Vacances: pas si simple pour tout le monde de déconnecter du travail

Le ministre français du Travail, Olivier Dussopt, prononce un discours lors d'un débat, le 8 juin 2023. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
Le ministre français du Travail, Olivier Dussopt, prononce un discours lors d'un débat, le 8 juin 2023. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
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Publié le Samedi 15 juillet 2023

Vacances: pas si simple pour tout le monde de déconnecter du travail

  • De plus en plus des personnes ont la hantise de tout laisser en plan et de la masse de travail à retrouver à la reprise
  • Un avocat rappelle que la déconnexion a été consacrée par la jurisprudence, puis reprise dans la loi Travail de 2016 et inscrite dans le code du travail (L2242-17), avec une obligation de négocier et à défaut de mettre en place une charte

PARIS : «Ca m'angoisse, j'ai peur de rater un truc»: couper totalement avec le travail en vacances n'est pas une évidence pour tous, un phénomène qui a tendance à s'amplifier dans une société hyper-connectée et peut avoir des incidences sur la santé.

«Je +checke+ mes mails tous les jours, mes SMS, Twitter…», même sur la plage, rapporte à l'AFP Laurence Roques, avocate au barreau du Val-de-Marne, se disant «incapable de décrocher».

«Personne ne me l’impose», mais «on se rend compte quand même qu'il y a une dictature de l’accélération du temps. Avant, les clients n’osaient pas nous déranger», dit-elle. «Tout le monde est +addict+» et cela «entraîne un cercle vicieux!».

Même crainte de «louper un truc» pour Virginie (qui préfère taire son nom). Dans la communication dans un grand groupe industriel, elle aussi regarde «tous les jours» et ne peut s'empêcher d'intervenir quand quelque chose la «chiffonne».

«Je n’ai qu’un téléphone qui fait les deux: le perso et le pro. Donc c’est très tentant, il suffit d’aller cliquer sur la boite mail», rapporte-t-elle.

Selon une étude Ipsos publiée en juin, 28% des salariés anticipaient de travailler durant leurs congés et 42% regarderont mails et messages, selon cette enquête pour Ringcentral, fournisseur de solutions de communication.

Me François Hubert, du cabinet Voltaire Avocats, rappelle que la déconnexion a été consacrée par la jurisprudence, puis reprise dans le cadre de la loi Travail de 2016 et inscrite dans le code du travail (L2242-17), avec une obligation de négocier et à défaut de mettre en place une charte.

En matière de contentieux, «le sujet commence à monter»: l'évolution des technologies et le Covid qui a amplifié le télétravail «ont peut être conduit à ce que ce droit soit plus mis en avant». Mais l'avocat relève qu'en cas de condamnation des employeurs pour non-respect de la déconnexion, les dommages et intérêts étaient «assez limités».

- «Bourreau de soi-même» -

Dans les accords ou chartes, deux principales approches existent, indique-t-il: une «autoritaire» avec coupure des accès et sanctions si le salarié ne respecte pas les règles et une «plus souple».

Pour Matthieu Trubert qui planche sur ces sujets pour la CGT cadres (Ugict), le phénomène «s’amplifie et se généralise»: tous les secteurs sont concernés et les cadres sont plus exposés, mais pas les seuls touchés.

«De plus en plus des personnes ont la hantise de tout laisser en plan» et «de la masse de travail à retrouver à la reprise», dit-il. En conséquence, certains salariés ne programment plus des messages d'absence avant de partir en vacances...

Une part substantielle d'entreprises «ont conscience» du problème. Mais qu'arrive-t-on à mettre en place, autre que des chartes ou des pétitions de principe?, s'interroge-t-il.

Le syndicaliste évoque «le syndrome de la roue du hamster». «On est quand même assez souvent le bourreau de soi-même».

Camy Puech, président de Qualisocial, spécialisé dans la santé au travail, relève qu'«on est dans une période de tension au travail», sur fond de risques d’inflation ou de récession sur l’Europe. S'ajoute une population «assez fatiguée», malgré une «forme de stabilité sur les six derniers mois» après la période Covid.

«Tous les ingrédients sont là pour qu’on ne déconnecte pas», souligne-t-il. Or, «la santé mentale, c’est comme une batterie qui se décharge et se recharge. Si on maintient la continuité, on ne recharge pas complètement». «Plus le temps passe et plus on subit, jusqu’au burn-out, avec aussi l’augmentation des tendances addictives, dépressives…».

D'autant que regarder ses messages en vacances n'est «pas très utile», estime François Sarmant, cadre dans l’industrie du logiciel. Il relève «le risque de donner des instructions sans être en mesure d’y répondre en temps et heure, ce qui va rajouter de la confusion».


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.