Princesse Rima: Les femmes sont devenues essentielles à l’avenir économique de l’Arabie saoudite

La princesse Rima appelle à ce que davantage de femmes occupent des postes de direction en Arabie saoudite. (Conseil de l’Atlantique)
La princesse Rima appelle à ce que davantage de femmes occupent des postes de direction en Arabie saoudite. (Conseil de l’Atlantique)
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Publié le Mercredi 26 juillet 2023

Princesse Rima: Les femmes sont devenues essentielles à l’avenir économique de l’Arabie saoudite

  • La princesse Rima a mis en avant certains des progrès réalisés dans le Royaume depuis la mise en place de l’initiative Vision 2030
  • Elle a rappelé que l’agenda national, dirigé par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, place l’inclusion au premier plan

RIYAD: Les réformes saoudiennes font des femmes des contributrices importantes à l’avenir économique du pays, a déclaré la princesse Rima bent Bandar, ambassadrice du Royaume auprès des États-Unis.

La princesse Rima a mis en avant certains des progrès réalisés dans le Royaume depuis la mise en place de l’initiative Vision 2030. Elle a rappelé que l’agenda national, dirigé par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, place l’inclusion au premier plan.

«Aujourd’hui, dans le Royaume, il y a plus de femmes que d’hommes qui obtiennent des diplômes d’études supérieures et plus de femmes qui s’inscrivent dans les Stem [science, technologie, ingénierie et mathématiques, NDLR]. Par ailleurs, plus de 40% des petites et moyennes start-up appartiennent à des femmes. Désormais, les femmes perçoivent un salaire égal en Arabie saoudite», a-t-elle indiqué. «La Banque mondiale a examiné 190 économies et a classé l’Arabie saoudite au premier rang en termes de progrès économique et social pour les femmes.»

«Les progrès récents pour les femmes sont réellement profonds», a-t-elle affirmé à l’occasion d’une commission du Conseil de l’Atlantique intitulée «L’augmentation de la main-d’œuvre féminine en Arabie saoudite et son incidence sur le secteur privé».

Toutefois, selon la princesse Rima, il reste encore du travail. Elle a soutenu qu’il était important de confier davantage de postes de direction aux femmes pour promouvoir l’inclusion.

«La moitié de la population mondiale est constituée de femmes; pourtant, nous n’occupons qu’un petit pourcentage des postes de direction, des propriétaires d’entreprise, des cadres intermédiaires et même de la main-d’œuvre globale. Cela doit donc changer, car, à chaque fois qu’une femme réussit, c’est un succès pour nous toutes.»

Elle a également souligné qu’il était essentiel d’investir dans l’autonomisation des femmes et que le progrès devait promouvoir l’égalité entre les sexes. Si ce n’était pas le cas, il ne s’agirait pas d’une véritable évolution.

«Nous avons besoin de plus de femmes dans des postes de direction pour montrer la voie. Nous avons besoin que davantage de femmes occupent des postes de cadres intermédiaires pour poursuivre le travail. Nous avons besoin de plus de femmes propriétaires d’entreprise, de plus de programmes de tutorat axés sur la réussite des femmes et de plus de personnes qui investissent dans des start-up dirigées par des femmes», a renchéri la princesse Rima.

Mais cette dernière a également précisé que l’un des moyens d’y parvenir était l’accès à l’éducation et à la formation.

«S’il y a davantage de femmes dans l’éducation, la formation et le tutorat, cela nous permettra d’atteindre notre but, une plus grande inclusion.»

Elle a expliqué que l’éducation contribuait à uniformiser les règles du jeu et permettait aux femmes d’être sur un pied d’égalité sur le lieu de travail. Elle a par ailleurs défendu l’équité entre les sexes.

«L’éducation donne également aux femmes un plus grand contrôle sur leur propre vie financière, ce qui leur permet de participer pleinement à la prise de décision économique au sein de leur famille et de leur communauté.»

«L’éducation et la formation consistent à acquérir des compétences de vie. Il s’agit de renforcer la confiance, de préparer les femmes à prendre la place qui leur revient dans la société en y participant pleinement. Nous pouvons changer les attitudes et les normes culturelles relatives au genre et aux affaires.»

La princesse Rima a conclu par ces termes: «Nous sommes en mesure de contribuer à éliminer les préjugés qui limitent les femmes et de mettre en place un monde dans lequel la prochaine génération de femmes pourra s’épanouir. Et quand nous aurons fait cela, nous créerons une société non seulement plus égalitaire et plus inclusive, mais aussi plus prospère.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Nouvelle session de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington

Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
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  • Des représentants d’Israël et du Liban participent à une quatrième session de pourparlers directs à Washington, sous médiation américaine, malgré l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays
  • Malgré les appels à l’apaisement, les combats entre Israël et le Hezbollah se poursuivent

WASHINGTON: Les ambassadeurs d'Israël et du Liban ont été reçus mardi au département d'Etat pour une nouvelle session de pourparlers directs, alors qu'Israël et le Hezbollah ont échangé des tirs après que Donald Trump a assuré que les deux camps lui avaient promis l'apaisement.

Cette quatrième rencontre entre les représentants des deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, a lieu au département d'Etat et doit durer deux jours.

Elle réunit les représentants israélien Yechiel Leiter et libanais Nada Hamadeh Moawad, ainsi que Daniel Holler, un haut conseiller du secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui ne participe pas à cette session.

Aucun des participants n'a fait de déclarations.

Le président américain a indiqué lundi soir sur son réseau Truth Social que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah allait "cesser totalement le feu".

Mais les combats qui opposent l'armée israélienne et le Hezbollah depuis le 2 mars, se sont poursuivis malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril et qui avait été prolongé une fois à l'issue de ces pourparlers, les premiers depuis des décennies.

Des frappes israéliennes lundi soir ont fait au moins six morts dans le sud du pays, portant à 13 le bilan global pour la journée, selon des sources libanaises. Et le Hezbollah a revendiqué mardi une attaque à la roquette contre un char israélien à Hadatha dans la région, disant y lutter contre "l'avancée des forces israéliennes".


Israël dit avoir obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth si le Hezbollah attaque ses localités

Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
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  • Le ministre de la Défense israélien Israël Katz affirme qu’Israël aurait obtenu l’aval des États-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), bastion du Hezbollah, en cas d’attaques contre le nord d’Israël
  • Il expose une logique de dissuasion : si les tirs continuent, Israël dit qu’il ciblerait Dahiyeh, en liant le sort de cette zone aux attaques subies par les localités israéliennes

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien Israël Katz a affirmé mardi que son pays avait obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en cas d'attaque du groupe pro-iranien sur son sol, selon un communiqué de son bureau.

"Le Premier ministre et moi-même avons mené, avec l'armée israélienne, une démarche visant à établir une équation selon laquelle le sort de Dahiyeh (la banlieue sud, ndlr) à Beyrouth serait lié à celui des localités du nord d'Israël. Si les localités israéliennes continuent d'être attaquées, nous évacuerons et frapperons le quartier chiite de Dahiyeh à Beyrouth, bastion du Hezbollah", a dit M. Katz.

"Les Etats-Unis ont validé ce principe et l'ont communiqué au gouvernement libanais ainsi qu'à toutes les parties concernées (...) Soit les tirs contre les localités cessent, soit, s'ils se poursuivent, nous frapperons Dahiyeh à Beyrouth", a poursuivi le ministre.


Paris s’inquiète des évolutions au Liban et tente un déblocage

Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants
  • Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention international

PARIS: Soucieuse des évolutions alarmantes de la situation au Liban, Paris a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité, alors que l’envoyé spécial du président français, Jean-Yves Le Drian, doit se rendre à Beyrouth demain mercredi.

La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants, notamment les centaines de milliers de déplacés disséminés à travers le territoire au gré des ordres d’évacuation israéliens.

Derrière cette initiative, une question centrale se pose : à quoi peut encore servir une réunion d’urgence à l’ONU dans un contexte où les rapports de force semblent verrouillés ?

Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention internationale, alors que les regards sont largement tournés vers l’Iran.

Il est clair, pour la diplomatie française, que la situation a franchi un seuil critique ces derniers jours. D’autant que, déjà fragile, le cessez-le-feu apparaît désormais vidé de sa substance.

Les frappes se poursuivent, les menaces israéliennes s’intensifient, y compris contre Beyrouth, et les conditions minimales d’un dialogue crédible semblent s’effondrer.

Canal de discussion entre le Liban et Israël

On ne peut même plus parler de cessez-le-feu, reconnaît-on en substance du côté français, et cette dégradation inquiète d’autant plus qu’elle intervient au moment où un canal de discussion s’est ouvert entre le Liban et Israël sous médiation américaine.

Un choix jugé courageux par la diplomatie française, mais qui place Beyrouth dans une position extrêmement délicate car, faute de réciprocité sur le terrain, ces négociations risquent de perdre toute crédibilité.

Paris insiste sur ce point : si l’on veut que les autorités libanaises puissent avancer dans ces discussions, encore faut-il leur en laisser la possibilité. Or, l’intensification des opérations militaires israéliennes réduit cet espace politique à néant.

Pire encore, elle pourrait renforcer les acteurs que ces négociations cherchent précisément à contenir, au premier rang desquels figure le Hezbollah.

Dans cette équation, la France tente de défendre une approche pragmatique. Elle continue de rappeler la responsabilité du Hezbollah dans l’engrenage du conflit, tout en soulignant que la stratégie actuelle d’Israël est contre-productive, estimant que, s’il fallait saboter les discussions, on ne s’y prendrait pas autrement.

Dès lors, la priorité affichée est le rétablissement d’un cessez-le-feu « robuste », condition indispensable à toute avancée politique, ainsi que la réactivation et l’amélioration du mécanisme mis en place fin 2024, aujourd’hui largement inopérant.

Paris insiste sur le fait que, sans cadre crédible de vérification et de désescalade, les initiatives diplomatiques risquent de rester lettre morte.

Mais au-delà de l’urgence immédiate, la France travaille sur une stratégie de plus long terme qui repose notamment sur un renforcement de l’État libanais, à commencer par son armée. L’objectif est d’aider le Liban à retrouver progressivement sa souveraineté en limitant l’influence des acteurs armés non étatiques.

Cela passe par un soutien accru — financier, logistique mais aussi politique — aux forces armées libanaises, sans pour autant leur demander une confrontation directe avec le Hezbollah, jugée irréaliste dans le contexte actuel. Il s’agit plutôt de renforcer leur présence sur le terrain, de contrôler les flux logistiques et financiers et de sécuriser des zones clés, notamment la frontière avec la Syrie.

Sur ce dernier point, Paris voit un levier important car, contrairement aux années précédentes, un certain niveau de coopération avec les autorités syriennes semble possible, ouvrant la voie à un meilleur contrôle des flux qui alimentent le Hezbollah.

Autre chantier majeur du point de vue français : l’avenir de la présence internationale au Liban. Le retrait annoncé de la FINUL d’ici à la fin de l’année suscite de vives inquiétudes.

Les leviers de la France demeurent limités

La France estime qu’un tel vide sécuritaire serait dangereux et plaide donc pour une réflexion rapide sur un nouveau dispositif, potentiellement plus adapté aux réalités actuelles.

Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large consistant à remobiliser les partenaires internationaux. À ce propos, Paris travaille étroitement avec plusieurs pays de la région, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar, ainsi qu’avec certains partenaires européens, afin de tenter de recréer une dynamique collective autour du Liban.

Reste toutefois une réalité difficile à contourner : les leviers de la France demeurent limités face au rôle central des États-Unis dans la médiation. La diplomatie française s’efforce néanmoins de peser indirectement en multipliant les échanges avec Washington et en délivrant un message constant : sans cessez-le-feu, aucune avancée durable n’est possible.

Par ailleurs, Paris explore d’autres pistes de pression, notamment au niveau européen. Le débat sur l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël pourrait ainsi évoluer sous l’effet conjugué des situations à Gaza, en Cisjordanie et désormais au Liban.

Enfin, la mission de l’envoyé spécial Jean-Yves Le Drian à Beyrouth revêt une dimension politique essentielle puisque, au-delà du soutien affiché, il s’agira pour lui de dialoguer avec l’ensemble des forces politiques libanaises afin de favoriser un minimum de cohésion interne.

Un enjeu jugé crucial par la diplomatie française dans un pays profondément fragmenté, où les divisions communautaires affaiblissent toute stratégie nationale.