Des pays arabes invités à s’associer à la prolongation d’un oléoduc israélien

Une jetée pétrolière à Eilat, en mer Rouge (Photo, Wikimedia Commons).
Une jetée pétrolière à Eilat, en mer Rouge (Photo, Wikimedia Commons).
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Publié le Mercredi 16 décembre 2020

Des pays arabes invités à s’associer à la prolongation d’un oléoduc israélien

  • Le TIPline a été construit en 1968 en partenariat avec le shah d'Iran, pour éviter d’acheminer le pétrole par le canal de Suez
  • Brouillette estime que les accords d'Abraham ouvrent la voie vers la signature d’ententes avec d'autres pays arabes, à partir de janvier

CHICAGO: Les accords de paix qu'Israël a signés avec les Émirats arabes unis et Bahreïn établissent les fondations pour développer le commerce de l'énergie, a déclaré mardi le secrétaire américain à l'Énergie, Daniel Brouillette.

L'administration Trump ne perd pas de temps pour inviter d'autres pays arabes, tel que le Soudan, le Maroc, l'Autorité palestinienne, l'Arabie saoudite, la Jordanie et Oman, à s'associer à Israël pour prolonger son oléoduc trans-israélien. En plus du pétrole, le TIPline pourrait transporter d'autres ressources énergétiques, a ajouté Brouillette.

L’oléoduc s'étend du golfe d'Al-Aqaba dans le sud d'Israël, jusqu’au au port méditerranéen d'Ashkelon, au nord de la bande de Gaza.

Le TIPline a été construit en 1968 en partenariat avec le shah d'Iran, pour éviter d’acheminer le pétrole par le canal de Suez. Israël a ensuite travaillé avec la Russie pour fournir du pétrole aux pays asiatiques.

Bouillette révèle que l'échange entre Israël et ses voisins arabes pourrait éventuellement inclure d'autres sources d'énergie. « Le transfert du gaz entre Israël et l'Égypte puis vers la région s’est toujours bien déroulé », dit-il, « nous réfléchissons à d’autres possibilités (… ) concernant le transport du pétrole brut et d'autres produits à travers cet oléoduc, comme l'électricité par exemple ».

Il a de plus évoqué « l’incroyable chance que nous avons pour (…) le développement de l'hydrogène et son transfert dans toute la région. Ces technologies semblent susciter un vif intérêt ».

Brouillette estime que les accords d'Abraham signés par les Émirats arabes unis, Bahreïn, et Israël ouvrent la voie vers la signature d’ententes avec d'autres pays arabes, à partir de janvier.

Bien qu'il ne puisse pas spéculer sur ce pourrait faire une « une nouvelle administration américaine », mais il espère voir les progrès se poursuivre. « Je sais que l'Égypte entretient d'excellentes relations avec Israël. Ils ont mené des conversations dans le cadre d’une organisation appelée EasternMed Gas Forum. Nous nous attendons à ce que ce genre de conversations se poursuive », a-t-il ajouté.

L’objectif des États-Unis est de « produire de l’énergie et de la mettre à disposition de la région, mais aussi de créer des opportunités économiques pour l’Égypte, Israël, et tout autre pays qui souhaite fournir du gaz naturel, ou même du pétrole brut, aux autres pays dans le monde entier », a -t-il ajouté.

Brouillette avoue que son département explore l’idée d’étendre la conversation sur le sujet de l’énergie renouvelable à travers le Moyen-Orient, l'Europe et l'Asie. Il rappelle par ailleurs que les accords d'Abraham comprennent une clause ouvrant la voie à des accords énergétiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com