Gabriel Attal, la poursuite de l'ascension d'un soldat de la Macronie

Nommé jeudi à la tête du ministère de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, 34 ans, poursuit une ascension remarquée (Photo, AFP).
Nommé jeudi à la tête du ministère de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, 34 ans, poursuit une ascension remarquée (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 21 juillet 2023

Gabriel Attal, la poursuite de l'ascension d'un soldat de la Macronie

  • Les partisans de Gabriel Attal louent sa «capacité de travail» et son «sens politique», autant qu'une ambition assumée
  • Ses contempteurs se désespèrent ainsi d'«un côté tête à claques du premier de la classe»

PARIS: Nommé jeudi à la tête du ministère de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, 34 ans, poursuit une ascension remarquée: s'il demeure le benjamin du gouvernement, cette jeune pousse de la Macronie s'est imposée comme un incontournable de l'exécutif.

Désormais patron du "mammouth" - il est le plus jeune sous la Vème République à s'occuper de ce premier budget de l'Etat - où il succède à Pap Ndiaye, M. Attal devra faire face à de nombreux défis: crise de recrutement d'enseignants, harcèlement scolaire, controverses sur la laïcité, etc.

Lors de la passation de pouvoirs avec M. Ndiaye, dans la cour du ministère de l'Education nationale, M. Attal s'est donné une feuille de route avec "trois priorités": "le respect de l'autorité et les savoirs fondamentaux au coeur de l'école", le non-remplacement des professeurs absents et le bien-être des élèves qui passe par la lutte contre le harcèlement scolaire.

Celui qui a fait sa scolarité dans la huppée École alsacienne à Paris avant d'être diplômé de Sciences Po a également choisi de déminer deux reproches dès son entrée en fonction: son jeune âge et son passage dans cette école privée ultra-élitiste.

"On peut avoir 34 ans et de lourdes responsabilités. Un professeur sur trois a moins de 40 ans", a-t-il mis en avant.

"Oui j'ai été à l'école privée. Je n'ai pas à renier et à m'excuser", a-t-il ajouté appelant à ne "pas critiquer les parents qui font ce choix".

La nomination de M. Attal qui a souvent témoigné d'un intérêt pour la question scolaire, vaut quoi qu'il en soit consécration, quatre ans après être devenu le plus jeune membre du gouvernement. A l'époque chargé du modeste secrétariat d'Etat à la Jeunesse, son entente était déplorable avec son ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer... dont il va désormais occuper le siège.

Ses partisans louent sa "capacité de travail" et son "sens politique", autant qu'une ambition assumée par celui dont le père était producteur de cinéma: "Si je m'étais interdit des choses, je ne serais probablement pas là où j'en suis aujourd'hui", admettait-il en juin sur Europe 1.

Ses contempteurs se désespèrent ainsi d'"un côté tête à claques du premier de la classe".

Issu de la mouvance strauss-kahnienne, ce "fils spirituel de Marisol Touraine" était passé par le cabinet de la ministre de la Santé de François Hollande. En 2016, il avait fait partie des premiers socialistes à suivre Emmanuel Macron lors de la création de son mouvement.

Après la victoire de 2017, Gabriel Attal s'était fait élire député dans un fief de droite des Hauts-de-Seine, où il a été reconduit en juin 2022.

Aplomb
En juillet 2020, lorsqu'il arrive à Matignon, le nouveau Premier ministre Jean Castex s'interroge: "A-t-on trouvé un os à ronger supplémentaire pour le jeune Gabriel?"

Pour se faire les dents, il hérite finalement du porte-parolat du gouvernement, un poste exposé qui peut autant révéler les talents que trahir les faiblesses.

De plateaux de télévision en conférences de presse à l'issue du conseil des ministres, Gabriel Attal se révèle dans cet exercice de service après-vente de la deuxième partie du quinquennat, marquée par la crise Covid, même si son aplomb le trahit parfois: il doit ainsi faire son mea culpa quand il assure qu'aucun prof ne gagnera moins de 2.000 euros par mois en 2022, alors que la mesure ne doit s'appliquer que... deux ans plus tard.

Reste qu'il s'impose au fil des mois comme l'un des rares membres du gouvernement à se faire un nom dans l'opinion publique.

De quoi gagner de nouveaux galons après la réélection d'Emmanuel Macron, qui le nomme ministre délégué aux Comptes publics au printemps 2022.

À ce poste aussi austère que stratégique, il s'est surtout attelé à en découdre avec l'extrême droite, revêtant sa cape de défenseur des classes moyennes pour tenter de reconquérir un électorat désabusé.

Son aisance médiatique certaine lui permet par ailleurs d'être l'un des ministres envoyés en première ligne pour défendre la réforme des retraites.

"Les choix budgétaires, c'est avant tout des choix politiques" qui tiennent compte de "ce qui se passe" dans le pays, confiait début juin à l'AFP celui décrit par son entourage comme "un bosseur qui s'empare rapidement des sujets". Avant de pointer une faiblesse de l'ambitieux: un dosage difficile entre "la communication et le fond".


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Short Url
  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Short Url
  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
Short Url
  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.