Après le sommet de Djeddah, la formule de paix de l’Ukraine est la seule voie à suivre

"La Russie doit respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues", a déclaré M. Kuleba à Arab News. (Photo, AN)
"La Russie doit respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues", a déclaré M. Kuleba à Arab News. (Photo, AN)
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Publié le Mercredi 16 août 2023

Après le sommet de Djeddah, la formule de paix de l’Ukraine est la seule voie à suivre

  • Le diplomate en chef de l’Ukraine déclare que le monde se dirige vers un sommet de la paix mondiale
  • Il félicite le «rôle constructif de l’Arabie saoudite dans la politique internationale»

RIYAD: Le monde se rapproche d'un sommet pour la paix, mais mettre fin au conflit avec la Russie ne peut être réalisé que si le plan de paix de l'Ukraine est respecté, souligne Dmytro Kuleba, ministre des Affaires étrangères de l'Ukraine, dans une interview exclusive accordée à Arab News.

Lors d'une interview exclusive réalisée via Zoom, M. Kuleba a indiqué qu'il était encore prématuré d'aborder en détail les lieux ou les dates spécifiques d'un sommet mondial. Cependant, il a affirmé que le dialogue progressait dans la bonne direction, à condition que la formule de paix ukrainienne soit mise en œuvre.

De hauts fonctionnaires de quarante-deux pays se sont rassemblés à Djeddah, en Arabie saoudite, les 5 et 6 août, dans le but d'élaborer les principes phares pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Ce sommet faisait suite à un forum similaire qui s'était tenu à Copenhague, au Danemark, plus tôt cet été.

Dmytro Kuleba commente: «À la suite de la réunion de Djeddah, je peux affirmer que nous progressons définitivement dans cette direction à un bon rythme et que cela se concrétisera. Nous travaillons en étroite collaboration avec l'Arabie saoudite et d'autres pays impliqués pour organiser ce sommet, comme proposé par l'Ukraine.»

«Et l'objectif de ce sommet est très clair, la formule de paix de l'Ukraine, qui est une manière globale de résoudre le conflit, donnera des résultats, et tous les enjeux couverts par cette solution de paix commenceront à être mis en œuvre.»

«C'est la seule voie à suivre, selon la Charte des nations unies et le droit international.»

Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a déclaré qu'il espère que l'initiative diplomatique conduira à un sommet de paix des dirigeants mondiaux à l'automne pour approuver les principes, basés sur sa propre formule en dix points pour un règlement.

Il a présenté le plan lors du sommet du Groupe des vingt (G20) à Bali, en Indonésie, en novembre dernier.

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Celui-ci abordait la sécurité nucléaire, la sécurité alimentaire et énergétique, la libération des prisonniers, la restitution du territoire, la cessation des hostilités, la responsabilité des crimes de guerre, la sécurité environnementale, la prévention des futures agressions et la confirmation de la fin de la guerre. Arab News a contacté l'ambassade de Russie pour un commentaire, sans succès.

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a récemment déclaré que Moscou appréciait les «initiatives humanitaires et de médiation» des amis de la Russie, tout en réitérant le rejet par son pays de la « formule de paix » proposée par l'Ukraine.

«En promouvant la formule de Zelensky, le régime de Kiev et l'Occident tentent de minimiser l'importance des initiatives de paix proposées par d'autres pays et de monopoliser le droit de les faire avancer», a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse la semaine dernière. 

La réunion de Djeddah, qui vient de s'achever, s'est terminée sans conférence de presse de clôture ni déclaration officielle saoudienne. Toutefois, le Royaume a maintenu jusqu'à présent son désir de servir d'intermédiaire neutre entre la Russie et l'Ukraine. Mardi, le Cabinet saoudien a décrit le sommet de Djeddah comme une poursuite des initiatives et des efforts du prince héritier visant à contribuer à la réalisation d'une paix durable et à réduire l'impact humanitaire de la crise.

Lors de la réunion de Copenhague en juin, la demande de l'Ukraine selon laquelle toutes les troupes russes devaient se retirer avant le début des pourparlers de paix a été considérée par certains pays participants comme une demande irréaliste.

La Russie, qui contrôle de vastes parties du territoire ukrainien, notamment la Crimée et des parties de Donetsk et Louhansk, a déclaré que toute négociation devait tenir compte des «nouvelles réalités territoriales».

Interrogé sur la signification des positions de ces deux nations, M. Kuleba affirme que l'Ukraine avait la «vérité» de son côté.

«De toutes les perspectives, légales, politiques, économiques et historiques, la Russie doit respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues», déclare-t-il.

«Les frontières ont été reconnues par la Russie, ainsi que par le reste du monde, notamment l'Arabie saoudite et d'autres pays. Donc, la différence entre notre position et celle de la Russie est que notre position est légitime, à l’inverse de la leur.»

«Et la vérité dans ce cas est de notre côté. Alors pourquoi ne devrions-nous pas la poursuivre?»

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La rédactrice en chef adjointe d'Arab News, Noor Nugali, s'est entretenue en exclusivité avec Dmytro Kuleba, de l'Ukraine. (Photo, AN)

Commentant le sommet de Djeddah, le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, avait déclaré que «toute tentative de promouvoir un règlement pacifique mérite une évaluation positive».

Quand on lui a demandé si cela pouvait suggérer que la Russie était prête à envisager d'autres moyens pour parvenir à la paix, Dmytro Kuleba a fait remarquer que Kiev ne croit pas aux paroles de Moscou – seules les actions importent.

«Je pense qu'il serait trop tôt et naïf de tirer des conclusions d'un seul commentaire du porte-parole du président Poutine», souligne M. Kuleba.

«À différentes occasions, non seulement lui, mais d'autres hauts responsables russes ont également déclaré que l'agression russe contre l'Ukraine se poursuivra tant que la Russie atteindra les objectifs de cette agression.»

«Nous ne faisons donc pas confiance aux paroles russes. Nous voulons voir des actions russes spécifiques sur le terrain pour en conclure qu'ils sont prêts à restaurer la paix. Pour l'instant, ce n'est pas le cas.»

Arab News a contacté l'ambassade de Russie pour obtenir un commentaire, mais sans succès.

Dmytro Kuleba a reconnu le rôle prépondérant de l'Arabie saoudite dans les efforts visant à résoudre la crise ukrainienne, depuis l'échange de prisonniers qu'elle a facilité en septembre 2022 jusqu'à l'intervention de M. Zelensky devant la Ligue arabe à Djeddah en mai de cette année et, plus récemment, en tant qu'hôte du sommet de ce mois-ci.

«J’estime que l'Arabie saoudite joue un rôle très constructif dans les affaires liées à l'agression russe contre l'Ukraine», précise-t-il.

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«Nous sommes conscients que votre direction a identifié une possibilité pour l'Arabie saoudite de jouer un rôle véritablement global et positif sur la scène de la politique internationale.»

«Et je ne peux que saluer la vision et le leadership de votre pays dans ces affaires, car pour résoudre les problèmes mondiaux, il faut avoir une ambition mondiale. L'Arabie saoudite a clairement démontré qu'elle a cette ambition.»

«En conséquence, elle a également prouvé sa capacité à réaliser énormément de choses, ce qui ne peut qu'être accueilli et salué.»

Récemment, les responsables ukrainiens ont porté leurs efforts diplomatiques vers la construction d'un soutien au-delà des principaux soutiens occidentaux de Kiev en s'adressant aux pays du Sud mondial.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles l'Ukraine considère soudainement le Sud mondial comme une composante si essentielle, M. Kuleba a indiqué qu’un nombre important de ces nations avaient souffert de l'agression russe.

«Bien que l'agression russe contre l'Ukraine se déroule en Europe, elle a des répercussions mondiales et ce sont les pays du Moyen-Orient, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud qui ressentent les conséquences de cette agression», déclare Dmytro Kuleba.

«C'est pourquoi il est essentiel que tous ces pays s'associent dans un effort commun visant à mettre fin à ce conflit, afin d’alléger la pression sur nos économies, pour la sécurité alimentaire mondiale et, bien sûr, pour rétablir le respect du droit international, ceci étant dans l'intérêt de tous.»

Lorsqu'on l'a questionné sur la possibilité que des pays tels que la Turquie, l'Inde, l'Indonésie, l'Afrique du Sud, le Brésil et même la Chine aient les incitations ou l'influence nécessaires pour convaincre le Kremlin de modifier sa trajectoire, M. Kuleba a expliqué que cela constituerait un processus graduel, mais qu'il se déroulerait dans la bonne direction.

«Si je regarde la liste des pays qui ont participé à la réunion similaire des conseillers à la sécurité nationale et des représentants des ministères des Affaires étrangères à Copenhague, il y a un peu plus d'un mois, puis à la réunion de suivi à Djeddah, je constate que le nombre de pays participants augmente – notamment la Chine, qui a rejoint le format pour la première fois – ce qui témoigne du fait très simple qu'ils y voient de la valeur et que leur incitation évolue», déclare-t-il.

«Cela ne se produit pas en un jour, mais la dynamique générale de ce processus est positive. Et je tiens à remercier une fois de plus l'Arabie saoudite d'avoir joué un rôle très constructif en aidant d'autres pays à rejoindre le processus et à y réaliser leurs intérêts.»

Dmytro Kuleba spécifie que c’est la voix collective du Sud mondial, par opposition aux nations individuelles, qui amènerait finalement la Russie à la table des négociations.

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«Si l'on prend la Chine, elle entretient des relations spéciales avec la Russie», indique-t-il. «Si l'on prend la Turquie, elle entretient des relations très profondes avec la Russie. Si l'on prend l'Arabie saoudite, on peut en dire autant.»

«Alors, peut-être que chaque pays agissant individuellement ne dispose pas des ressources nécessaires pour influencer la Russie à changer de position. Cependant, si tous ces pays sont réunis, l'effet cumulatif sur la Russie pourrait être décisif.»

«Et c'est précisément l'objectif; réunir tous ceux qui sont prêts à transformer la situation pour le mieux. Ensemble, nous pouvons mettre fin à cette guerre, mettre en place une formule de paix et restaurer l'intégrité territoriale de l'Ukraine, dans l'intérêt de la communauté internationale tout entière.»

Cependant, des inquiétudes persistent parmi les pays du Sud global concernant les risques de compromettre leurs relations avec la Russie en s'alignant aux côtés de l'Ukraine. En effet, même l'Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) semble hésitante quant à la manière dont elle doit agir pour confronter la Russie, refusant de proposer une voie claire permettant à l'Ukraine de rejoindre l'alliance militaire.

«Je pense que ce sont deux voies distinctes», déclare M. Kuleba. «L'Ukraine se dirige progressivement vers son intégration dans l'Union européenne (UE) et l'Otan pour des raisons économiques et de sécurité. C'est un choix très naturel pour notre pays, compte tenu de notre histoire et de notre géographie.»

«Les pays du Sud global ont beaucoup perdu en raison de l'agression russe contre notre pays. Mais cela n'a rien à voir avec nos aspirations à devenir membres de l'UE ou de l'Otan.»

«Ce que les pays d'Asie, d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Amérique du Sud veulent voir, ce sont des marchés mondiaux de l'alimentation stables, des perspectives de commerce avec l'Ukraine et l'exploitation du plein potentiel de l'éducation pour leurs étudiants en Ukraine. Tout cela fonctionnait parfaitement avant que la Russie n'attaque.»

«Je n'ai donc pas l'impression que les pays du monde voient la situation à travers le prisme des intérêts régionaux de l'Ukraine, qui visent une intégration étroite avec l'UE et l'Otan.»

L'Ukraine semble considérer le retrait de la Russie de l'Initiative pour les céréales de la mer Noire en juillet comme un problème autour duquel elle pourrait peut-être mobiliser le soutien du Sud global.

L'Ukraine et la Russie figurent parmi les principaux exportateurs mondiaux de céréales. L'accord sur les céréales a été négocié par l'Organisation des nations unies (ONU) et la Turquie en juillet 2022 afin d’aider à combattre une crise alimentaire mondiale aggravée par l'invasion.

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La Russie a déclaré que trop peu de céréales étaient parvenues aux pays pauvres en vertu des termes de l'accord – une affirmation contestée par l'ONU. Moscou estimait également que la partie de l'accord permettant une augmentation des exportations agricoles russes n'était pas respectée par l'Occident en raison des sanctions.

En réponse à l'argument du Kremlin, Dmytro Kuleba a déclaré que la Russie n'avait pas le droit de demander des conditions préférentielles dans une crise qu'elle avait elle-même provoquée.

«Il convient de revenir à février 2022, lorsque la Russie a lancé une attaque illégale contre l'Ukraine et a imposé un blocus sur les exportations maritimes ukrainiennes de céréales. Cette action était en violation de la loi et illégitime», précise-t-il.

«Ainsi, lorsque la Russie tente de négocier en sa faveur à la suite de ses propres actions illégales, il est inapproprié de considérer l'apaisement des préoccupations et des intérêts légitimes de la Russie dans de telles circonstances.»

«La Russie est à l'origine de ce problème et elle doit déployer tous les efforts nécessaires pour le résoudre, plutôt que de chercher à maintenir le blocus des ports ukrainiens et de tenter de protéger ses propres intérêts sur la scène mondiale. Ce n'est tout simplement pas la manière dont les choses fonctionnent.»

Si ce genre de comportement de la Russie est toléré, d'autres acteurs à travers le monde pourraient être tentés d'adopter la même approche, de générer des problèmes, puis d’essayer de les résoudre au détriment d'autrui, plutôt que d'éliminer simplement la cause initiale – la raison fondamentale des problèmes auxquels nous sommes tous confrontés.

Noor Nugali est rédactrice en chef adjointe d'Arab News.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.


Le secrétaire américain à l'Armée de terre démissionne après des mois de tension

Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
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  • Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll
  • "Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré

WASHINGTON: Le secrétaire américain à l'Armée de terre Dan Driscoll a remis sa démission, après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison Blanche à l'AFP.

S'il est accepté, ce départ constituera le dernier bouleversement en date à la tête de l'institution, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs mises à l'écart dont celle au printemps de son chef d'état-major, le général Randy George.

Dan Driscoll était le plus haut responsable civil de l'armée de terre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.

Sa démission a été révélée dans un premier temps par le Wall Street Journal en fin de journée lundi, puis reprise par plusieurs médias américains.

"Le secrétaire Driscoll s'est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump (...) apportant un leadership remarquable lors d'opérations militaires historiques", a salué la Maison Blanche dans un communiqué.

Elle a jugé l'armée américaine "plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés" de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Dan Driscoll a notamment été impliqué dans des négociations concernant la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Il est un ami proche du vice-président JD Vance, dont il a été camarade de promotion à la faculté de droit de la prestigieuse université de Yale.

Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois.

Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll.

"Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré.

Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’est présenté sans succès au Congrès en 2020. Il a ensuite été conseiller dans l'équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.

Sa démission intervient cinq mois après l'éviction du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, limogé début avril.

Elle menace de facto de laisser l'armée de terre américaine sans direction civile ni militaire permanente.

Depuis l'éviction du général George, le poste de chef d'état-major de l'armée de terre est occupé par son ancien bras droit, le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan désigné par Pete Hegseth pour assurer l'intérim.


Trump menace de bombarder «fort» l'Iran après de premiers échanges de frappes en un mois

Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
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  • "Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News
  • Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord"

WASHINGTON: Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.

Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre "deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.

Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord".

En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.

"Escalade dangereuse" 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l'attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été "observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines" à Ormuz.

Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.

Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant "une escalade dangereuse".

Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une "riposte bien plus forte" si toute nouvelle "agression" de Washington était lancée depuis leur territoire.

Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz.

Un tanker a également été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l'agence maritime britannique, UKMTO.

Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d'Ormuz.

Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Protéger la circulation" 

En réponse, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux", le Centcom affirmant avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un "superpétrolier voyou" avait heurté deux mines navales lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la "désinformation".

Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d'après.

Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple: les Etats-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir" à ce qui a été signé. "Tout rentrera alors dans l'ordre".

Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.

"On va continuer à faire pression" sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux Etats-Unis avec ses homologues des pays du G20.