La Chine et le Pakistan célèbrent les 10 ans d'un gigantesque plan économique

Une famille passe devant une décoration représentant les drapeaux nationaux de la Chine et du Pakistan, installée le long d'une route avant la visite du vice-premier ministre chinois He Lifeng, à Lahore, le 30 juillet 2023. (Photo, AFP)
Une famille passe devant une décoration représentant les drapeaux nationaux de la Chine et du Pakistan, installée le long d'une route avant la visite du vice-premier ministre chinois He Lifeng, à Lahore, le 30 juillet 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 31 juillet 2023

La Chine et le Pakistan célèbrent les 10 ans d'un gigantesque plan économique

  • Ces dernières années, Pékin a été l'un des partenaires étrangers les plus fiables d'Islamabad
  • La Chine a accordé au Pakistan une reconduction sur deux ans d'un prêt de 2,4 milliards de dollars

ISLAMABAD: Le vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, chargé des questions économiques et financières, est arrivé dimanche en fin de journée dans la capitale pakistanaise afin de marquer le 10e anniversaire d'un mega plan économique, pierre angulaire des "nouvelles routes de la soie".

Depuis son lancement en 2013, le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) a permis d'injecter des dizaines de milliards de dollars dans de colossaux projets de transport, d'énergie et autres infrastructures entre les deux pays qui partagent 596 km de frontières.

Mais le projet a également dû affronter les difficultés du Pakistan à respecter ses obligations financières et faire face à des attaques contre des cibles chinoises.

"Dix ans après son lancement, le CPEC affiche des résultats mitigés", estime Azeem Khalid, professeur à l'université COMSATS d'Islamabad.

"L'objectif principal de relier la Chine à la mer d'Arabie est encore relativement loin d'être atteint pour la Chine. En revanche, le Pakistan a fait des progrès notables dans la réalisation des objectifs à court terme", poursuit l'analyste.

Ces dernières années, Pékin a été l'un des partenaires étrangers les plus fiables d'Islamabad, lui fournissant volontiers une aide financière pour renflouer ses caisses.

2,4 milliards de dollars

En début de semaine, Pékin a accordé au Pakistan une reconduction sur deux ans d'un prêt de 2,4 milliards de dollars, donnant ainsi à ce pays criblé de dettes un répit bienvenue pour faire face à la crise de sa balance des paiements.

Selon un rapport du FMI, la Chine et ses banques commerciales détiennent environ 30% de la dette extérieure totale du Pakistan.

Le corridor économique constitue pour la Chine une porte d'accès à l'océan Indien attrayante, mais la sécurité de ses travailleurs demeurent une préoccupation majeure.

Dimanche, au moins 44 personnes ont été tuées et plusieurs dizaines d'autres blessées dans un attentat suicide dans le nord-ouest du pays lors d'un rassemblement d'un parti islamique radical.

Les séparatistes baloutches ont revendiqué plusieurs attaques contre les projets du CPEC, et des milliers d'agents de sécurité pakistanais sont déployés pour contrer les menaces contre les intérêts chinois.

En avril 2021, cinq personnes ont été tuées lors d'un attentat revendiqué par les talibans pakistanais dans un hôtel de luxe accueillant l'ambassadeur de Chine à Quetta.

Quelques mois plus tard, 12 personnes, dont neuf travailleurs chinois, ont été tuées par une explosion à bord d'un bus transportant du personnel sur un barrage.

Islamabad a imputé l'explosion à une "fuite de gaz", mais Pékin a dit qu'il s'agissait d'un attentat à la bombe.

"La sécurité est le principal obstacle qui entrave la réalisation des objectifs chinois. C'est la première raison qui explique que le CPEC n'ait pas encore atteint son plein potentiel", a estimé Azeem Khalid.

À l'approche de la visite, des bannières avec des photos du Lifeng et des drapeaux des deux pays ont été déployés dans la capitale pakistanaise, placée en état d'alerte.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.