La juge du procès Trump sur l'élection de 2020 ne veut pas d'un «carnaval» médiatique

Donald Trump, prend la parole lors d'un rassemblement électoral au lycée Windham à Windham, New Hampshire, le 8 août 2023 (Photo, AFP).
Donald Trump, prend la parole lors d'un rassemblement électoral au lycée Windham à Windham, New Hampshire, le 8 août 2023 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 12 août 2023

La juge du procès Trump sur l'élection de 2020 ne veut pas d'un «carnaval» médiatique

  • Tanya Chutkan, a prévenu vendredi qu'elle ne laisserait pas les débats se dérouler dans une «atmosphère de carnaval» médiatique
  • Elle s'est rangée à l'avis de la défense qui réclamait que les restrictions prévues par son injonction portent uniquement sur les «éléments sensibles» du dossier

WASHINGTON: La juge au procès de l'ex-président américain Donald Trump pour ses agissements lors de l'élection de 2020, Tanya Chutkan, a prévenu vendredi qu'elle ne laisserait pas les débats se dérouler dans une "atmosphère de carnaval" médiatique.

Lors d'une audience consacrée à une demande du procureur spécial Jack Smith, qui s'inquiète d'éventuelles intimidations de témoins en cas de divulgation illicite par Donald Trump de pièces clé de la procédure, la magistrate a par ailleurs défini le cadre dans lequel l'ex-président sera autorisé à commenter publiquement le dossier.

Malgré le caractère hautement politique de l'affaire, dans laquelle un ancien président, en campagne pour reconquérir la Maison Blanche, plaide non coupable d'accusations d'avoir frauduleusement tenté d'inverser le résultat du vote, la juge a affirmé vouloir mener les débats le plus normalement possible.

"Je ne tiendrai pas compte dans ma décision des effets qu'elle peut avoir sur la campagne" présidentielle pour 2024, a-t-elle prévenu en réponse aux objections d'un avocats de la défense, John Lauro, aux demandes des procureurs. Elle s'est dite avant tout soucieuse de la "bonne administration de la justice".

Concernant le cadre des commentaires autorisés à M. Trump, elle s'est rangée à l'avis de la défense qui réclamait que les restrictions prévues par son injonction portent uniquement sur les "éléments sensibles" du dossier.

La juge Chutkan a en revanche adopté la définition proposée par l'accusation des "éléments sensibles" pour y inclure notamment les transcriptions ou enregistrements de dépositions de témoins, invoquant le "risque d'intimidation de témoins".

Elle a également rejeté une demande de la défense d'élargir à d'autres que les avocats de M. Trump l'accès à la masse de documents que les procureurs doivent leur fournir dans les semaines à venir.

«Babysitter»
La question de l'accès de Donald Trump aux documents "sensibles" hors de la présence de ses avocats a donné lieu à une passe d'armes entre l'un des procureurs, Thomas Windom, et John Lauro.

L'accusé "a déjà montré une tendance à garder des documents qu'il n'aurait pas dû", a ironisé M. Windom pour justifier la nécessité de réguler cet accès.

Il faisait référence à un autre dossier dans lequel l'ancien président sera jugé en 2024 par un tribunal de Floride (sud-est) pour avoir conservé des documents confidentiels après son départ de la Maison Blanche, au lieu de les remettre aux Archives nationales.

L'avocat de Donald Trump a protesté n'avoir jamais vu dans ce type d'affaire "des conseils obligés de rester assis à côté de leur client pour le babysitter".

La juge Chutkan a tranché pour une solution de "compromis", autorisant l'ancien président à consulter les "éléments sensibles" sans supervision de ses avocats, mais sans aucun appareil électronique ou autre susceptible de les photographier ou de les reproduire.

A charge également pour ses conseils de s'assurer que ses notes ne contiennent aucune information permettant d'identifier une personne citée dans le dossier.

En conclusion, la juge a mis en garde contre toute "déclaration incendiaire susceptible de polluer la sélection du jury", qui ne pourrait que l'encourager à fixer une date rapprochée pour le procès.

Jack Smith, qui réclame un "procès sans délai", a proposé la date du 2 janvier, estimant qu'il "ne devrait pas durer plus de quatre à six semaines".

La défense a jusqu'au 17 août pour formuler sa propre proposition de calendrier, avant une nouvelle audience dévolue à cette question devant la juge Chutkan le 28 août.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.