Coup d'Etat: l'UA suspend le Niger, se montre réservée sur une intervention militaire

Un partisan du Conseil national de sauvegarde de la patrie (CNSP) du Niger tient une pancarte du nouveau chef militaire du Niger, le général Abdourahamane Tiani, alors qu'ils se rassemblent sur la place de la Concertation à Niamey le 20 août 2023. (AFP)
Un partisan du Conseil national de sauvegarde de la patrie (CNSP) du Niger tient une pancarte du nouveau chef militaire du Niger, le général Abdourahamane Tiani, alors qu'ils se rassemblent sur la place de la Concertation à Niamey le 20 août 2023. (AFP)
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Publié le Mardi 22 août 2023

Coup d'Etat: l'UA suspend le Niger, se montre réservée sur une intervention militaire

  • De son côté, la Cedeao maintient vouloir «rétablir l'ordre constitutionnel au Niger». Elle répète sa préférence pour une solution diplomatique, agitant toujours la menace de l'usage de la force
  • A Niamey, la télévision nationale a annoncé mardi que douze soldats avaient été tués dimanche dans la région de Tillabéri (sud-ouest), dans une embuscade de djihadistes présumés

ADDIS ABEBA: L'Union africaine (UA) a suspendu le Niger, théâtre d'un coup d’État fin juillet, mais s'est montrée réservée sur une éventuelle intervention militaire ouest-africaine pour rétablir le président Mohamed Bazoum, en appelant à une solution diplomatique.

Réuni le 14 août, le Conseil de paix et de Sécurité (CPS) de l'UA a décidé "de suspendre immédiatement la participation de la République du Niger de toutes les activités de l'UA et de ses organes et institutions jusqu'au rétablissement effectif de l'ordre constitutionnel dans le pays", selon un communiqué publié mardi.

Dans ce texte, le CPS prend "note de la décision de la Cedeao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest)", de "déployer une force" au Niger, une option qui rend l'organisation continentale sceptique.

Il demande à la Commission de l'UA "une évaluation des implications économiques, sociales et sécuritaires" d'un tel déploiement, tout en affichant clairement sa préférence pour la voie diplomatique.

Le CPS dit appuyer les "efforts de la Cedeao dans son engagement soutenu en faveur du rétablissement de l'ordre constitutionnel par des moyens diplomatiques", puis affirme soutenir un "rétablissement pacifique" de l'ordre constitutionnel" au Niger.

Il "invite" également "la junte militaire au Niger à coopérer avec la Cedeao et l'UA en vue d'un rétablissement pacifique et rapide de l'ordre constitutionnel".

Le CPS appelle aussi ses États membres à "mettre pleinement en œuvre les sanctions imposées par la Cedeao" contre le Niger, tout en demandant leur "application progressive" et que soit minimisé leur "effet disproportionné sur les citoyens du Niger".

A Niamey, la télévision nationale a annoncé mardi que douze soldats avaient été tués dimanche dans la région de Tillabéri (sud-ouest), dans une embuscade de djihadistes présumés.

Transition de trois ans rejetée

Les militaires qui ont renversé le président Bazoum, élu en 2021, ont principalement justifié leur coup d'Etat par la "dégradation de la situation sécuritaire".

De son côté, la Cedeao maintient vouloir "rétablir l'ordre constitutionnel au Niger". Elle répète sa préférence pour une solution diplomatique mais agite toujours la menace de l'usage de la force.

Une délégation de l'organisation s'est rendue samedi à Niamey pour négocier une sortie de crise. Ses émissaires ont rencontré le chef du régime militaire, le général Abdourahamane Tiani, et le président renversé Mohamed Bazoum.

"Notre visite au Niger a été très fructueuse" et "a dégagé une piste pour commencer à discuter", a déclaré l'ancien président nigérian Abdulsalami Abubakar, qui a conduit la délégation. "Nous espérons arriver à quelque chose", a-t-il affirmé, mardi.

La Cedeao a annoncé le 10 août son intention de déployer une force ouest-africaine pour rétablir M. Bazoum et a assuré vendredi dernier avoir fixé "le jour de l'intervention", sans en préciser la date.

"Si une agression devait être entreprise contre nous, elle ne sera pas la promenade de santé à laquelle certains croient", a répondu samedi le général Tiani, peu après avoir annoncé une transition de trois ans maximum avant une restitution du pouvoir aux civils. Un délai jugé inacceptable par l'organisation ouest-africaine.

Parmi les principaux partenaires internationaux du Niger, la France qui déploie quelque 1 500 militaires pour la lutte antidjihadiste au Niger a affiché son soutien total à la Cedeao, tandis que les États-Unis ont appelé à une résolution pacifique de la crise.

Les militaires au pouvoir à Niamey ont dénoncé le 3 août une série d'accords militaires avec la France, dont certains sont assortis d'un préavis d'un mois.

Mardi, Abdoulaye Seydou, dirigeant du M62, une coalition de la société civile opposée à la présence militaire française, a affirmé que son mouvement n'accorderait pas "une seconde" à la France pour retirer ses troupes, à l'expiration de ce délai.

En marge du sommet des Brics qui se tient actuellement en Afrique du Sud, le directeur général chargé de l'Afrique au ministère des Affaires étrangères chinois, Wu Peng, a affirmé que la situation au Niger "doit être résolue grâce à un dialogue pacifique, par le biais de la Cedeao et de l'Union africaine".

La libération du président Mohamed Bazoum, retenu prisonnier depuis le coup d'Etat, est l'une des exigences de nombreux pays de la communauté internationale.

Dans une tribune au quotidien français le Figaro, sa fille Zazia Bazoum Mohamed, qui vit à Paris, a assuré que son père, en refusant de démissionner, a "décidé de se battre pour la sauvegarde de la démocratie", rappelant qu'il a été "démocratiquement élu" et demandant sa libération.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.