Ukraine : près des ports du Danube, la longue attente des camions chargés de céréales

Des centaines de camions alignés sur un parking, attendant le feu vert de leur entreprise pour se diriger vers le port le plus proche, dans la région d'Odessa, en Ukraine, le 27 juillet 2023 (AFP).
Des centaines de camions alignés sur un parking, attendant le feu vert de leur entreprise pour se diriger vers le port le plus proche, dans la région d'Odessa, en Ukraine, le 27 juillet 2023 (AFP).
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Publié le Mardi 01 août 2023

Ukraine : près des ports du Danube, la longue attente des camions chargés de céréales

  • Auparavant, l'Ukraine exportait via la mer Noire sur de grands navires
  • Mais la Russie a mis fin le 17 juillet à un accord, sous l'égide de l'ONU et de la Turquie, qui avait permis l'exportation de 33 millions de tonnes de céréales ukrainiennes, malgré l'invasion russe

IZMAIL: Pieds nus, Anton Moïsseïev patiente dans la cabine de son camion chargé de blé, garé près d'un café au bord d'une route de la région d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine.

"Aujourd'hui, c'est mon troisième jour. Je ne sais pas combien de temps cela va prendre", s'inquiète ce chauffeur de 41 ans arrivé de la région de Kirovograd (centre) pour livrer son chargement.

Il attend ainsi avec des centaines d'autres chauffeurs de poids lourds qui transportent des céréales vers le port d'Izmaïl (sud-est), sur le Danube, devenu la principale voie de sortie des produits agricoles ukrainiens.

Auparavant, l'Ukraine exportait via la mer Noire sur de grands navires. Mais la Russie a mis fin le 17 juillet à un accord, sous l'égide de l'ONU et de la Turquie, qui avait permis l'exportation de 33 millions de tonnes de céréales ukrainiennes, malgré l'invasion russe.

Les forces de Moscou ont ensuite frappé à plusieurs reprises les infrastructures portuaires ukrainiennes de la mer Noire, particulièrement à Odessa.

"C'est pourquoi tout le monde vient ici. De toute l'Ukraine, pratiquement", explique Serguiï Gretsyk, un autre camionneur, âgé de 36 ans, en provenance de la région de Vinnytsia (ouest).

D'importants volumes de céréales sont désormais dirigés vers de petits ports fluviaux de la région d'Odessa, frontalière de la Roumanie. Autrefois peu sollicités, Reni et Izmaïl ont désormais une importance cruciale pour l'approvisionnement alimentaire mondial, si bien qu'ils ont du mal à absorber toutes les cargaisons, ce qui provoque un goulot d'étranglement des camions.

"Les ports de Reni et d'Izmaïl ne peuvent pas gérer cela", ce sont des "gouttes dans l'océan" en comparaison de ceux de la mer Noire, estime le chauffeur Anton Moïsseïev. "Il y a beaucoup de céréales mais nous ne pouvons pas les sortir" d'Ukraine", constate-t-il.

Ces ports sont aussi devenus des cibles : le 24 juillet, celui de Reni a ainsi été attaqué par la Russie à l'aide de drones.

"Les dégâts sont assez importants mais cela n'a pas complètement arrêté le (fonctionnement du) port", a à cet égard déclaré à l'AFP la porte-parole de l'armée dans la région, Natalia Goumeniouk.

Tous les camionneurs interrogés par l'AFP la semaine dernière se dirigeaient vers le port d'Izmaïl. Car à Reni, "les gens disent qu'ils ne nous accepteront pas", explique Serguiï Gretsyk.

«Une frappe et tout est fini»

"Les choses ont empiré après le bombardement" de ce port, confirme Anton Moïsseïev.

"Une frappe et tout est fini, nous restons assis et attendons à nouveau", se désespère-t-il.

A Izmaïl, au moins quatre cargos étaient amarrés dans le port ou à proximité la semaine dernière, face à la Roumanie située sur l'autre rive du large fleuve verdâtre, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les navires battaient pavillon libérien, slovaque ou autre.

Des camions qui avaient réussi à atteindre le port ont cependant dû continuer d'attendre, faute d'infrastructures capables de charger les céréales à l'abri du mauvais temps, selon des chauffeurs.

Sur la route du port, les oiseaux en profitent en picorant des grains de blé et de maïs tombés des poids lourds.

La ville - 70 000 habitants avant la guerre - semble quelque peu profiter de ce récent boom céréalier.

Sur la principale avenue, où des drapeaux ukrainiens flottent, les trottoirs semblent neufs et bien entretenus. De nombreux restaurants et cafés sont ouverts et un yacht club est en construction.

En raison de sa position stratégique, Izmaïl a changé de mains à plusieurs reprises.

Une mosquée en pierre sur les bords du fleuve rappelle la domination turque au XVIe siècle.

La route à deux voies allant vers Odessa traverse des champs de maïs, de tournesols et de vignes. Elle passe aussi brièvement par la Moldavie voisine.

Des camions forment de longues files de chaque côté de la route et dans des zones goudronnées en lisière des champs, attendant leur tour pour décharger.

Certaines bâches affichent des noms de sociétés de transport de Pologne, de France, d'Allemagne ou de République tchèque mais les immatriculations sont ukrainiennes.

Igor Skrypnyk, un chauffeur de 47 ans, dit patienter depuis huit jours. "Notre navire n'est pas encore entré dans le port. On ne sait pas pourquoi".

Selon lui, des "chauffeurs routiers démissionnent, ils ne veulent plus travailler" dans ces conditions.


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.