Robe de soirée, clonage et robot au salon animalier de Shanghai

Robots compagnons, vêtements connectés avec intelligence artificielle: la pléthore de gadgets exposés au "Pet Fair Asia" est aussi le signe du pouvoir d'achat grandissant d'une classe moyenne de jeunes propriétaires férus de technologie (Photo, AFP).
Robots compagnons, vêtements connectés avec intelligence artificielle: la pléthore de gadgets exposés au "Pet Fair Asia" est aussi le signe du pouvoir d'achat grandissant d'une classe moyenne de jeunes propriétaires férus de technologie (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 19 août 2023

Robe de soirée, clonage et robot au salon animalier de Shanghai

  • La passion pour les animaux de compagnie a explosé ces dernières décennies dans le pays
  • Certains propriétaires n'hésitent pas à dépenser des fortunes pour leurs animaux.-

SHANGHAI: D'une robe de soirée pour chien à 12.000 euros jusqu'aux snacks de luxe, le salon des animaux de compagnie de Shanghai, le plus grand d'Asie, démontre la passion des Chinois pour leurs bêtes à poil.

Robots compagnons, vêtements connectés avec intelligence artificielle: la pléthore de gadgets exposés au "Pet Fair Asia" est aussi le signe du pouvoir d'achat grandissant d'une classe moyenne de jeunes propriétaires férus de technologie.

"Quand vous avez un animal, vous l'élevez comme si c'était votre enfant", déclare à l'AFP la jeune propriétaire d'un chien, Mme Song. "Il occupe une place vraiment très importante dans votre coeur."

La passion pour les animaux de compagnie a explosé ces dernières décennies dans le pays. En Chine, où vivent 1,4 milliard d'habitants, près de 100 millions de foyers en possédaient au moins un en 2022.

"L'évolution des mentalités en matière de famille et l'augmentation du nombre de célibataires" expliquent en partie ce boom, estime le cabinet de conseil Deloitte, basé à Londres.

"Les jeunes d'aujourd'hui ne veulent plus sacrifier toute leur vie pour élever des enfants, comme la génération précédente", déclare à l'AFP Mme Duan, une jeune visiteuse du salon. "Avec un animal, ils peuvent obtenir immédiatement cette intimité, cette douceur (...) mais sans avoir à dépenser autant de temps et d'énergie" que pour un bébé, souligne-t-elle.

Certains propriétaires n'hésitent pas à dépenser des fortunes pour leurs animaux.

Litière au tofu 

Ainsi, cette robe blanche resplendissante, longue de 1,5 mètre, qui scintille derrière une vitre du salon de Shanghai. Brodée à la main, accompagnée de son diadème, elle est vendue pour 99.999 yuans (12.600 euros).

Elle n'est pas destinée à être portée par une femme mais... par une chienne, lors d'un "mariage canin", explique à l'AFP Sun Chao, responsable de l'atelier de création derrière ce vêtement un peu spécial.

"L'environnement économique en Chine n'est pas super ces dernières années. Mais le marché des animaux de compagnie, c'est vraiment un cas à part", explique M. Sun, qui affirme que son entreprise reçoit plusieurs dizaines de commandes par an.

D'ici 2025, le secteur des animaux de compagnie devrait croître de 68% pour atteindre les 811 milliards de yuans (102 milliards d'euros) de revenus en Chine, selon le cabinet iiMedia Research. Et selon ses organisateurs, l'actuelle édition de la "Pet Fair Asia" est d'une ampleur sans précédent.

Plus de 2.000 exposants sont présents et y vendent certains articles surprenants: litière pour chat au tofu, snacks pour animaux à base de grenouille ou encore beignets et macarons pour chiens. Dans une Asie de l'Est où le rythme de travail peut être frénétique et les heures supplémentaires fréquentes, les caméras connectées pour pouvoir surveiller son animal à distance depuis son smartphone sont également des produits star.

28.000 euros le clone 

Un petit robot, proposé à 169 dollars (155 euros) peut ainsi suivre l'animal de compagnie, le nourrir, jouer avec lui avec un laser ou encore diffuser la voix du maître.

La prochaine version de l'appareil devrait avoir recours à l'intelligence artificielle pour interpréter les mouvements de l'animal et réagir en conséquence.

Au stand de la société chinoise Sinogene, les visiteurs se pressent autour de toutous tous identiques, portant un harnais sur lequel est écrit "Je suis un chien cloné".

L'entreprise est l'une des rares au monde à proposer des services de clonage d'animaux de compagnie, afin de permettre à leurs propriétaires d'être "pour toujours" avec eux, comme l'indique son slogan.

Sinogene a déjà cloné environ 500 animaux pour des clients chinois depuis l'ouverture de ce service en 2017, indique à l'AFP M. Dai, un représentant de Sinogene. Coût: entre 220.000 et 450.000 yuans (28.000 et 57.000 euros), en fonction de la race.

Si les chiens et les chats reignent en maîtres sur le salon, d'autres espèces animales sont également présentes.

Un employé d'un constructeur de voitures électriques tente d'attirer les clients en faisant marcher dans les allées un imperturbable alpaga.

Plus loin, une nuée de serpents se tortille dans des récipients en plastique et un attroupement de visiteurs curieux se forme autour de suricates - un petit carnivore originaire du sud-ouest de l'Afrique.


Mort du pionnier de l'info en continu Ted Turner, créateur de CNN

La chaîne américaine CNN a annoncé mercredi la mort à 87 ans de son fondateur Ted Turner, personnage audacieux et provocateur, pionnier de l'information en continu avant de devenir un influent philanthrope. (AP)
La chaîne américaine CNN a annoncé mercredi la mort à 87 ans de son fondateur Ted Turner, personnage audacieux et provocateur, pionnier de l'information en continu avant de devenir un influent philanthrope. (AP)
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  • Entré dans les affaires en reprenant l'entreprise de publicité en difficulté laissée par son père, mort par suicide, il avait intégré le monde de la télévision en 1970 en rachetant une chaîne à Atlanta, en Géorgie
  • Dix ans plus tard, celle-ci était devenue le pilier de son réseau national, le Turner Broadcasting System, dont les profits lui avaient permis de lancer CNN en 1980

NEW YORK: La chaîne américaine CNN a annoncé mercredi la mort à 87 ans de son fondateur Ted Turner, personnage audacieux et provocateur, pionnier de l'information en continu avant de devenir un influent philanthrope.

Donald Trump - qui pourfend régulièrement la chaîne qu'il accuse d'hostilité à son égard - a rendu hommage à un "grand nom de l'histoire de la télévision".

En 2018, le magnat des médias avait révélé souffrir de la démence à corps de Lewy, une maladie neurodégénérative provoquant des symptômes proches des maladies de Parkinson et d'Alzheimer.

Né à Cincinnati, dans l'Ohio, en novembre 1938, Ted Turner avait d'abord fréquenté un pensionnat militaire dans le Tennessee avant d'intégrer la prestigieuse université Brown, dont il a été expulsé avant d'obtenir son diplôme.

Entré dans les affaires en reprenant l'entreprise de publicité en difficulté laissée par son père, mort par suicide, il avait intégré le monde de la télévision en 1970 en rachetant une chaîne à Atlanta, en Géorgie.

Dix ans plus tard, celle-ci était devenue le pilier de son réseau national, le Turner Broadcasting System, dont les profits lui avaient permis de lancer CNN en 1980.

Première chaîne d'information en continu 24 heures sur 24, celle-ci s'est progressivement imposée aux Etats-Unis puis à l'international, accompagnant le passage de la télévision hertzienne au câble.

Son rayonnement s'est manifesté notamment lors de la première guerre du Golfe (1990-1991), grâce à une couverture en direct étendue rendue possible par la technologie satellitaire.

Rival de Murdoch 

Le succès de CNN a depuis inspiré la création de nombreuses chaînes d'information en continu, notamment Fox News, fondée par le rival de longue date de Ted Turner, Rupert Murdoch, MSNBC et de nombreuses autres à travers le monde.

Le sport était l'autre passion de Ted Turner. Il avait été propriétaire de l'équipe de baseball des Atlanta Braves, ainsi que de celles de basket des Atlanta Hawks et de hockey sur glace des Atlanta Thrashers.

Il avait en outre remporté la Coupe de l'America en 1977 en tant que skipper du yacht américain Courageous.

Un incident maritime avait d'ailleurs renforcé sa rivalité avec Rupert Murdoch en 1983, lorsqu'un yacht sponsorisé par ce dernier était entré en collision avec celui de Ted Turner lors de la course Sydney-Hobart, provoquant le naufrage de sa goélette.

"Son rôle de pionnier a laissé une empreinte indélébile sur notre paysage culturel. C'était un grand Américain et un ami", a réagi dans un communiqué le magnat des médias.

Désigné homme de l'année par le magazine Time en 1991, il avait épousé cette même année l'actrice Jane Fonda, sa troisième femme dont il avait divorcé dix ans plus tard.

Ted Turner avait attribué leurs difficultés à la conversion de Jane Fonda au christianisme. Version de cette dernière: "Il a besoin de quelqu'un à ses côtés 100% du temps (...). Ce n'est pas de l'amour, c'est du baby-sitting".

Au-delà des affaires et du sport, il était connu pour ses engagements philanthropiques et environnementaux.

Défenseur du climat 

En 1998, Ted Turner avait fait don d'un milliard de dollars pour créer la Fondation des Nations unies engagée notamment sur le climat, le développement durable, la technologie et la santé.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a salué mercredi "un visionnaire dont la conviction, la générosité et l'audace ont laissé une empreinte durable sur les Nations unies et sur notre monde".

Il avait également créé en 1997 un Fonds pour la protection d'espèces menacées comme les tortues gopher ou les papillons monarques.

En 2015, il avait lancé la Ted Turner Reserves, une initiative d'écotourisme permettant de visiter ses propriétés au Nouveau-Mexique et de découvrir des projets de protection de la nature.

Sa mort survient au moment où la chaîne d'information en continu qu'il a créée s'apprête à passer sous le contrôle de la famille Ellison, jugée proche de Donald Trump, ce qui suscite des questions sur son indépendance éditoriale.

Le président américain a affirmé mercredi, dans la foulée de son hommage au magnat, que CNN était devenue "woke", un adjectif péjoratif utilisé par les conservateurs pour désigner leurs adversaires progressistes, et espéré que la chaîne soit "rendue à son ancienne crédibilité et gloire" par ses nouveaux propriétaires, "des gens merveilleux."

CNN souffre de mauvaises audiences depuis de nombreuses années. Sa concurrente Fox News enregistre un audimat bien plus important.

 


Le pavillon saoudien à la Biennale de Venise transforme un patrimoine fragmenté en une installation artistique monumentale

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  • L’artiste saoudienne Dana Awartani transforme le patrimoine arabe menacé en une vaste installation de terre cuite et de mosaïque à la Biennale de Venise
  • Le pavillon saoudien met en lumière l’artisanat traditionnel et la mémoire culturelle lors de l’une des plus prestigieuses expositions d’art contemporain au monde

VENISE : L’Arabie saoudite a dévoilé une immense installation de terre et de mosaïque lors de la 61e Exposition internationale d’art de La Biennale di Venezia, utilisant l’artisanat traditionnel et des références à des sites patrimoniaux endommagés à travers le monde arabe pour explorer la mémoire, la perte et la continuité culturelle.

L’exposition, relayée par l’Agence de presse saoudienne, marque la cinquième participation du Royaume à cette manifestation prestigieuse, considérée comme l’une des vitrines les plus influentes de l’art contemporain mondial.

Occupant l’intégralité du sol du pavillon national saoudien dans l’historique Arsenale de Venise, l’installation de Dana Awartani, intitulée « May your tears never dry, you who weep over stones », s’inspire de l’art géométrique islamique et des traditions de la mosaïque enracinées dans l’ensemble du monde arabe.

Commissariée par Antonia Carver, avec l’assistance de Hafsa Alkhudairi, l’œuvre fait référence à 23 sites patrimoniaux reconnus par des organismes internationaux de préservation et touchés par la destruction ou les conflits ces dernières années.

« Ces sites ne sont pas simplement des pierres — ce sont des réceptacles qui portent nos histoires et nos identités à travers le temps », a déclaré Dana Awartani dans des propos relayés par l’Agence de presse saoudienne.

« L’œuvre rassemble de nombreux sites qui sont ou ont été attaqués, et qui portent des histoires communes dépassant les frontières contemporaines », a-t-elle ajouté.

L’installation a nécessité près de 30 000 heures de travail artisanal, dans un processus collaboratif décrit par les organisateurs comme une œuvre façonnée “par de nombreuses mains”, mettant en avant le partage des savoir-faire et la transmission des connaissances traditionnelles.

Dana Awartani a travaillé avec 32 artisans dans un atelier situé près de Riyad, réalisant plus de 29 000 briques d’argile séchées au soleil à partir de quatre terres de couleurs différentes provenant de diverses régions d’Arabie saoudite. Les briques ont été fabriquées sans agents chimiques liants, renforçant ainsi l’accent mis sur la matérialité brute et les méthodes traditionnelles.

L’installation finale, semblable à une mosaïque monumentale au sol, évoque à la fois la fragilité et la résilience, tandis que ses motifs répétitifs suggèrent les liens culturels profonds qui unissent le monde arabe à travers les siècles.

Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels d’Arabie saoudite, a affirmé que le pavillon de Venise constitue une plateforme permettant aux grandes voix artistiques du Royaume de dialoguer avec la scène internationale.

« Cette nouvelle commande a permis à Dana de créer une œuvre d’une ampleur conceptuelle, d’une taille et d’une complexité inédites », a déclaré Amin.

L’Arabie saoudite a progressivement renforcé sa présence culturelle internationale ces dernières années, dans le cadre d’efforts plus larges visant à développer ses industries créatives et à se positionner comme un pôle artistique régional.

Le pavillon saoudien est commandité par la Commission des arts visuels du ministère de la Culture. La Biennale sera ouverte au public du 9 mai au 22 novembre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.