Sans majorité après les législatives, l'Espagne en plein casse-tête politique

Partisans du parti conservateur Partido Popular (Parti populaire) devant le siège du PP à Madrid après les élections législatives espagnoles du 23 juillet 2023 (Photo, AFP).
Partisans du parti conservateur Partido Popular (Parti populaire) devant le siège du PP à Madrid après les élections législatives espagnoles du 23 juillet 2023 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 25 juillet 2023

Sans majorité après les législatives, l'Espagne en plein casse-tête politique

  • Au lendemain du scrutin, gauche et droite ont entamé, chacune de leur côté, des tractations aussi complexes qu'incertaines pour tenter d'échapper à un nouveau blocage
  • Déjouant tous les sondages, qui le donnaient battu depuis des mois, Pedro Sánchez est parvenu dimanche à limiter les gains de l'opposition de droite

MADRID: Sans majorité après les élections législatives, l'Espagne se trouve lundi plongée en plein casse-tête politique, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez et son rival conservateur Alberto Núñez Feijóo étant au défi de trouver une formule pour gouverner et éviter de nouvelles élections.

Au lendemain du scrutin, gauche et droite ont entamé, chacune de leur côté, des tractations aussi complexes qu'incertaines pour tenter d'échapper à un nouveau blocage comme le pays en a connu ces dernières années.

Déjouant tous les sondages, qui le donnaient battu depuis des mois, M. Sánchez est parvenu dimanche à limiter les gains de l'opposition de droite.

Le Parti populaire (PP) de M. Feijóo, arrivé en tête, a remporté 136 sièges sur un total de 350 au congrès des députés, alors que le parti d'extrême droite Vox, son seul allié potentiel, en a gagné 33. Ils ne totalisent donc à eux deux que 169 sièges, loin de la majorité absolue de 176.

Réclamant le droit de gouverner en minorité en tant que vainqueur du scrutin, le chef des conservateurs a déclaré avoir commencé dès lundi matin à établir "des contacts avec plusieurs forces politiques", dont Vox, "afin de parvenir à la formation d'un gouvernement stable".

Mais il est difficilement envisageable, selon les analystes, que M. Feijóo puisse trouver des soutiens au-delà de Vox et d'un petit parti de droite, l'UPN, qui lui a déjà apporté son soutien, car la formation d'extrême droite fait figure d'épouvantail pour nombre de petites formations régionalistes.

M. Feijóo a aussi appelé les socialistes à le laisser gouverner en s'abstenant lors d'un vote d'investiture au Parlement, mais ces derniers ont déjà fermé la porte à cette éventualité.

«Ils ne passeront pas»

Le résultat du scrutin "va ouvrir une période d'incertitude politique qui va durer des mois", estime, comme la presse espagnole, Federico Santi, analyste du groupe de réflexion Eurasia Group.

En face du PP, le Parti socialiste (PSOE) de M. Sánchez dispose de 122 députés et Sumar, son allié de gauche radicale, de 31.

Mais malgré ce score inférieur à celui de la droite, le Premier ministre conserve une chance de se maintenir au pouvoir car il est à même d'obtenir le soutien de partis basques et catalans, qui l'appuient déjà régulièrement au Parlement.

Devant des militants euphoriques - criant "No pasarán !" ("Ils ne passeront pas !"), fameux slogan antifasciste de la Guerre civile (1936-1939) -, Pedro Sánchez a de fait lui aussi revendiqué dimanche soir sa capacité à continuer de diriger l'Espagne.

"Le bloc rétrograde du Parti populaire et de Vox a été battu. Nous sommes beaucoup plus nombreux à vouloir que l'Espagne continue à avancer et il en sera ainsi", a-t-il lancé.

Avec ses 153 députés, l'alliance PSOE/Sumar aura pour cela besoin du soutien de plusieurs formations régionalistes, comme les indépendantistes catalans d'ERC ou les basques de Bildu, formation considérée comme l'héritière de la vitrine politique de l'ETA.

«Alternative à la droite»

"Nous allons être décisifs dans cette nouvelle législature", s'est réjouie lundi matin la porte-parole de Bildu, Mertxe Aizpurua, disant vouloir "essayer de collaborer et de travailler au cours des prochains mois pour qu'il y ait une alternative à la droite".

La gauche devra cependant aussi s'assurer de l'abstention du parti du séparatiste catalan Carles Puigdemont, Junts per Catalunya (JxCat), dont les dirigeants ont déjà prévenu qu'ils n'aideraient pas M. Sánchez à rester au pouvoir sans contrepartie.

Sumar a annoncé lundi avoir chargé l'un de ses responsables en Catalogne d'entamer des discussions avec Junts, devenu faiseur de rois avec ses 7 députés.

Si toutes ces conditions sont réunies, M. Sánchez pourrait alors rassembler sur son nom 172 députés, soit plus que le chef du PP, ce qui lui suffirait lors d'un deuxième vote d'investiture, où seule une majorité simple est requise.

Dans le cas contraire - qui apparaît comme le plus probable de l'avis des analystes -, l'Espagne, qui a déjà connu quatre élections générales entre 2015 et 2019, serait condamnée à un nouveau scrutin. Un scénario qui survient alors que le pays occupe jusqu'à fin décembre la présidence tournante de l'Union européenne.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Short Url
  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Short Url
  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.