Pays-Bas: une exposition avec Beyoncé suscite la controverse en Egypte

L'auteure-compositrice-interprète américaine Beyonce arrive à la première mondiale du film "Le Roi Lion" de Disney au Dolby Theatre à Hollywood, en Californie, le 9 juillet 2019. (Photo de Robyn Beck / AFP)
L'auteure-compositrice-interprète américaine Beyonce arrive à la première mondiale du film "Le Roi Lion" de Disney au Dolby Theatre à Hollywood, en Californie, le 9 juillet 2019. (Photo de Robyn Beck / AFP)
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Publié le Vendredi 21 juillet 2023

Pays-Bas: une exposition avec Beyoncé suscite la controverse en Egypte

  • Une photo de Beyoncé en reine Néfertiti et une vidéo de Rihanna dansant devant des pyramides sont exposées à proximité de bustes anciens
  • Ces pièces mises en avant dans l'exposition «Kemet» - signifiant «terre noire» - au Rijksmuseum van Oudheden (Musée national des Antiquités) de Leyde ont provoqué l'ire de l'Egypte

LEIDEN, Pays-Bas : Dans un musée néerlandais, des sons de musique hip-hop résonnent aux côtés de sarcophages et de statues, dans ce que les commissaires d'exposition affirment être une tentative de montrer l'influence de l'Egypte ancienne sur des artistes aux racines africaines.

Une photo de Beyoncé en reine Néfertiti et une vidéo de Rihanna dansant devant des pyramides sont exposées à proximité de bustes anciens. Au milieu d'une pièce trône un masque doré semblant appartenir à un pharaon, puis s'avère être une sculpture moderne reproduisant la pochette d'un album du rappeur Nas.

Ces pièces mises en avant dans l'exposition «Kemet» -- signifiant «terre noire» -- au Rijksmuseum van Oudheden (Musée national des Antiquités) de Leyde ont provoqué l'ire de l'Egypte, qui aurait interdit aux archéologues du musée néerlandais d'excaver un site clé.

Le service égyptien des antiquités a déclaré que le musée «falsifiait l'histoire» avec son approche «afro-centrique» et dénoncé l'appropriation de la culture égyptienne, selon les médias néerlandais.

Certains commentaires sur les réseaux sociaux étaient «de nature raciste ou offensante» après l'explosion de la controverse, a même déploré le musée de Leyde.

Ainsi, ce qui était censé être une célébration stimulante de «l'Egypte dans le hip-hop, le jazz, la soul et le funk» est devenu l'objet d'une bataille culturelle.

- «Rien de choquant» -

Le musée au bord d'un canal de la pittoresque ville universitaire est pourtant loin de ressembler à une arène, alors qu'une poignée de visiteurs scrute les expositions un mardi matin.

Des pochettes d'albums montrant l'influence de l'Egypte ancienne sur des artistes tels que Tina Turner, Earth Wind and Fire et Miles Davis ont été installées près d'objets antiques.

Un visiteur a déclaré que la réaction égyptienne à l'exposition «informative» n'avait «aucun sens». «Ils essaient peut-être de marquer des points politiques... Rien pour moi n'était choquant», lâche Daniel Voshart, 37 ans, artiste canadien.

«Ce n'est pas comme si le gouvernement néerlandais avait payé Beyoncé pour qu'elle devienne (...) égyptienne», ajoute-t-il à l'AFP.

Contacté par l'AFP, le musée s'est refusé à tout commentaire, mais a consacré une section sur son site internet à l'«agitation» autour de l'exposition.

L'institution a promis d'effacer les commentaires offensants sur ses réseaux sociaux, et souligné que l'exposition visait à «montrer et comprendre la représentation de l'Egypte ancienne et les messages musicaux par des artistes noirs» et «montrer ce que la recherche scientifique et égyptologique peut nous dire sur l'Egypte ancienne et la Nubie».

Le commissaire de l'exposition, Daniel Soliman, est lui-même à moitié égyptien et un grand amateur de musique, ont indiqué des sources au musée.

- «Compliqué» -

L'exposition, qui a ouvert fin avril et se poursuivra jusqu'en septembre, semble avoir été entraînée dans une autre controverse.

Des experts et les responsables égyptiens se sont insurgés en avril après que Netflix a diffusé une production dans lequel une actrice noire incarne la célèbre reine Cléopâtre, insistant sur le fait qu'elle avait la «peau blanche».

Les autorités égyptiennes ont quelques mois plus tard banni les archéologues du musée néerlandais de la nécropole de Saqqarah, au sud du Caire, selon le journal amstellodamois NRC.

Le personnel du musée était pourtant actif depuis près de cinq décennies sur le vaste site connu notamment pour ses pyramides.

Contactées à plusieurs reprises par l'AFP, les autorités responsables des antiquités n'ont pas réagi.

Mais la controverse montre les difficultés lorsqu'un pays comme les Pays-Bas - qui a fait des efforts ces dernières années pour se réconcilier avec son passé colonial - essaie d'embrasser de nouvelles perspectives, pour ensuite se heurter à un nouvel ensemble de problèmes.

«Les Egyptiens ont un sens très fort non seulement de l'identité arabe mais aussi de l'identité arabe égyptienne» alors que leur relation avec l'Afrique est plus «compliquée», estime Ali Hamdan.

Mais pour ce spécialiste en géographie politique de l'Université d'Amsterdam (UvA), «il ne s'agit pas seulement de savoir si le musée comprend bien ou mal l'identité égyptienne».

«Il s'agit de deux projets différents pour donner un sens à l'Egypte ancienne. L'un est un projet culturel de ce musée, et l'autre est un projet politique de l'Etat égyptien, qui a un fort intérêt à décider qui appartient à +l'égypticité+», ajoute-t-il.


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.