La population malienne toujours plus en danger, s'alarme l'ONU

Des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre au renforcement des "groupes terroristes", des experts de l'ONU ont dessiné un sombre tableau de la situation au Mali (Photo d'illustration, AFP).
Des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre au renforcement des "groupes terroristes", des experts de l'ONU ont dessiné un sombre tableau de la situation au Mali (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Samedi 26 août 2023

La population malienne toujours plus en danger, s'alarme l'ONU

  • Des experts de l'ONU ont dessiné un sombre tableau de la situation au Mali
  • De manière plus générale, le rapport s'inquiète de la détérioration de la situation qui met «en péril la paix, la sécurité et la stabilité du Mali»

NATIONS UNIES: Des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre au renforcement des "groupes terroristes", des experts de l'ONU ont dessiné un sombre tableau de la situation au Mali, alors que le retrait engagé des Casques bleus fait craindre de nouvelles épreuves pour les civils.

"La violence contre les femmes et les filles, et les violences sexuelles liées au conflit restent omniprésentes au Mali", dénoncent dans un rapport publié vendredi ces experts nommés par le Conseil de sécurité pour surveiller l'application des sanctions.

Si la plupart des parties prenantes au conflit sont montrées du doigt, ils mettent en particulier en cause les forces armées maliennes et leurs "partenaires de sécurité étrangers", jugeant que la répétition de ces actes peut être le signe d'une violence "systématique et organisée".

"Le groupe d'experts estime que la violence à l'égard des femmes et d'autres formes d'atteintes graves aux droits humains et au droit international humanitaire sont utilisées, en particulier par les partenaires de sécurité étrangers, en vue de semer la terreur au sein des populations".

S'ils n'identifient pas catégoriquement ce partenaire étranger que les témoins décrivent comme "des blancs", ils notent qu'il est "présumé être le groupe Wagner", mercenaires russes dont le chef Evguéni Prigojine est considéré mort après le crash de son jet cette semaine en Russie.

De manière plus générale, le rapport s'inquiète de la détérioration de la situation qui met "en péril la paix, la sécurité et la stabilité du Mali", évoquant même le "risque" que des groupes islamistes armés "reproduisent le scénario de 2012", lorsqu'ils s'étaient emparés des grandes localités du Nord après la rébellion touareg.

Certains groupes armés signataires de l'accord de paix d'Alger de 2015 avec le gouvernement malien ont "abdiqué leurs obligations en déclarant publiquement qu'ils n'étaient plus en mesure de protéger leurs populations", constatent les experts.

D'autres, notamment la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) -- alliance de groupes indépendantistes et autonomistes à dominante touareg entrés en rébellion contre l'Etat malien en 2012-- "ont abandonné des positions pour se concentrer sur des zones géographiques stratégiques clé" et ont vu leurs combattants "changer de camp pour rejoindre des groupes armés terroristes ou des réseaux de trafic".

«Coup fatal»
Dans ce contexte d'affaiblissement des groupes signataires de l'accord de paix, "des groupes terroristes ont vu miroiter une occasion qu'ils essaient d'exploiter le plus rapidement possible", met en garde le rapport.

Ainsi, "en moins d'un an, l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) a pratiquement doublé la superficie des zones qu'il contrôle au Mali", notamment dans les régions de Ménaka et Gao.

Quant au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, alliance jihadiste affiliée à Al-Qaïda, il "se positionne à présent comme le seul acteur capable de protéger les populations" contre l'EISG et son dirigeant Iyad Ag Ghali a l'"occasion de réaliser son aspiration à devenir un chef incontournable dans le nord du Mali".

Exigé par la junte au pouvoir, le retrait de la mission de maintien de la paix de l'ONU au Mali (Minusma) d'ici fin 2023 risque désormais de compromettre encore "davantage" l'accord de paix déjà précaire.

Les experts alertent ainsi sur "la montée des tensions" parmi les signataires de l'accord de paix et indiquent avoir reçu des "informations concordantes selon lesquelles des groupes armés signataires s'armaient face aux menaces" perçues de la part des forces armées maliennes.

Cette situation risque d'"entraîner des incidents plus graves, susceptibles de porter le coup fatal à l'accord".

Dans une lettre envoyée au Conseil de sécurité, vue par l'AFP, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est lui aussi inquiété des risques importants pour la sécurité des civils, la protection des droits humains et l'aide humanitaire posés par le départ précipité de la Minusma.

Il note en particulier les "tensions" qui ont émergé entre le gouvernement et la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) lors du départ des Casques bleus du camp de Ber, dans le nord.

"Si ces tensions n'étaient pas résolues, elles pourraient non seulement compliquer le retrait de la Minusma mais également saper encore plus l'accord de cessez-le-feu, avec des implications graves sur la totalité du processus de paix", insiste-t-il.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.