Des Marocaines s’organisent pour encourager les Lionnes de l’Atlas au Mondial féminin

Les joueuses marocaines célèbrent la victoire après la fin du match entre le Maroc et la Colombie au Perth Rectangular Stadium à Perth, le 3 août 2023. (Photo, AFP)
Les joueuses marocaines célèbrent la victoire après la fin du match entre le Maroc et la Colombie au Perth Rectangular Stadium à Perth, le 3 août 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 06 août 2023

Des Marocaines s’organisent pour encourager les Lionnes de l’Atlas au Mondial féminin

  • La sélection marocaine s’est qualifiée pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde féminine
  • «Nous avons ressenti ce besoin de donner aux femmes la possibilité de célébrer les exploits de nos joueuses comme il se doit», explique Intissar

CASABLANCA: La sélection marocaine féminine de football a réussi contre toute attente à déjouer les pronostics et à se qualifier, jeudi, pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde féminine.

Cet exploit historique a été accueilli avec joie par les Marocaines et Marocains. Une joie d’autant plus intense pour un groupe de supporters des Lionnes de l’Atlas qui suit l’équipe féminine depuis juin 2022, date à laquelle le Maroc a débuté sa préparation pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) féminine qui s’est tenue dans le pays.

Les responsables du compte instagram National Lioness Squad, un groupe de supporters de l’équipe nationale féminine de football, se sont donné rendez-vous le 3 août à 19h devant le cinéma Mégarama sur la corniche à Casablanca.

«Nous avons ressenti ce besoin de donner aux femmes la possibilité de célébrer les exploits de nos joueuses comme il se doit», explique Intissar, l’une des responsables de la page à Arab News en français. «Nous recevons beaucoup de messages d’encouragement de femmes pour ce genre de manifestations et il faut juste un petit coup de pouce pour que l'idée se transforme en action», précise-t-elle.

Vêtues des maillots de l'équipe nationale marocaine, une quinzaine de femmes, mais aussi quelques hommes, se sont retrouvés pour manifester leur joie sur l’une des artères névralgiques de la corniche. Rapidement, un concert de klaxons et d’encouragements des automobilistes est venu accompagner les chants des supporters. Certains ont même garé leurs voitures pour participer aux festivités et repartir.

«Cette journée a été riche en émotions, après un match très intense, une victoire historique et inespérée, ça fait beaucoup de bien de pouvoir extérioriser cette joie», raconte l’une des femmes présentes. 

L’hiver dernier, le Maroc, parvenu jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde masculine, a débordé d’une joie immense. Après chaque victoire des Lions de l’Atlas, les rues dans toutes les villes du royaume ont été investies par des milliers de supporters et des scènes de liesse populaire ont rythmé les journées du pays.

Pour les responsables de National Lioness Squad et leurs abonnés, il était normal de réserver le même sort à ces héroïnes du ballon rond. 

«Notre objectif est bien sûr d’encourager les Lionnes, de les suivre et de donner de leurs nouvelles, mais aussi de réveiller les consciences et de montrer qu’hommes et femmes, nous sommes tous pareils et qu’on doit s’encourager mutuellement», explique Abir, l’une des autres responsables de la page.

Le football féminin n’est pas encore aussi populaire que le ballon rond masculin, et il faudra encore des années pour que cela soit possible. Cependant, ces dernières années, le football féminin suscite de plus en plus d’engouement. Avec la structuration des clubs et l’organisation de compétitions, ce sport est en plein développement.

Au Maroc comme ailleurs, le patriotisme prend souvent le dessus sur la raison, surtout quand il s’agit de football, la tendance est encore plus rapide. 

Alors qu’il y a quelques années, le football féminin était encore quasiment inconnu au Maroc, dès 2022, avec la participation des Lionnes lors de la CAN organisée au Maroc et leur parcours jusqu’en finale, les Marocains ont commencé à se passionner pour les matchs. Nombreuses étaient les discussions qui tournaient autour de ces nouvelles héroïnes. 

La page National Lioness Squad, qui n’avait aucun abonné en juin 2022 en compte aujourd'hui des milliers. Rendez-vous mardi 8 aout pour la prochaine étape, lorsque les Marocaines devront se confronter aux Bleues. Une confrontation qui fait déjà beaucoup parler d'elle sur les réseaux sociaux. 

 


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.


Dans le sud du Liban, Israël accusé d'incendier terres agricoles et forêts

Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
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  • En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi
  • La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée

BEYROUTH: Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays.

Depuis la limite de la zone occupée par Israël dans le sud du pays, Haïdar Qoteich a vu les champs et les vergers de son village de Houla, tenu par l'armée israélienne et situé à cinq kilomètres de là, disparaître dans les flammes.

"Ils ont tout brûlé (..) les champs du village sont tout noirs", affirme à l'AFP ce père de quatre enfants, âgé de 36 ans, joint par téléphone.

Selon les autorités libanaises, plus de 16.000 hectares ont été brûlés depuis le début des hostilités entre le mouvement pro-iranien Hezbollah et Israël en octobre 2023, marquées par un cessez-le-feu en novembre 2024 avant une reprise des affrontements début mars, et une accalmie relative ces dernières semaines.

En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi.

La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée.

Incendies "systématiques" 

Les feux résultent de frappes israéliennes, de "bombes explosives et de drones", indique à l'AFP Hussein Fakih, directeur de la Défense civile à Nabatiyé, la capitale du gouvernorat. Il fait aussi état de "bombes au phosphore et bombes à sous-munitions pour déclencher" les incendies.

Ses équipes, qui n'ont pas accès aux zones occupées, ont recensé en juillet et en août des incendies à la lisière de ces secteurs.

Des responsables libanais, des ONG et des habitants dénoncent une "politique de la terre brûlée" pratiquée par Israël qui cherche à éloigner les combattants du Hezbollah de la frontière.

Contactée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir "conscience de l’impact environnemental potentiel de ses activités dans la région" et assure prendre "des mesures de précaution pour réduire les dommages causés aux civils et à l’environnement".

Aux confins du village de Kfar Chouba, jouxtant la zone occupée, un incendie s'est déclaré le 5 août "à la suite de tirs des forces israéliennes", rapporte le maire, Kassim Al-Kadri. Le feu a ravagé une zone forestière d’environ 2 km².

Il a fallu, selon le maire, deux jours pour le maîtriser avec des moyens rudimentaires, la défense civile n'ayant obtenu que le lendemain une autorisation d'accès de la part d'Israël. "Le feu avait tout ravagé", déplore-t-il.

Au siège du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), à Beyrouth, des images satellitaires projetées sur écran géant montrent des vergers et forêts avant et après leur disparition depuis 2023, sous l’effet des incendies et du défrichement, y compris l'arrachement d'oliviers centenaires.

Des photos de Khiam, bourgade occupée, montrent ainsi des étendues verdoyantes avant 2024 transformées en terres arides.

Le CNRS a recensé la destruction par le feu d'environ 8.500 hectares au cours de la guerre précédente (octobre 2023-novembre 2024) et de 7.500 hectares au cours de la dernière.

Le secrétaire général du CNRS, Chadi Abdallah, accuse Israël "d'incendier de manière systématique" ces zones.

"Ecocide" 

"Cela montre qu’ils cherchent à créer un espace dépourvu d’habitations, de constructions et de toute forme de vie" pour empêcher tout retour des habitants, affirme-t-il, en parlant de la majorité des personnes résidant dans les villages frontaliers qui ont dû fuir les bombardements israéliens.

Il souligne que 350 hectares ont été incendiés entre la date de signature d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en juin et le 13 août.

L'agence de presse officielle libanaise ANI fait état régulièrement d'opérations de démolitions et explosions déclenchées par Israël dans le sud. Et le Liban a plusieurs fois dénoncé des destructions "systématiques" dans cette région.

Dans le village de Zawtar el-Charqiyé, l’armée israélienne a en outre déraciné 600 oliviers en août, selon l'ANI.

L’association "Les Verts du Sud", qui documente les dégâts environnementaux dans cette région, a accusé Israël de mettre le feu "aux maisons, forêts, bois et terrains agricoles", et notamment à une réserve naturelle située à Wadi Slouqi.

La ministre libanaise de l’Environnement, Tamara el-Zein, avait déjà dénoncé un "écocide" dans le sud, et des incendies "délibérés".

De Chaqra, où il a trouvé refuge, Haïdar Qoteich contemple les plaines incendiées de son village. "Il faut toute une vie pour reboiser un village devenu un désert", soupire-t-il.