Dunkerque, terre industrielle, se bâtit un avenir touristique

Une femme promène son chien sur la digue déserte de Dunkerque, dans le nord de la France, le 27 février 2021, lors du premier week-end de confinement mis en place par les autorités pour tenter de stopper la propagation de la pandémie de coronavirus (Covid-19). (AFP)
Une femme promène son chien sur la digue déserte de Dunkerque, dans le nord de la France, le 27 février 2021, lors du premier week-end de confinement mis en place par les autorités pour tenter de stopper la propagation de la pandémie de coronavirus (Covid-19). (AFP)
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Publié le Jeudi 27 juillet 2023

Dunkerque, terre industrielle, se bâtit un avenir touristique

  • L'offre hôtelière est montée en gamme, notamment avec l'arrivée du Radisson Blu, hôtel quatre étoiles sur le front de mer, et quelque 2 470 salariés travaillent désormais dans le secteur sur le territoire
  • Les cabanes de plage bigarrées jonchent une vaste étendue de sable fin. A l'est, la plage s'étale jusqu'en Belgique, à l'ouest les industries fument

DUNKERQUE: Dunkerque, ses hauts fourneaux, sa fonderie, son port de commerce... et ses milliers de visiteurs. Depuis une dizaine d'années, cette cité industrielle en bord de mer mise aussi sur le tourisme, tâchant d'anticiper dès maintenant les répercussions sur son environnement.

 

Villas fantaisistes de la Belle Époque, restaurants et marchands de glaces bordent le front de mer de Malo-les-Bains, station balnéaire de Dunkerque. Les cabanes de plage bigarrées jonchent une vaste étendue de sable fin. A l'est, la plage s'étale jusqu'en Belgique, à l'ouest les industries fument.

Les cabanes de plage bigarrées jonchent une vaste étendue de sable fin. A l'est, la plage s'étale jusqu'en Belgique, à l'ouest les industries fument.

Dans cette ville à une heure de Lille, le tourisme était "quasiment inexistant" en 2014, relève le maire Patrice Vergriete (DVG), tout nouveau ministre du Logement. "On s'était mis dans la tête qu’un bassin industriel ne pouvait pas avoir d'ambition touristique."

Dix ans plus tard, la région a le vent en poupe: selon la Communauté urbaine de Dunkerque (Cud) et l'office de tourisme, le nombre de visiteurs sur la zone a progressé en 2022 de 33% par rapport à l'été 2021, avec 131.425 personnes.

Entre 2011 et 2021, le nombre de lits a, lui, augmenté de 205% en résidence de vacances et de 20% en hôtellerie, selon cette même étude.

L'offre hôtelière est aussi montée en gamme, notamment avec l'arrivée du Radisson Blu, hôtel quatre étoiles sur le front de mer, et quelque 2.470 salariés travaillent désormais dans le secteur sur le territoire.

Baron noir 

A l'origine de ces chiffres, un pari de l'agglomération, qui finance entre 2016 et 2020 quelque 30 projets touristiques, dont la requalification de la digue de la mer (9,9 millions d'euros) et l'aménagement d'un terminal ferry transmanche (13,7 millions d'euros).

La station de Malo-les-Bains est "remise au goût du jour" avec "l'installation de terrasses sur le sable", note Patrice Vergriete.

"On a retravaillé l'image négative de la ville, associée à la crise industrielle et à la météo défavorable", se félicite le maire, qui explique aussi cet élan touristique par le "bus gratuit" mis en place par la municipalité depuis plusieurs années, les "tournages" (Dunkerque de Christopher Nolan ou la série Baron noir) ou encore "les événements culturels".

Pour Didier Arino, directeur général du cabinet Protourisme, la taille du bassin de population alentour joue aussi en faveur de Dunkerque, 72% des visiteurs étant Français et majoritairement des Hauts-de-France, selon l'office du tourisme.

Il relève aussi des "prix pratiqués plus abordables" ainsi que "des températures qui ne sont pas caniculaires". C'est une destination "anti-crise et anti-chaleur", résume-t-il.

En témoigne cette famille de Lyonnais venue passer une semaine à Dunkerque. "Chaque été on monte dans le Nord, je ne suis pas friande de la chaleur", relate la mère de famille, Mélanie Letter, 43 ans, venue en train après une visite des châteaux de la Loire.

«Ambiance plus détendue»

"C'est aussi une ambiance plus détendue, nous ne sommes pas collés comme sur les plages du sud", estime l'éducatrice en insertion loin d'être découragée par la semaine de pluie annoncée: "On se baladera".

Lors des derniers longs weekends de mai "les hôtels refusaient du monde, c'est impressionnant", affirme Eric Dubois président de L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (l'Umih) Flandres Littoral.

Son restaurant, Le grand Morien, en centre-ville, enregistre une augmentation de son chiffre d'affaires de 20% depuis les transformations de la commune.

Mais la ville veut à tout prix s'épargner "les problématiques de surtourisme", assure Delphine Taleux, directrice de l'office du tourisme.

"Nous sommes loin du niveau de Saint-Tropez, mais on en tient compte dès maintenant dans nos stratégies", en développant par exemple "le tourisme sur les avants et après saisons", ajoute-t-elle.

Cette année, "nous n'avons pas fait de campagne de communication pour la période estivale", afin d'"éviter les problèmes de saturation et de dégradation de la faune, de la flore et des conditions de vie de chacun".

Autre problématique, relevée par un élu d'opposition, Claude Nicollet: les locations Airbnb, qui renverraient "les habitants en dehors des centres-villes", au moment où Dunkerque s'apprête à "accueillir des milliers de nouveaux emplois" avec l'implantation d'usines de production de batteries électriques.


France: jugement pour Lafarge, accusé de financement du terrorisme en Syrie

Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
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  • L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés
  • Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières

PARIS: La justice française rend lundi son jugement à l'encontre du cimentier Lafarge et huit anciens responsables du groupe accusés de financement du terrorisme pour avoir payé des groupes jihadistes afin qu'ils laissent tourner une usine au milieu de la guerre en Syrie

Dans ce dossier à la croisée du monde international des affaires, de la géopolitique et des eaux troubles du renseignement, l'affaire Lafarge raconte la retentissante compromission d'une grande entreprise pour préserver ses intérêts économiques dans une Syrie à feu et à sang, que les autres multinationales avaient quittée.

"C'est l'histoire d'un dérapage, d'un dévoiement qui fait que la société Lafarge, fleuron de l'industrie française, en est venue à financer des organisations terroristes, dans une seule visée: mercantile", avait fustigé le parquet national antiterroriste (Pnat) dans ses réquisitions en décembre dernier.

L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières, au détriment de la sécurité de son millier de salariés.

"On peut se laver les mains et partir, mais que seraient devenus les salariés de l'usine si nous étions partis?", a soutenu en interrogatoire Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de Lafarge. "On avait le choix entre deux mauvaises solutions, la pire et la moins pire."

Décortiquant échanges de mails, comptes-rendus de réunions et relevés bancaires, le tribunal correctionnel de Paris s'est plongé de longues semaines durant dans l'engrenage des paiements de Lafarge, via son intermédiaire syrien Firas Tlass, aux groupes Etat islamique (EI) et Jabhat al-Nosra.

Pour le Pnat, les versements aux entités classées comme "terroristes" ont atteint un montant minimal de près de 4,7 millions d'euros.

"Ahurissant de cynisme" 

Ce système prévoyait le versement d'argent pour, d'une part, financer l'acquisition d'intrants destinés à la production de ciment, tels que les hydrocarbures ou la pouzzolane, et, d'autre part, assurer des "paiements de sécurité" et permettre aux employés de la cimenterie et aux marchandises de passer les barrages dans la région.

Si les prévenus ont soutenu avoir été victimes de "racket", le terme a fait tiquer la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez, plusieurs messages internes à Lafarge faisant plutôt état de "négociations" ou d'"accords".

"Il y avait cette conviction que (la guerre) n'allait pas durer. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas certaines décisions qui ont été prises", a expliqué Bruno Pescheux, l'un des protagonistes du dossier en tant que directeur de la filiale syrienne de Lafarge de 2008 à l'été 2014.

"Cette crise était un tunnel. Tout le monde nous disait que cette crise serait courte, qu'on allait voir la lumière. Mais en fait, la lumière n'est jamais venue", a-t-il dit.

A l'audience, les deux procureures du Pnat ont souligné "l'absence totale d'adhésion à l'idéologie jihadiste" des prévenus, mais noté leur "absence de reconnaissance" et de "regrets" sur les faits.

Elles ont requis à l'encontre de la société Lafarge l'amende maximale de 1,125 million d'euros ainsi qu'une confiscation partielle du patrimoine à hauteur de 30 millions d'euros.

Contre l'ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, qui nie mordicus avoir été au courant des versements illicites, le parquet a demandé six ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt différé mais sans exécution provisoire.

Le Pnat estime que Bruno Lafont était bien informé et qu'il a "donné des directives claires" pour maintenir l'activité de l'usine, "un choix purement économique, ahurissant de cynisme".

Malgré les millions versés, la cimenterie de Jalabiya est finalement évacuée par Lafarge dans l'urgence et l'impréparation la plus totale le 18 septembre 2014 face à l'avancée de l'EI. Le lendemain, elle tombe aux mains des jihadistes.

Particularité de ce dossier, des victimes des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et ses environs se sont constituées parties civiles, voyant dans cette affaire l'un des "rouages" des attaques qui ont ensanglanté la France les années suivantes.

 


Macron: Paris et Londres organiseront une «conférence» en vue d'une «mission multinationale pacifique» à Ormuz

La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
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  • "Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X
  • Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations

PARIS: La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron.

"Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X. Autrement dit, cette mission n'a pas vocation à être intégrée directement dans les efforts des Etats-Unis dans le détroit.

Aucun effort ne doit être ménagé pour parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie.

Un règlement qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) April 13, 2026

Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran et censé entrer en vigueur lundi.

Keir Starmer a lui dit ne pas soutenir ce blocus.

Dans son message sur X, le président français a appelé à ne ménager "aucun effort" pour "parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie", "qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité".

"Pour y parvenir, toutes les questions de fond doivent être traitées en leur apportant une réponse durable, aussi bien s’agissant des activités nucléaires et balistiques de l’Iran que de ses actions déstabilisatrices dans la région, mais aussi pour permettre la reprise, le plus rapidement possible, d’une navigation libre et sans entrave dans le détroit d’Ormuz et faire en sorte que le Liban retrouve le chemin de la paix dans le plein respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale", a-t-il insisté.

 


Grenoble: un homme tué par balles, le troisième en une semaine

Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
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  • La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté
  • Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville

LYON: Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police.

Les coups de feu ont été tirés vers 01H15 place André Malraux, dans le quartier Hoche, près d'un point de deal connu de la ville, a précisé cette source.

La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté.

Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville. Une femme de 26 ans qui se trouvait à ses côtés a été légèrement touchée à un bras, "victime collatérale" des tirs, selon le parquet.

Le 8 avril, un homme de 27 ans avait été tué par balles sur un point de deal dans le quartier Villeneuve-Village-Olympique. Il avait été condamné à plusieurs reprises, notamment pour trafic de stupéfiants et des violences.

Grenoble et certaines de ses banlieues sont régulièrement marquées par des épisodes de violence par arme à feu liées au trafic de drogue.