À la frontière israélo-libanaise, un village au coeur des tensions

Cette photo prise depuis le village de Ghajar montre un véhicule de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) passant le long de la barrière frontalière séparant le Liban et Israël, le 9 août 2023 (Photo, AFP).
Cette photo prise depuis le village de Ghajar montre un véhicule de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) passant le long de la barrière frontalière séparant le Liban et Israël, le 9 août 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 23 août 2023

À la frontière israélo-libanaise, un village au coeur des tensions

  • Le pittoresque village de Ghajar se retrouve malgré lui au coeur des tensions entre les deux pays frontaliers, officiellement en état de guerre
  • Récemment, la zone frontalière avec Israël dans le sud du Liban a été le théâtre d'incidents entre le Hezbollah et les forces israéliennes

GHAJAR: A cheval entre le Liban et le plateau du Golan, occupé et annexé par Israël, le pittoresque village de Ghajar se retrouve malgré lui au coeur des tensions entre les deux pays frontaliers, officiellement en état de guerre.

Dans les rues paisibles de Ghajar, aux parterres de fleurs bien entretenus, une frontière invisible sépare les deux camps.

"La ligne bleue est dans l'air", dit Abou Youssef Khatib, un habitant du village, en référence au nom de cette frontière imaginaire délimitée par l'ONU après le retrait israélien du sud-Liban en 2000, qui a mis fin à 22 ans d'occupation.

Celle-ci situe le nord de Ghajar en territoire libanais et la partie sud dans la région du Golan, relevant ainsi d'Israël.

Mais il y a quelques semaines, les Israéliens ont érigé une clôture surmontée de barbelés du côté libanais de la ligne bleue, trois mois après la plus importante confrontation de ces dernières années entre les deux pays, déclenchée par des tirs de roquettes depuis le Liban vers Israël.

Pour le ministère libanais des Affaires étrangères, il s'agit d'une tentative d'Israël d'annexer la partie nord de Ghajar.

Une série d'incidents a suscité la crainte d'un embrasement. Récemment, la zone frontalière avec Israël dans le sud du Liban, bastion du Hezbollah, a été le théâtre d'incidents entre le groupe libanais chiite pro-iranien et les forces israéliennes.

Dans les mémoires: une guerre dévastatrice qui avait opposé en 2006 Israël au Hezbollah et qui avait fait plus de 1 200 morts côté libanais, en majorité des civils, et 160 côté israélien, des militaires pour la plupart.

«Atmosphère électrique»

En dépit des tensions, Nahlah Saeed, une habitante de Ghajar, affirme s'y sentir en sécurité. "Je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir" mais "je sais que je vis bien, heureuse", confie-t-elle à l'AFP, assise à l'ombre.

Selon la mairie, le village compte environ 3 000 habitants qui ont obtenu la citoyenneté israélienne depuis que le pays a saisi le plateau du Golan à la Syrie lors de la guerre des Six Jours en 1967, puis l'a annexé en 1981.

Nous avons "le droit de construire une clôture autour de nos propres maisons", estime Bilal Khatib, porte-parole du village.

Le conseil local a construit la barrière pour "protéger" les maisons, se justifie-t-il auprès de l'AFP, précisant qu'elle empêche également que "des animaux sauvages (entrent) dans le village".

La nouvelle clôture, de plusieurs mètres de haut, surplombe les maisons du village voisin libanais de Wazzani.

Les responsables locaux se querellent à coups d'actes de propriété et de cartes qui prouvent selon eux qu'ils sont les propriétaires des lieux.

Ahmad al-Mohammed, le maire de Wazzani, affirme s'être "adapté à l'atmosphère électrique".

"Ces dernières années, il y a eu des bombardements israéliens qui ont eu un impact humain, matériel et sur le bétail. Mais les gens ne quittent pas le village, car ils sont attachés à leurs moyens de subsistance", déclare-t-il.

Depuis quelques décennies, des citoyens israéliens ont commencé à construire des maisons aux murs pastel vers le nord de Ghajar. Les autorités libanaises considèrent ces actes comme une atteinte à leur souveraineté.

Aux abords de Wazzani, Imad al-Mohamed, dirige son troupeau de moutons. Du haut de son cheval, il affirme que "lorsque les terres libanaises de Ghajar seront récupérées, il y aura plus de pâturages" pour ses bêtes, désignant les maisons désormais derrière la barrière israélienne.

«La paix avant tout»

L'ONU sert de médiateur dans cette affaire de barrière et joue les intermédiaires dans les pourparlers sur la ligne bleue.

"Malgré toutes les tensions (...), les deux parties sont engagées au maintien de la trêve et ne veulent pas de conflit", assure Andrea Tenenti, porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).

Selon lui, "Israël doit se retirer de la partie nord de Ghajar", en vertu d'accords internationaux soutenus par les deux pays. Le Liban doit, pour sa part, enlever une tente érigée en début d'année de l'autre côté de la ligne bleue, au nord-est de Ghajar.

Un responsable sécuritaire israélien a déclaré sous couvert d'anonymat que "l'armée terroriste voyou" du Hezbollah l'avait installée.

"Personne ne veut que ça dégénère", poursuit toutefois ce responsable.

Pour Abou Youssef Khatib, le plus important reste "la paix avant tout".

"Chacun a ses droits, je prends la terre qui m'appartient et il prend la terre qui lui appartient", dit-il, face à la vallée.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.