Un juge libanais met en examen le gouverneur de la banque centrale

Le gouverneur de la Banque centrale libanaise Riad Salamé, s’exprime lors d’une conférence de presse, Beyrouth, Liban, 11 novembre 2019. (Reuters)
Le gouverneur de la Banque centrale libanaise Riad Salamé, s’exprime lors d’une conférence de presse, Beyrouth, Liban, 11 novembre 2019. (Reuters)
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Publié le Jeudi 13 juillet 2023

Un juge libanais met en examen le gouverneur de la banque centrale

  • Le 31  juillet, la fin du mandat de Riad Salamé mettra un terme à trente années d’exercice, entachées par les récentes accusations de détournement de fonds publics libanais, tant au Liban qu’à l’étranger
  • Les représentants légaux de la journaliste libanaise Dima Sadek se préparent à faire appel du verdict rendu mardi la condamnant à un an de prison

BEYROUTH : Charbel Abou Samra, le premier juge d’instruction de Beyrouth, a mis en examen mercredi le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, afin de compléter l’enquête dont il fait l’objet avec son frère Raja Salamé et son assistante Marianne Hoayek. 

L’expiration du mandat de Salamé, le 31 juillet, mettra fin à une mission de trente ans entachée par des accusations récentes, dans le pays et à l’étranger, de détournement de fonds publics libanais. Salamé nie ces accusations. Le Premier ministre intérimaire, Najib Mikati, a déclaré qu’il ne prolongerait pas le mandat de Salamé. 

Une délégation judiciaire française et allemande, comprenant le procureur de Munich, a tenu des réunions au Palais de justice de Beyrouth, demandant à l’État libanais de perquisitionner la Banque centrale, avec la participation de la délégation, afin de rechercher des documents liés à Salamé et Hoayek dans le cadre d’enquêtes européennes sur la corruption financière. 

Riad et Raja Salamé, ainsi que Hoayek, se sont rendus au Palais de justice de Beyrouth avec leurs avocats et ont comparu devant le juge Abou Samra pour être interrogés dans le cadre d’enquêtes internes libanaises. 

Ils sont accusés de délits tels que «détournement de fonds publics, blanchiment d’argent, faux et usage de faux, enrichissement illicite, violation de la loi sur l’emploi et évasion fiscale». 

Raja Salamé et Hoayek ont quitté les lieux peu après leur séance d’interrogatoire, tandis que celle de Riad Salamé s’est poursuivie pendant trois heures en présence de son avocat, Hafez Zakhour, et de la responsable du département des litiges au ministère de la Justice, Helena Iskandar. 

Une source judiciaire a déclaré à Arab News que Riad Salamé avait répondu à toutes les questions et s’était engagé à apporter des documents lors de la prochaine séance pour prouver ce qu’il avait déclaré mercredi. La source a ajouté qu’il pourrait être convoqué à une troisième séance d’interrogatoire. 

Salamé est considéré comme un suspect dans les enquêtes libanaises jusqu’à ce que décision soit prise de l’inculper formellement. Il fait l’objet d’enquêtes judiciaires européennes pour corruption, falsification et formation d’une bande criminelle en vue de blanchir de l’argent et de détourner des fonds. 

Au début du mois, l’ancienne collaboratrice de Salamé, Hoayek, a comparu devant le tribunal de Paris pour constitution d’une bande criminelle et blanchiment d’argent en bande organisée. Cependant, Hoayek a nié les accusations et a déclaré que sa richesse venait de son père. 

La justice française soupçonne Hoayek d’avoir joué un rôle de premier plan dans un projet criminel présumé visant à aider Salamé à accumuler des biens immobiliers et des actifs financiers ainsi qu’à utiliser illégalement des fonds publics libanais dans le cadre d’un projet financier complexe. 

La justice française a ordonné la mise sous contrôle judiciaire de Hoayek, lui a interdit de communiquer avec la Banque centrale du Liban ou d’y travailler et l’a obligée à verser une garantie financière de 1,5 million d’euros (1,69 million de dollars). 

Riad et Raja Salamé ne se sont pas présentés aux audiences prévues à Paris. 

Par ailleurs, les représentants légaux de la journaliste libanaise Dima Sadek se préparent à faire appel du verdict rendu mardi, la condamnant à un an de prison dans le cadre d’un procès intenté par le Courant patriotique libre pour diffamation, la privant de ses droits civiques et lui imposant une amende de 110 millions de livres libanaises (7 326 dollars). 

Les manifestations contre le verdict judiciaire se sont poursuivies mercredi, car il s’agit du premier verdict de ce type prononcé par un juge pénal à Beyrouth à l’encontre d’un journaliste ou d’une personnalité du monde des médias. L’organe journalistique est habituellement jugé dans des cas similaires par le Tribunal de la presse, qui ne prononce pas de peines d’emprisonnement. 

Les membres de la commission parlementaire des médias et des télécommunications, qui s’est réunie mercredi sous la présidence du député du Hezbollah Ibrahim al-Mousawi, n’étaient pas d’accord sur l’émission d’une recommandation visant à soutenir les libertés des médias. Al-Mousawi a déclaré qu’il fallait faire preuve de responsabilité dans l’exercice de la liberté. 

La députée Paula Yacoubian s’est retirée de la séance, estimant que «ce que Sadek a subi est un verdict injuste, et exigeant une loi sur l’indépendance de la justice». «Nous avons demandé à la commission des médias et des télécommunications de condamner ce qui s’est passé et de dénoncer l’atteinte à la liberté des médias», a-t-elle dit. 

Le député Saad al-Asmar, du parti des Forces libanaises, a déclaré: «La division d’aujourd’hui au sein de la commission parlementaire sur les médias est honteuse, car nous ne sommes pas parvenus à un consensus pour condamner les décisions judiciaires injustes contre les médias et les journalistes, en particulier le verdict prévoyant l’emprisonnement de Sadek, que nous considérons comme une atteinte flagrante à la liberté d’expression et d’opinion garantie par la constitution.» 

Le CPL a salué le verdict prononcé contre Sadek, lui reprochant de «fabriquer des mensonges et d’accuser de manière fallacieuse les jeunes du CPL d’être racistes et leur parti d’être nazi». 

Sadek a décrit le CPL comme un parti nazi dans un tweet en 2020. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
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  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.


Iran: les Gardiens de la Révolution disent avoir détruit en Jordanie des équipements militaires américains

La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD
  • Les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD, en représailles aux frappes des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques, ainsi que de l'incendie d'un hangar présenté comme servant à la maintenance d'hélicoptères.

 

 


L'armée iranienne revendique des frappes au Koweït contre des sites militaires américains

L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
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  • L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis
  • Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha, les réservoirs de carburant de la base Ali al-Salem, ainsi que le dépôt de munitions du camp Arifjan", tous situés au Koweït.