Violences policières: interdiction de manifester confirmée, colère des organisateurs

Un manifestant brandit un slogan qui dit "La police tue" lors d'un rassemblement à Nantes le 28 juin 2023, contre les violences policières et en solidarité avec un adolescent tué à Nanterre par la police lors d'un contrôle routier. (AFP)
Un manifestant brandit un slogan qui dit "La police tue" lors d'un rassemblement à Nantes le 28 juin 2023, contre les violences policières et en solidarité avec un adolescent tué à Nanterre par la police lors d'un contrôle routier. (AFP)
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Publié le Samedi 15 juillet 2023

Violences policières: interdiction de manifester confirmée, colère des organisateurs

  • Les juges des référés du tribunal administratif de Paris ont rejeté à la mi-journée le recours introduit par la Coordination nationale contre les violences policières pour obtenir le maintien de la manifestation, prévue à 15h00 place de la République
  • Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé dès mercredi l'interdiction de ce rassemblement, ainsi que de toute autre manifestation, jusqu'au 15 juillet inclus, «en lien direct avec les émeutes» qui ont suivi la mort le 27 juin de Nahel

PARIS: Encore une manifestation interdite: la justice a confirmé qu'un rassemblement prévu samedi après-midi à Paris contre les violences policières ne pouvait pas se tenir, suscitant la colère des organisateurs, qui l'ont exprimée en petit comité devant la presse.

Les juges des référés du tribunal administratif de Paris ont rejeté à la mi-journée le recours introduit par la Coordination nationale contre les violences policières pour obtenir le maintien de la manifestation, prévue à 15h00 place de la République.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé dès mercredi l'interdiction de ce rassemblement, ainsi que de toute autre manifestation, jusqu'au 15 juillet inclus, "en lien direct avec les émeutes" qui ont suivi la mort le 27 juin de Nahel, tué par un policier lors d'un contrôle routier à Nanterre.

Le préfet de police Laurent Nuñez avait donc pris jeudi un arrêté d'interdiction dans lequel il avait invoqué un risque de "trouble à l'ordre public" et un manque de policiers et gendarmes pour y faire face, après une séquence qui les a "fortement mobilisés".

Cette argumentation a convaincu le tribunal administratif. "Eu égard au caractère très récent des graves émeutes", au risque de troubles vu "l'objet de la manifestation" et à la "disponibilité réduite" des policiers, la mesure d'interdiction "apparaît comme étant la seule pouvant être prise", écrivent les juges dans leur ordonnance, consultée par l'AFP.

Du côté de la Coordination nationale contre les violences policières, dont sont membres plusieurs dizaines d'associations, collectifs, syndicats et partis de gauche (LFI, EELV, CGT...), l'incompréhension s'est mêlée à la colère à l'annonce de la décision de justice.

"La préfecture de police, confortée par les juges des référés du tribunal administratif de Paris, empêche tous canaux d'expression démocratique de revendications parfaitement légitimes", a réagi Me Lucie Simon, avocate des organisateurs.

La Coordination a fustigé sur les réseaux sociaux un "tribunal administratif aux ordres de (Gérald) Darmanin".

Les organisateurs ont convoqué une conférence de presse mais n'ont pas maintenu leur appel à manifester à République, où une quinzaine de véhicules des forces de l'ordre avaient été prépositionnés, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Une banderole de la Coordination a été déployée près de la place, sous surveillance de gendarmes.

"Nous ne nous tairons pas, ni ici ni ailleurs. Cette marche a été interdite alors que nous avons tout fait dans les règles", s'est insurgé devant la presse Omar Slaouti, coorganisateur de la manifestation.

"Stop aux violences d'Etat", "La clé d'étranglement tue", pouvait-on lire sur des pancartes. Une soixantaine de personnes étaient présentes, dont les députés LFI Thomas Portes et Jérôme Legavre ceints de leur écharpe tricolore ainsi que quelques "gilets jaunes".

Des proches de victimes portaient des t-shirts "Vérité pour Alassane", "Justice pour Mahamadou" ou encore "Mutilé.e.s pour l'exemple".

La figure du combat contre les violences policières Assa Traoré, soeur d'Adama - décédé peu après son arrestation par des gendarmes en juillet 2016 - n'était pas présente mais "soutient cette mobilisation", a assuré Omar Slaouti.

Policiers «au repos»

La semaine dernière, une marche dans le Val-d'Oise visant à honorer la mémoire d'Adama Traoré avait déjà été interdite.

Le préfet de ce département avait affirmé ne pas disposer de suffisamment d'effectifs pour assurer la sécurité de l'événement. "Les forces de l'ordre sont épuisées", avait-il dit devant le tribunal administratif, qui avait validé l'interdiction.

La manifestation avait alors été déplacée place de la République à Paris, mais de nouveau interdite, cette fois par le préfet de police, ce qui n'avait pas empêché environ 2 000 personnes de se rassembler le 8 juillet.

Devant le tribunal administratif samedi matin, le représentant de la préfecture de police a lui aussi invoqué la "faible disponibilité des forces de l'ordre". Le problème "n'est pas l'objet de la manifestation mais la possibilité que des individus violents" y soient présents, a-t-il argué.

Selon un responsable de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) présent à l'audience, les 10 000 policiers et gendarmes mobilisés jeudi et vendredi soir à Paris et en petite couronne "sont au repos". Ce qui ne laissait que "cinq unités, soit 300 CRS" pour encadrer la manifestation.


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.