longuement évoqué les récents affrontements frontaliers entre les forces afghanes et iraniennes, les relations tendues du pays avec le Pakistan et l’évolution de ses liens avec les États-Unis sous l’administration Biden.

Il indique que l’ONU doit examiner la situation sur le terrain, affirmant que la décision de l’ONU et de nombreux pays de ne pas reconnaître les talibans « se base sur des motivations politiques plutôt que les réalités sur le terrain ».

Il insiste sur le fait que les talibans ont actuellement pris le contrôle de tout l’Afghanistan. « Nous avons sécurisé toutes les frontières. Nous contrôlons tout le pays. Nous sommes capables de défendre notre peuple et notre pays. Nous avons le soutien du peuple », insiste-t-il.

Évoquant les relations du Pakistan avec son voisin sous le régime taliban, il affirme que l’Afghanistan est un pays indépendant, avant d’ajouter : « Nous avons libéré notre pays. Nous nous sommes battus pendant vingt ans contre cinquante-quatre pays ».

« Nous sommes des gens épris de liberté. Nous voulons une coexistence pacifique et des liens non seulement avec nos voisins, mais avec le monde entier ».

Il déclare que les talibans ne permettraient à personne d’utiliser le territoire afghan comme base pour des opérations contre les pays voisins ou toute autre nation, y compris les États-Unis.

Il cherche à faire comprendre que les talibans n’ont aucun lien avec les forces de sécurité pakistanaises. « Notre politique est la coexistence pacifique et les relations positives avec les voisins d’autres pays », souligne-t-il. « Quant à leurs politiques, il faudra leur demander ».

Répondant à l’accusation du Pakistan – une source majeure de friction entre les deux voisins – selon laquelle les talibans soutiennent et hébergent le Tehreek-e-Taliban Pakistan, un groupe terroriste interdit au Pakistan, le dirigeant affirme que le TTP n’était « pas en Afghanistan ».

Il soutient que le TTP opère à partir des zones tribales anarchiques du Pakistan : « Ils sont à l’intérieur du Pakistan. C’est donc leur responsabilité et non la nôtre ».

Concernant les affrontements frontaliers avec l’Iran en mai de cette année, le dirigeant taliban déclare que le problème est enraciné dans le traité de partage de l’eau de 1973 entre les deux pays, faisant référence à un accord en vertu duquel l’Afghanistan s’est engagé à partager l’eau de la rivière Helmand avec l’Iran à un certain taux.

Selon lui, le problème devrait être réglé sur la base du traité de 1973, ainsi que les évolutions qui se sont produites depuis sa signature, y compris le changement climatique.

« Mais si quelqu’un utilise la force, nous défendrons notre peuple. C’est notre droit. Nous ne violons les droits de personne », renchérit-il.

Insistant sur le fait que les Iraniens « ont attaqué nos forces », il affirme : « Nos forces doivent se défendre et c’est ce qui s’est passé. L’autodéfense est notre droit et personne ne peut nous imposer des accords basés sur l’usage de la force ».

Il dit que « les hauts responsables » des parties iranienne et afghane «se sont réunis pour résoudre le problème au moyen de pourparlers ».

Lorsqu’on lui demande si les Afghans avaient les moyens, l’armée et la volonté de tenir tête à l’Iran, il fait un commentaire révélateur : « Ce qui s’est passé au cours des 20 dernières années est une bonne preuve de la façon dont nous défendons notre pays ».

Lorsqu’il déclare que le territoire afghan ne serait pas utilisé pour former des terroristes étrangers, on lui rappelle la présence du chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, qui se trouvait à Kaboul lorsqu’il a été tué lors d’une frappe de drone américain en juillet de l’année dernière. Cependant, le dirigeant taliban rejette cette théorie qu’il considère comme une simple allégation.

« Si les journalistes affirment qu’il y a des centres de formation, alors ils devraient nous dire où sont situés ces centres », dit-il. « Si quelqu’un est assis à son bureau à 10 000 kilomètres et qu’il écrit des rapports en se basant uniquement sur ce qui est écrit dans les médias, comment cela peut-il refléter la réalité en Afghanistan » ?

« Ces rapports ne sont pas basés sur ce qui se passe en Afghanistan; ils répondent à des motivations politiques. Ce ne sont que des allégations ».

Les talibans ont récemment salué les propos tenus par le président américain Joe Biden en marge d’une conférence de presse le 30 juin sur le retrait des forces américaines d’Afghanistan en 2021. Le président Biden nie que des erreurs aient été commises lors du retrait, déclarant : « Vous vous souvenez de ce que j’ai dit sur l’Afghanistan? J’ai dit qu’Al-Qaïda ne serait pas là. J’ai dit que nous allions obtenir de l’aide des talibans. Qu’est-ce qui se passe maintenant ? Lisez la presse. J’avais raison ».

Néanmoins, Suhail Shaheen rejette l’idée que les talibans coopèrent avec les États-Unis. « Nous avons l’accord de Doha. Sur la base de cet accord, les Américains ont accepté de retirer leurs forces d’Afghanistan, et nous avons décidé de ne permettre à personne d’utiliser l’Afghanistan comme terrain pour combattre les États-Unis », dit-il.

« C’est notre engagement et nous l’honorerons. Nous opérons de manière indépendante, sans aucun gouvernement – voisin, régional ou n’importe où dans le monde – y compris les États-Unis ».

Cependant, il indique que les relations des talibans avec les États-Unis avaient changé depuis « l’occupation ».

« Quand ils ont occupé notre pays, nous nous sommes battus contre eux pour libérer notre pays. Si votre pays est occupé, ne vous battriez-vous pas pour le libérer ?»

« C’est ce que nous avons fait et maintenant nous construisons notre pays. Notre objectif est d’éradiquer la pauvreté et d’offrir des possibilités d’emploi à notre peuple. Pour cela, nous avons besoin de la coopération de tous les pays, et s’ils le souhaitent, nous les accueillons ».

Il lance un appel à la communauté mondiale pour qu’elle vienne au secours des agriculteurs afghans qui ont abandonné la culture du pavot.

« Au cours des vingt dernières années, les forces étrangères affirment avoir dépensé des milliards de dollars pour éradiquer la culture du pavot, mais elles ont échoué. Elles essayaient également d’empêcher le trafic de drogue, mais elles ont échoué », soutient-il.

« Nous avons désormais une interdiction totale de la culture du pavot conformément au décret d’avril 2022 de notre guide suprême (Hibatullah Akhundzada). Et nous avons réussi. Des rapports indépendants indiquent que la culture du pavot a diminué de 80%, mais selon nos statistiques, elle a diminué davantage. Nous y sommes parvenus par nos propres voies et moyens ».

Un rapport publié le mois dernier par la société d’analyse géospatiale Alcis indique que de récentes images satellites montrent une diminution « sans précédent » de la culture du pavot à opium en Afghanistan. En effet, la culture dans les provinces du sud les plus productrices a diminué d’au moins 80% par rapport à l’année dernière.

« La communauté internationale a désormais l’obligation d’aider les agriculteurs (afghans) et de leur fournir des cultures de substitution afin de rendre l’interdiction durable », poursuit-il.

« En Afghanistan, les agriculteurs ont deux ou trois acres de terre, ce qui n’est pas suffisant pour nourrir leur famille. La communauté internationale devrait soutenir les agriculteurs qui respectent l’interdiction et qui ont cessé de cultiver du pavot ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.


L'Iran dit avoir visé des cibles militaires américaines à Bahreïn et au Koweït

Une image satellite montre de la fumée s'élevant à proximité d'une installation pétrolière dans le gouvernorat d'Ahmadi, au Koweït, le 18 juillet 2026. L'Iran cible le Koweït dans le cadre de frappes de représailles en réponse aux attaques américaines. (Union européenne/Copernicus Sentinel-2 via Reuters)
Une image satellite montre de la fumée s'élevant à proximité d'une installation pétrolière dans le gouvernorat d'Ahmadi, au Koweït, le 18 juillet 2026. L'Iran cible le Koweït dans le cadre de frappes de représailles en réponse aux attaques américaines. (Union européenne/Copernicus Sentinel-2 via Reuters)
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  • L'Iran affirme avoir ciblé des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, notamment des systèmes de défense antiaérienne, des radars et des équipements de localisation
  • Selon les autorités iraniennes, trois bases américaines au Koweït ont également été visées par des drones, tandis que Téhéran menace de nouvelles attaques plus puissantes

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé mardi avoir visé des cibles militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, selon l'agence officielle Irna.

L'armée idéologique de l'Iran a dit avoir frappé deux systèmes de défense antiaériens et une installation radar sur deux avant-postes américains à Bahreïn.

Les Gardiens ont également affirmé avoir touché des dispositifs de missiles défensifs et des systèmes de réception radar et satellite au Koweït. "L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", après cette attaque d'installations de repérage, ont-ils dit dans un communiqué diffusé par Irna.

Dans une autre déclaration portée par la télévision d'Etat, l'armée iranienne indique avoir frappé "trois importantes bases américaines au Koweït" avec des drones suicide. Sur celle d'Arifjan, elle explique avoir visé des bâtiments administratifs et des systèmes de localisation, une hélistation sur celle d'Al-Udairi, et un baraquement sur la base aérienne Ahmad Al-Jaber.


L'Espagne championne du monde de foot: Madrid fait la fiesta pour sa Roja

Rodri soulève le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers pour célébrer leur victoire au Mondial. (Reuters)
Rodri soulève le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers pour célébrer leur victoire au Mondial. (Reuters)
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  • Madrid a célébré dans une ambiance de liesse la deuxième Coupe du monde de l’Espagne après sa victoire 1-0 contre l’Argentine en prolongation, avec des milliers de supporters réunis dans les rues
  • Les supporters ont prolongé les festivités toute la nuit et attendaient le retour des champions pour le défilé et les célébrations prévues à la place de Cibeles

MADRID: Il est presque minuit, Madrid s'embrase au coup de sifflet final: l'Espagne vient de remporter sa seconde Coupe du monde et les cris de joie et vuvuzelas retentissent dans le centre, où des milliers de supporters s'étaient rassemblés pour suivre la finale sur un écran géant.

"Je suis euphorique, je n'arrive pas à y croire!" s'exclame depuis la place Colon Diego González, large sourire au lèvres, à l'issue du match qui a vu son pays vaincre l'Argentine en prolongation (1-0).

Autour de lui, des supporters craquent des fumigènes et des klaxons de voiture retentissent dans les rues adjacentes.

Diego n'a que 25 ans, mais ce second sacre lui rappelle le premier en 2010 en Afrique du Sud: "on avait gagné l'Euro" en 2008, "puis la Coupe du monde: il y a deux ans, et là on a gagné l'Euro et on vient de gagner le mondial à nouveau".

Une marée humaine vêtue des couleurs du drapeau espagnol, rouge et jaune, entonne en choeur le tube de Queen "We are the champions" et agite des drapeaux.

- Faire la fête à tout prix -

"C'est fou" de le chanter, "car à un moment on n'y croyait plus", raconte Alejandra Silva, 26 ans, maillot sur le dos, au milieu d'une foule euphorique.

Pour son amie Ángela Lambea, 30 ans, "on le méritait, on a très bien joué, on a eu le ballon tout le temps, l’Argentine ne l’a presque pas touché, donc on est très émues".

Toutes les deux pensent continuer à faire la fête pour célébrer la victoire de la Roja "mais on ne sait pas encore" où et comment, "et demain nous travaillons".

Partout dans Madrid, des feux d'artifice éclatent dans le ciel torride de cette nuit d'été.

A bord d'un avion atterrissant à Madrid peu après le sacre de l'Espagne, un pilote de la compagnie espagnole Iberia n'a pu retenir sa joie et a annoncé au micro :"Nous sommes champions du monde, mesdames et messieurs les passagers", avant de diffuser également le tube de Queen.

Entonnant des chants et sautant de joie, les supporters s'exclamaient  "Campeones, campeones !" ("Champions, champions !") et "Que viva España ! ("Vive l'Espagne !").

Ce nouveau titre planétaire résonne particulièrement dans ce pays passionné de football où ce sport fédère ses 50 millions d'habitants, dont une partie de la jeune génération n'avait d'ailleurs pas vécu le premier sacre de la "Selección" en Afrique du Sud.

John Molina, 40 ans, se souvient pourtant très bien de la première étoile de son équipe, "un rêve" à l'époque". Seize ans plus tard, "les gens y croyaient déjà" avant la fin du match, selon lui.

Et il sait déjà où il va continuer les festivités; "on va tous à Cibeles", la place où se rassemblent habituellement les supporters du Real Madrid pour célébrer les titres du club.

C'est aussi là que sont attendus les champions du monde dans quelques heures, à l'issue d'un défilé dans les rues de Madrid à bord d'un bus à impériale.