Cisjordanie: des responsables de l’ONU visitent le camp de réfugiés de Jénine pris pour cible par Israël

Maison endommagée par l’opération militaire israélienne du 3 au 5 juillet dans le camp de réfugiés de Jénine. (Unrwa)
Maison endommagée par l’opération militaire israélienne du 3 au 5 juillet dans le camp de réfugiés de Jénine. (Unrwa)
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Publié le Jeudi 13 juillet 2023

Cisjordanie: des responsables de l’ONU visitent le camp de réfugiés de Jénine pris pour cible par Israël

  • Le camp de Jénine, qui abrite environ 24 000 personnes, est le terrain de violences extrêmes depuis deux ans et cette année est particulièrement instable
  • Les responsables de l’Unrwa affirment que leur priorité est désormais d’aider à rétablir un sentiment de normalité en reprenant les services, notamment l’éducation, la santé et l’assainissement

LONDRES: De hauts responsables de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (Unrwa) ont visité le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, à la suite d’une offensive israélienne meurtrière récente. 

L’opération militaire israélienne de deux jours est la plus dévastatrice depuis plus de vingt ans. Elle a fait au moins 12 morts, dont 4 enfants, et 140 blessés. Environ 900 maisons ont été endommagées et nombre d’entre elles sont désormais inhabitables. 

La commissaire générale adjointe de l’Unrwa, Leni Stenseth, déclare: «La destruction dont j’ai été témoin est choquante. Certaines maisons ont été complètement incendiées, les voitures écrasées contre les murs et les routes endommagées.» 

«Mais au-delà des dégâts physiques, j’ai pu lire tout le traumatisme dans les yeux des résidents du camp qui avaient été témoins de la violence. Je les ai entendus parler de leur épuisement et de leur peur», ajoute-t-elle. 

Le centre de santé de l’Unrwa au sein du camp a été si gravement endommagé qu’il n’était plus opérationnel. De légers dégâts ont été causés à quatre des écoles de l’agence dans le camp. Si certains élèves sont retournés en classe, la fréquentation reste faible et plusieurs parents affirment que leurs enfants ont peur de quitter la maison. 

Adam Bouloukos, directeur des affaires de l’Unrwa en Cisjordanie, explique: «Les enfants sont profondément bouleversés et choqués. Très peu d’élèves se sont rendus à l’école aujourd’hui, beaucoup d’entre eux avaient trop peur de quitter leur domicile. 

«Dans une salle de classe que nous avons visitée, des élèves nous ont raconté qu’ils avaient enterré un camarade de classe tué lors d’une précédente incursion, il y a à peine dix jours.» 

«Il est très difficile pour les enfants de se rendre à l’école à pied car les routes principales sont toujours impraticables. En essayant de trouver d’autres moyens d’aller à l'école, certains jeunes enfants se sont égarés. Nous nous faisons beaucoup de souci pour leur sécurité en raison des risques de munitions non explosées.» 

«La priorité est désormais de fournir un soutien mental et psychosocial pour aider les enfants à combattre leur peur et leur anxiété», poursuit-il. 

Le camp de Jénine, qui abrite environ 24 000 personnes, est le terrain de violences extrêmes depuis deux ans et cette année est particulièrement instable. 

M. Bouloukos ajoute: «Le camp est partiellement privé d’accès à l’électricité et à l’eau. Près de huit kilomètres de conduites d’eau et trois kilomètres de conduites d’égouts ont été détruits en raison de l’utilisation de machinerie lourde qui a endommagé en grande partie les routes.» 

«Je félicite les autorités locales et municipales dans et autour du camp de Jénine pour leurs efforts acharnés en vue d’aider les communautés à reprendre une vie normale. Elles ont fait un travail exceptionnel. L’Unrwa continuera de les soutenir au cours des jours et des semaines à venir.» 

Les responsables de l’Unrwa affirment que leur priorité est désormais d’aider à rétablir un sentiment de normalité en reprenant les services, notamment l’éducation, la santé et l’assainissement. Une autre priorité urgente est de fournir un soutien économique aux familles qui ont fui leur foyer pour les aider à payer le loyer et à remettre en état leur logement. 

La commissaire Stenseth déclare: «Nous nous sommes rendus au camp de Jénine avec nos partenaires pour exprimer notre solidarité avec les habitants et les rassurer sur le fait qu’ils ne sont pas seuls.» 

«L’Unrwa appelle ses donateurs et partenaires à débloquer immédiatement les fonds nécessaires pour notre réponse humanitaire dans le camp de Jénine.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Washington ordonne l'évacuation du personnel non essentiel de son ambassade à Beyrouth 

Ces évacuations interviennent alors que le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban. (AFP)
Ces évacuations interviennent alors que le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont ordonné "par prudence" l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth, parlant d'une "mesure temporaire"
  • "Nous évaluons en permanence la situation sécuritaire et, sur la base de notre dernière analyse, nous avons jugé prudent de réduire notre présence au personnel essentiel"

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont ordonné "par prudence" l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth, a indiqué lundi à l'AFP un responsable américain, alors que le Hezbollah, proche de l'Iran, a appelé à la "résistance" après des frappes israéliennes au Liban.

"Nous évaluons en permanence la situation sécuritaire et, sur la base de notre dernière analyse, nous avons jugé prudent de réduire notre présence au personnel essentiel", a affirmé ce responsable sous le couvert de l'anonymat, précisant que la mesure concernait aussi les proches de ces employés.

"L'ambassade reste opérationnelle avec son personnel essentiel en place", a-t-il ajouté en soulignant qu'il s'agit d'une "mesure temporaire visant à assurer la sécurité de notre personnel tout en maintenant notre capacité à fonctionner et à aider les citoyens américains".

Une source sécuritaire libanaise a précisé à l'AFP qu'environ 40 personnes avaient été évacuées lundi de l'aéroport international de Beyrouth.

Ces évacuations interviennent alors que le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban.

Les bombardements israéliens sont réguliers dans le pays, en dépit d'un cessez-le-feu ayant mis fin en novembre 2024 à la guerre entre Israël et le Hezbollah.

Par ailleurs, Donald Trump a déployé d'importantes forces navales et aériennes au Moyen-Orient alors qu'il dit envisager des frappes contre l'Iran à défaut d'un accord sur son programme nucléaire.


Riyad tête de pont du soutien arabe au Koweït après les tirs maritimes de l'Irak

`Riyad a en outre souligné l'importance de l'engagement de l'Irak à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Koweït. (FILE/AFP)
`Riyad a en outre souligné l'importance de l'engagement de l'Irak à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Koweït. (FILE/AFP)
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  • L'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et l'Égypte rejettent les revendications de l'Irak au titre des résolutions actuelles de l'ONU
  • Bagdad affirme que la nouvelle carte géographique est conforme au droit international

RIYAD: Le ministère des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite a rejeté la récente soumission de l'Irak à l'ONU sur les nouvelles frontières maritimes, qui, selon Riyad, empiète sur le territoire du Koweït.

L'Irak aurait soumis à l'ONU, en janvier et février, de nouvelles coordonnées géographiques délimitant les frontières maritimes du pays.

Dans un communiqué publié lundi sur X, le ministère du Royaume a déclaré que le dossier irakien comprenait des modifications qui s'étendaient à Khor Abdullah et à certaines parties de la zone submergée adjacente à la zone neutre saoudo-koweïtienne divisée.

Il s'agit d'une zone où le Royaume partage la propriété des ressources naturelles avec le Koweït en vertu d'accords bilatéraux contraignants. La déclaration ajoute que les amendements ont également eu un impact sur les zones maritimes du Koweït et sur les hauteurs d'eau fixes.

"Le Royaume rejette catégoriquement toute revendication suggérant l'existence de droits pour toute partie dans la zone submergée au-delà des frontières convenues entre l'Arabie saoudite et le Koweït", a déclaré le ministère.

Il a souligné que les arrangements existants sont fondés sur des accords bilatéraux et conformes à la convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982.

Riyad a en outre souligné l'importance de l'engagement de l'Irak à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Koweït.

Et d'adhérer aux résolutions pertinentes des Nations unies, en particulier la résolution 833 (1993) du Conseil de sécurité, qui a délimité les frontières terrestres et maritimes entre le Koweït et l'Irak à la suite de la guerre du Golfe de 1991.

Le Qatar a offert son soutien, affirmant que les listes de coordonnées et la carte soumises par l'Irak portaient atteinte à la souveraineté du Koweït, dans un communiqué publié dimanche par son ministère des affaires étrangères.

Le ministère "a également exprimé son espoir que les règles et les principes du droit international, et ce qui est stipulé dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, seront pris en considération".

Les Émirats arabes unis ont également exprimé leur solidarité avec le Koweït, réitérant leur soutien au pays "contre toute atteinte à sa souveraineté ou à ses intérêts nationaux". Bahreïn et Oman ont également exprimé leur solidarité avec le Koweït, rejetant toute atteinte à sa souveraineté.

L'Égypte a déclaré qu'elle suivait de près les développements concernant la frontière maritime entre le Koweït et l'Irak, et a souligné l'importance de respecter la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale du Koweït.

La Jordanie a également fait part de son soutien à la souveraineté du Koweït sur ses territoires et ses zones maritimes.

Samedi, le Koweït a convoqué le chargé d'affaires irakien au sujet des nouvelles frontières qui incluent les zones de Fasht Al-Qaid et de Fasht Al-Aij, qui, selon lui, n'ont jamais été contestées.

Le ministère irakien des affaires étrangères a déclaré que la demande était conforme au droit international.

Si les Nations unies ont délimité la frontière terrestre entre l'Irak et le Koweït après l'invasion par l'Irak de son voisin du sud en 1990, certains aspects de la délimitation maritime sont restés sensibles et devraient être abordés dans le cadre de négociations bilatérales.


Soudan: les paramilitaires revendiquent la prise d'une ville frontalière au Tchad

 Les paramilitaires soudanais ont revendiqué samedi la prise de la localité d'Al-Tina, à la frontière avec le Tchad, après s'être emparés en décembre de deux villes voisines. (AFP)
Les paramilitaires soudanais ont revendiqué samedi la prise de la localité d'Al-Tina, à la frontière avec le Tchad, après s'être emparés en décembre de deux villes voisines. (AFP)
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  • Les FSR disent avoir "pris le contrôle total de la ville stratégique d'Al-Tina, dans l'Etat du Darfour-Nord", selon un communiqué publié sur leur chaîne Telegram
  • Le gouverneur du Darfour pro-armée, Minni Minnawi, a de son côté dénoncé un "comportement criminel répété qui incarne les pires formes d'exactions à l'encontre d'innocents"

KHARTOUM: Les paramilitaires soudanais ont revendiqué samedi la prise de la localité d'Al-Tina, à la frontière avec le Tchad, après s'être emparés en décembre de deux villes voisines.

Elle était auparavant tenue par les Forces conjointes, alliées de l'armée régulière, qui est engagée depuis avril 2023 dans une guerre contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Les FSR disent avoir "pris le contrôle total de la ville stratégique d'Al-Tina, dans l'Etat du Darfour-Nord", selon un communiqué publié sur leur chaîne Telegram accompagné d'une vidéo montrant des combattants célébrant cette avancée sous une banderole au nom de la ville.

L'armée n'avait pas réagi dans l'immédiat.

Le gouverneur du Darfour pro-armée, Minni Minnawi, a de son côté dénoncé un "comportement criminel répété qui incarne les pires formes d'exactions à l'encontre d'innocents".

Les paramilitaires contrôlent la quasi-totalité de la vaste région du Darfour, dans l'ouest, depuis la prise fin octobre El-Facher, dernier bastion de l'armée.

Cette prise a été marquée, selon de nombreux rapports, par des massacres, viols et enlèvements. Jeudi, la mission indépendante d'établissement des faits de l'ONU sur le Soudan a fait état d'"actes de génocide".

Les FSR ont mené depuis plusieurs attaques près de la frontière avec le Tchad, faisant deux morts dans les rangs de l'armée tchadienne fin décembre.

La guerre au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné, dans ses heures les plus sombres, 14 millions de personnes, provoquant ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".