Le cargo au départ de l'Ukraine est arrivé à Istanbul malgré le blocus russe

Ci-dessus, le porte-conteneurs Joseph Schulte quitte le port d'Odessa transportant plus de 30 000 tonnes de marchandises, dont des produits alimentaires (Photo, Bureau de presse du ministère ukrainien des Infrastructures via AP).
Ci-dessus, le porte-conteneurs Joseph Schulte quitte le port d'Odessa transportant plus de 30 000 tonnes de marchandises, dont des produits alimentaires (Photo, Bureau de presse du ministère ukrainien des Infrastructures via AP).
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Publié le Vendredi 18 août 2023

Le cargo au départ de l'Ukraine est arrivé à Istanbul malgré le blocus russe

  • Le porte-conteneurs «Joseph Schulte», battant pavillon de Hong Kong, a quitté mercredi le port ukrainien d'Odessa, un défi lancé à la Russie qui menace d'attaquer de tels navires
  • Le porte-conteneurs emprunte «un nouveau couloir humanitaire» établi par Kiev, a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky

ISTANBUL: Le premier cargo au départ de l'Ukraine après la fin de l'accord sur les céréales est arrivé jeudi soir comme prévu à Istanbul, malgré le blocus russe, selon les sites de trafic maritime.

Le porte-conteneurs "Joseph Schulte", battant pavillon de Hong Kong, a quitté mercredi le port ukrainien d'Odessa, un défi lancé à la Russie qui menace d'attaquer de tels navires depuis qu'elle a mis fin en juillet à l'accord par lequel l'Ukraine pouvait exporter ses céréales.

Le porte-conteneurs emprunte "un nouveau couloir humanitaire" établi par Kiev, a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, tandis que la Russie a procédé le week-end dernier à des tirs de sommation envers un cargo qui se dirigeait vers Izmaïl, un port sur le Danube dans le sud de l'Ukraine.

La présidence turque a brisé jeudi soir son silence sur ces tirs visant un navire qui appartient, bien que battant le pavillon de Palaos, à une compagnie turque.

"Les interlocuteurs en Russie ont été mis en garde pour éviter ce genre d'initiative qui pourrait faire monter les tensions en mer Noire", a affirmé Ankara.

Moscou a en outre intensifié ses attaques contre les infrastructures portuaires ukrainiennes de la mer Noire et du Danube depuis son retrait de l'accord sur les céréales conclu sous l'égide de l'ONU et de la Turquie et entré en vigueur à l'été 2022.

Ce dernier permettait aux céréales ukrainiennes de quitter les ports du sud de l'Ukraine malgré le blocus mis en place par la Russie.

Dans le même temps, la communauté internationale cherche à trouver un moyen de sécuriser les itinéraires pour le transport vers le reste du monde des céréales à temps pour la récolte de cet automne, l'Ukraine et la Russie en étant des exportateurs de premier plan.

Nouvelle initiative américaine

L'accord de l'année dernière a contribué à faire baisser les prix mondiaux des denrées alimentaires et à fournir aux Ukrainiens d'importants revenus. L'Ukraine exporte désormais via le Danube une grande partie de ses produits agricoles.

Selon le Wall Street Journal, des responsables américains sont en pourparlers avec la Turquie, l'Ukraine et ses voisins concernant l'augmentation du trafic le long du Danube, qui se jette dans la mer Noire à la frontière entre l'Ukraine et la Roumanie.

L'un de ces responsables a affirmé que Washington allait étudier toutes les options, y compris celle d'un accompagnement militaire des navires de commerce ukrainiens.

Mais un officiel du ministère turc de la Défense ayant requis l'anonymat a semblé écarter jeudi cette initiative.

"Nos efforts se concentrent sur la réactivation de l'accord sur les céréales", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision privée turque NTV.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan espère rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine ce mois-ci et le rétablissement de l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes devrait être à l'ordre du jour de leurs discussions.

M. Erdogan a tenté de maintenir la neutralité de son pays et de rehausser son rôle diplomatique depuis le déclenchement de la guerre.

La Turquie a ainsi accueilli deux premières séries de pourparlers de paix avec l'Ukraine et a intensifié ses échanges avec la Russie tout en fournissant des armes à Kiev.

Contre-offensive diplomatique

Les Russes se sont retirés de l'accord sur les céréales après avoir affirmé qu'il n'avait pas atteint son objectif de profiter aux populations touchées par la famine, en particulier en Afrique avec laquelle ils cherchent à renforcer les liens pour éviter un isolement sur la scène mondiale.

La Russie a depuis demandé à la Turquie de l'aider en vue d'exporter des céréales vers les pays africains en écartant l'Ukraine.

Dans un entretien jeudi avec l'AFP, le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a dans ce contexte annoncé un combat "de longue haleine" pour "faire renaître" les relations de Kiev avec l'Afrique.

Les tentatives russes d'obtenir le contrôle unilatéral de la navigation sur la mer Noire interviennent sur fond de contre-offensive militaire déclenchée en juin par les forces ukrainiennes.

Pas de pression

Cette contre-offensive s'appuie sur de nouveaux équipements occidentaux mais progresse lentement.

Seule l'Ukraine décidera des termes d'une éventuelle négociation de paix avec la Russie, a répété jeudi le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg.

Deux jours plus tôt, son directeur de cabinet Stian Jenssen avait irrité Kiev en laissant entendre qu'une solution au conflit pourrait être que l'Ukraine cède des territoires à la Russie en contrepartie d'une adhésion à l'Otan.

M. Kouleba a assuré que l'Ukraine "ne ressentait pas" la pression de ses alliés occidentaux pour obtenir des résultats rapides.


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.