Deux DJ saoudiens à la pointe de la scène musicale

Le premier festival MDLBEAST qui a eu lieu en 2019 dans le Royaume a montré aux DJ saoudiens Ali et Nizar qu’ils pouvaient exercer leur passion localement. (Instagram/tarabelectro)
Le premier festival MDLBEAST qui a eu lieu en 2019 dans le Royaume a montré aux DJ saoudiens Ali et Nizar qu’ils pouvaient exercer leur passion localement. (Instagram/tarabelectro)
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Publié le Lundi 28 août 2023

Deux DJ saoudiens à la pointe de la scène musicale

  • Inspirés par le pouvoir de la musique, qui transcende les barrières linguistiques et culturelles, Ali et Nizar ont cherché à créer un espace inclusif où diverses communautés pourraient coexister harmonieusement
  • Les deux jeunes hommes s’intéressent à la musique électronique depuis une quinzaine d’années et ils assistent à des concerts dans le monde entier

RIYAD: Ali, 29 ans, et Nizar, 31 ans – les DJ saoudiens à l’origine de Tarab Electro et du collectif musical Aadi – marquent la scène musicale locale de leur empreinte. Leurs multiples expériences en dehors de leur rôle de DJ influencent leur approche, enrichissant ainsi leurs perspectives et leur cheminement au sein de l'industrie.

Ali déclare à Arab News: «Notre objectif est de favoriser activement le développement de la scène musicale en plein essor dans le Royaume. Notre but ultime est de faire de Riyad, la dynamique capitale de l’Arabie saoudite, une destination incontournable pour les amateurs de musique et les créateurs.»

Inspirés par le pouvoir de la musique, qui transcende les barrières linguistiques et culturelles, ils ont cherché à créer un espace inclusif où diverses communautés pourraient coexister harmonieusement et adopter les traditions et expériences si riches des autres.

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Le premier festival MDLBEAST qui a eu lieu en 2019 dans le Royaume a montré aux DJ saoudiens Ali et Nizar qu’ils pouvaient exercer leur passion localement. (Instagram/tarabelectro)

«Nous avons cofondé Aadi, un collectif qui met en valeur et célèbre les talents locaux, régionaux et internationaux à travers des événements musicaux et artistiques», déclare Ali.

Grâce à ce collectif, ils ont eu la possibilité d’inviter des artistes étrangers et de construire des ponts culturels à travers la musique.

La plate-forme permet aux communautés créatives de s’exprimer et d’établir des liens, précise Nizar, soulignant que l’un de ses principes fondamentaux est d’établir des liens solides avec des communautés musicales qui font écho à leur passion et leurs valeurs communes, non seulement au sein de la région, mais aussi à l'échelle mondiale.

EN BREF

Ali et Nizar sont les DJ saoudiens à l’origine de Tarab Electro et du collectif musical Aadi.

Le collectif met en valeur et célèbre les talents locaux, régionaux et internationaux à travers des événements musicaux et artistiques.

En septembre, les deux DJ sont invités à jouer au musée égyptien de Turin dans le cadre d’un événement baptisé «Silencio».

«Grâce à Aadi, nous avons invité des artistes talentueux de nombreux pays, comme la France, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, le Maroc et les Philippines, à participer à nos événements», indique Ali.

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Le premier festival MDLBEAST qui a eu lieu en 2019 dans le Royaume a montré aux DJ saoudiens Ali et Nizar qu’ils pouvaient exercer leur passion localement. (Instagram/tarabelectro)

Ainsi, le collectif Aadi a réussi à convier ces artistes exceptionnels en Arabie saoudite pour la première fois, leur permettant de dévoiler leurs talents au public local.

«En février dernier, nous avons garanti la participation de trois artistes talentueux issus de collectifs et de labels de musique français», explique Nizar.

À travers leur musique et leurs paroles, leur passion pour le rapprochement des cultures a non seulement ouvert de nouveaux horizons pour ceux qui ont eu l'occasion de les écouter, mais a également laissé une marque durable sur la scène musicale mondiale. Cela a profondément influencé la manière dont les artistes explorent et célèbrent désormais la diversité vibrante de l'humanité.

«Il y a tellement d'acceptation et de soutien désormais! La communauté des collègues DJ et des créateurs en général a atteint des proportions considérables. Collaborer avec certains de ces talents est une expérience très enrichissante. Nous puisons tous notre inspiration mutuellement et nous progressons collectivement.» - Ali, DJ de Tarab Electro

Avec Tarab Electro, le duo espère montrer sa passion pour la musique, tout en établissant des liens solides avec diverses communautés musicales à travers le monde.

En ce qui concerne leur style musical, le duo autodidacte se concentre principalement sur la house et la musique électronique. Cependant, en tant que mélomanes chevronnés, les deux jeunes hommes intègrent divers genres et sons qui les ont influencés.

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Le premier festival MDLBEAST qui a eu lieu en 2019 dans le Royaume a montré aux DJ saoudiens Ali et Nizar qu’ils pouvaient exercer leur passion localement. (Instagram/tarabelectro)

Leurs sets peuvent inclure de la musique house classique, du funk brésilien des années 1970 et 1980, ainsi que des combinaisons inattendues comme Talal Maddah et Britney Spears dans le même set.

Ils ont joué dans plusieurs clubs et événements à Paris et en Europe en général.

«Il y a une salle à Paris où nous nous produisions souvent – le Spootnik. C’est un lieu emblématique pour les amateurs de musique et une institution où jouent certains des plus grands noms de la scène underground.»

«Entre 2021 et 2023, nous avons joué à Washington D.C., Malaga, Zurich, Ibiza, Amsterdam, Paris et dans le sud de la France, dans un château médiéval du XIIe siècle», raconte Ali.

Ali et Nizar ont également eu le privilège de se produire localement à Riyad, Djeddah et Jazan.

«À Jazan, nous avons joué à 2 000 mètres d’altitude sur une montagne appelée «Jabal al-Qahar». Cela faisait partie d’une campagne menée par MDLBEAST et le ministère de la Culture pour célébrer l’Année de la calligraphie arabe et mettre en valeur tous ces beaux endroits que notre pays abrite», poursuit Nizar. La vidéo de l’événement a recueilli des dizaines de milliers de vues.

En septembre, les deux DJ sont invités à jouer au musée égyptien de Turin dans le cadre d’un événement baptisé «Silencio».

Nizar est établi à Riyad, tandis qu’Ali est récemment revenu de Paris pour s’installer au Royaume dans le but de contribuer à la croissance de l’écosystème musical en Arabie saoudite.

Ils s’intéressent à la musique électronique depuis une quinzaine d’années et ils assistent à des concerts dans le monde entier. Cependant, le tournant de leur parcours créatif a été le premier festival MDLBEAST en 2019 au sein du Royaume. Il leur a montré qu’ils pouvaient exercer leur passion localement.

«Il y a tellement d'acceptation et de soutien désormais! La communauté des collègues DJ et des créateurs en général a atteint des proportions considérables. Collaborer avec certains de ces talents est une expérience très enrichissante. Nous puisons tous notre inspiration mutuellement et nous progressons collectivement», ajoute Ali.

Le duo s’est lancé dans une carrière de DJ simplement par passion, avec un engagement inébranlable à unir des personnes en provenance d’horizons divers à travers la musique.

Ali apporte une expertise et des connaissances riches grâce à son expérience de deux ans à l’Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) à Paris, où il a travaillé dans le secteur culturel. Il était consultant auprès des États membres en matière de politiques culturelles et il a plaidé en faveur du rôle des industries culturelles et créatives dans le développement durable.

Avant cela, Ali a travaillé comme consultant en communication lors d’événements sportifs et récréatifs à grande échelle en Arabie saoudite, notamment certains des premiers concerts et spectacles sportifs importants.

Nizar est un spécialiste de la technologie ayant exercé en Europe et au Moyen-Orient. Il a travaillé pour diverses entreprises en tant que consultant technologique pour des projets de transformation numérique, d’infrastructure cloud, de données et d’intelligence artificielle.

«Je suis un évangéliste actif des technologies émergentes dans la communauté des start-up», poursuit Nizar.

Ali et Nizar soutiennent que la reconnaissance dans l’industrie a été un processus progressif. «Quand nous avons commencé, c’était difficile d’organiser des concerts parce que nous n’étions pas encore connus. Puis la pandémie de Covid-19 est apparue, qui a rendu impossible le fait de jouer n’importe où», explique Ali.

Nizar explique à Arab News qu’ils ont mis à profit cette période pour participer à des émissions de radio et à des podcasts, puis les appels ont commencé à affluer. «Une fois que les réglementations et précautions liées à la Covid-19 ont été assouplies, nous avons joué à Washington D.C. Je dirais ensuite que notre première apparition à Soundstorm en 2021 a accéléré les choses.»

Initialement, ils ont dû relever des défis tels que les rares opportunités de jouer en Arabie saoudite avant 2019, ainsi que le manque général d'acceptation de la musique au sein du pays.

«Cependant, nous avons assisté à un changement significatif sur la scène musicale en Arabie saoudite au cours des dernières années, avec plus d’acceptation, de soutien et de construction d'infrastructures», ajoute Ali.

Le duo pense que l’avenir est prometteur pour tous les acteurs de la scène musicale saoudienne d’aujourd’hui.

Ali et Nizar conseillent aux aspirants DJ de demeurer fidèles à eux-mêmes. Ils soulignent l'importance de jouer ce qu'ils apprécient tout en cultivant l'humilité, car le succès découlera naturellement de ces valeurs.

«Il faut commencer à petite échelle et ne pas se noyer sous les équipements qui ne conviennent pas à votre niveau actuel, parce que vous vous épuiserez très vite», souligne Nizar.

Alors qu’ils deviennent de plus en plus célèbres à l’échelle locale et internationale, ils s’efforcent de contribuer à la croissance de la scène musicale en plein essor en Arabie saoudite et de faire connaître Riyad.

Pour découvrir leur travail, visitez la page @tarabelectro sur Instagram.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


IMA: « Raconte moi ton mariage », un événement qui met à l’honneur une France multiculturelle

Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire.  Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais. (Photo Arlette Khouri)
Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire. Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais. (Photo Arlette Khouri)
  • Pendant quelques heures, Paris prend les couleurs d’un mariage maghrébin
  • Mais derrière cette ambiance joyeuse se dessine un projet précis : faire du mariage un récit collectif, transmettre une mémoire familiale et rappeler que les traditions populaires ont pleinement leur place dans le paysage culturel français

PARIS: Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire.

Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais.

Les youyous résonnent, les mains se parent de henné, un orchestre nord-africain entraîne la foule dans une danse spontanée, les enfants courent entre les voitures décorées de fleurs, tandis que les visiteurs se mêlent aux comédiens sans toujours distinguer où s’arrête la représentation et où commence la réalité.

Pendant quelques heures, Paris prend les couleurs d’un mariage maghrébin. Mais derrière cette ambiance joyeuse se dessine un projet précis : faire du mariage un récit collectif, transmettre une mémoire familiale et rappeler que les traditions populaires ont pleinement leur place dans le paysage culturel français.

Conçue à partir de témoignages recueillis auprès d’habitants de Gennevilliers, Saint-Denis, Pantin ou Saint-Ouen, la performance donne vie à des histoires de mariage issues de l’immigration maghrébine.

Des cortèges de voitures fleuries convergent vers l’IMA avant de poursuivre leur route jusqu’au Grand Palais, où un couscous géant, des concerts et des spectacles prolongent la fête jusque tard dans la nuit.

Une nouvelle étape dans l’évolution de l’IMA

Pour Chawki Abdel Amir, vice-président de l’Institut du monde arabe, cette manifestation marque une nouvelle étape dans l’évolution de l’institut.

« On nous reproche parfois d’être trop intellectuels », déclare-t-il à Arab News en français. « Or, la culture, ce ne sont pas seulement les colloques ou les collections patrimoniales ; c’est aussi la cuisine, les coutumes, les mariages. Nous voulions montrer une culture vivante, joyeuse, telle qu’elle est réellement vécue. »

Dans une période internationale marquée par les conflits et les tensions, il revendique le choix d’offrir « un peu de bonheur » et de faire du parvis de l’IMA un lieu où les cultures populaires retrouvent toute leur vitalité.

Au-delà de l’aspect festif, il voit également dans cette célébration une manière d’assumer sereinement des identités parfois contestées, malgré les polémiques récurrentes autour des cortèges de mariage ou des youyous.

Il regrette que certains cherchent à faire disparaître des expressions culturelles pourtant parfaitement compatibles avec les valeurs de la République.

Ses propos font écho aux initiatives de certaines municipalités visant, au nom de l’ordre public ou d’une conception très restrictive de la neutralité, à encadrer, voire à décourager, certaines manifestations festives inspirées des cultures d’origine.

« La France est une idée universelle, rappelle-t-il. Elle s’est toujours enrichie des cultures qui la composent. Vouloir effacer ces particularités, c’est finalement appauvrir ce qu’elle représente. »

Le cortège lui-même illustre cette volonté de rendre visibles des traditions souvent confinées à la sphère privée.

Au volant de la voiture des mariés, l’un des participants raconte avec enthousiasme cette traversée de Paris, commencée à Gennevilliers.

Le convoi a emprunté les grands axes de la capitale, traversé Bir-Hakeim, longé les Champs-Élysées avant de rejoindre l’Institut du monde arabe.

En célébrant des traditions parfois regardées avec méfiance, « Raconte-moi ton mariage » apparaît finalement comme une réponse joyeuse à ceux qui voudraient uniformiser les expressions culturelles au nom d’une conception étriquée de l’identité française.

Tout au long du parcours, les passants applaudissaient, klaxonnaient et répondaient spontanément à la fête. « Les gens participaient comme s’ils assistaient à un vrai mariage », raconte-t-il avec émotion.

« C’était formidable de voir autant de sourires. Même devant l’Assemblée nationale, nous avions l’impression de partager un moment avec toute la ville. »

Pour Mohamed Bourouissa, cette réaction confirme l’ambition de son projet. « On ne voit pas cela tous les jours à Paris, indique-t-il. Je voulais rejouer le rituel du mariage parce qu’il est porteur de joie, d’amour et de mémoire. C’est un moment qui rassemble toute une communauté, mais qui parle aussi à tout le monde. »

L’artiste explique avoir voulu dépasser le simple folklore pour transformer ces récits familiaux en une œuvre contemporaine.

Les histoires recueillies auprès de familles venues principalement du Maghreb, mais aussi du Liban et d’autres horizons du monde arabe, deviennent ici une matière artistique qui relie les générations. La traversée entre les villes populaires de la périphérie parisienne et le cœur de la capitale revêt d’ailleurs une portée hautement symbolique.

« J’ai eu l’impression de vivre une véritable odyssée, confie-t-il, car cette traversée raconte quelque chose de notre histoire commune. »

En célébrant des traditions parfois regardées avec méfiance, « Raconte-moi ton mariage » apparaît finalement comme une réponse joyeuse à ceux qui voudraient uniformiser les expressions culturelles au nom d’une conception étriquée de l’identité française.


Le Festival d'Avignon ouvre sa 80e édition entre création, parité et focus coréen

Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
  • Le 80e Festival d'Avignon s'ouvre avec une programmation marquée par une majorité de femmes à la mise en scène et un focus sur les artistes sud-coréens
  • Le Festival Off réunit 1.400 compagnies et 1.780 spectacles, tout en ouvrant le débat sur les défis économiques du spectacle vivant

AVIGNON: Trompettes, retentissez! La 80e édition du Festival d'Avignon, grand rendez-vous international de théâtre, démarre samedi pour trois semaines, avec un spectacle-fleuve de cinq heures à l'ouverture, plus de femmes à la mise en scène, un zoom sur les artistes sud-coréens et un Off toujours en force.

- Diversité de propositions

"Il y a des spectacles pour tous les goûts", déclare à l'AFP le directeur du Festival Tiago Rodrigues. Selon lui, cette édition se veut une "célébration des arts vivants", avec du théâtre, de la danse, des performances et du cirque, et une "fête de la création", avec des artistes d'une grande diversité qui "s'emparent des problèmes et des joies du monde".

Pour la première fois, le Festival compte une majorité de metteuses en scène avec 27 femmes, 16 hommes et 6 collectifs. Par ailleurs, 24 artistes français tels que Jeanne Candel, Rebecca Chaillon, Boris Charmatz et 25 artistes internationaux, comme les Brésiliennes Christiane Jatahy, Carolina Bianchi, l'Egyptien Ahmed El Attar, ou le collectif belge flamand tg Stan, sont invités.

Quelque 136.000 places sont en vente.

Cette édition se veut également une "fête des questionnements" avec le public, qui se terminera par une nuit de réflexions dans la cour d'honneur "autour des questions que l'art peut poser au monde", avec artistes, scientifiques, philosophes, personnalités de la société civile, etc.

- Ouverture par Julien Gosselin

Musique forte, vidéo, démesure: avec "Maldoror", le directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe à Paris, Julien Gosselin, embarque samedi soir le public de la Cour d'honneur du Palais des papes dans un spectacle-fleuve.

Cette fiction, inspirée de textes de l'écrivain chilien Roberto Bolaño et de poèmes du recueil "Les chants de Maldoror" de Lautréamont, "parle du mal, ce qui fait que des artistes cheminent autour du mal", selon le metteur en scène, figure emblématique du Festival.

"J'ai toujours été extrêmement intéressé par le fait que sous la beauté, ou sous la culture, pouvait en fait se cacher l'horreur", confie-t-il à l'AFP. "Quand je lis Bolaño, je ressens une forme de fraternité, de douceur, même si les thèmes qu'il travaille sont très violents".

- Han Kang et les artistes coréens à l'honneur

Après l'anglais, puis l'espagnol et l'arabe, le coréen est la langue invitée du Festival. Théâtre populaire, théâtre documentaire, performances visuelles, danse et cirque, pansori (récit chanté accompagné au tambour): les arts vivants coréens vont représenter quelque 20% de la programmation totale cette année.

La lauréate du prix Nobel de littérature 2024 Han Kang, présente du 12 au 18 juillet, a inspiré deux spectacles, "Oiseau", une lecture performance avec les actrices Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee et "Che dolore terribile è l'amore", mise en scène par l'Italienne Daria Deflorian.

- 1.400 compagnies pour le Off

En parallèle du Festival in, les compagnies du Off investissent les 141 théâtres de la ville, la transformant en gigantesque marché du spectacle vivant.

Quelque 1.400 compagnies, soit une cinquantaine de plus que l'an dernier, proposent 1.250 spectacles par jour et 1.780 spectacles au total, certains n'étant pas programmés sur toute la durée du festival.

Selon Avignon Festival & Compagnies (AF&C), qui gère la manifestation), cela représente 27.000 représentations pour lesquelles 2,6 millions de billets sont en vente.

Dans un contexte de crise du secteur, équipes artistiques, chargés de diffusion, collectivités, institutions, vont participer en parallèle à des "assises" organisées les 7, 9 et 10 juillet.

Ce chantier de réflexion portera cette année sur "les réalités économiques", "les métiers et les conditions de diffusion" et "les politiques publiques". Il se poursuivra lors de l'édition 2027.

Le spectacle vivant subit en effet des coupes budgétaires des collectivités territoriales et de l'Etat.


Coupe du monde 2026 : l’Égypte élimine l’Australie et file en huitièmes de finale

  • Les Pharaons s’imposent 4-2 aux tirs au but après un match tendu conclu sur un 1-1
  • Première victoire historique en phase à élimination directe : l’Égypte rejoint le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe en huitièmes

DUBAÏ : L’Égypte a battu l’Australie aux tirs au but au stade de Dallas pour se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Il s’agit de sa toute première victoire en phase à élimination directe.

Ils rejoignent ainsi le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe à atteindre les huitièmes de finale de ce tournoi.

L’Égypte avait été rassurée par les nouvelles concernant son capitaine et joueur clé Mohamed Salah, remis de ses inquiétudes liées à une blessure après avoir demandé à être remplacé lors du dernier match de groupe contre l’Iran. Avant la rencontre, un quatuor offensif composé de Salah, Mostafa Zico, Emam Ashour et Omar Marmoush apparaissait sur le papier comme une menace sérieuse pour la défense australienne.

Les Socceroos ont de nouveau débuté en 3-4-3, avec le jeune Nestor Irankunda, 20 ans, chargé d’animer l’attaque.

La première occasion du match est venue de Cristian Volpato à la 5e minute, sa frappe enroulée du pied gauche frôlant la barre égyptienne. Quelques minutes plus tard, Jordan Bos a percé la défense égyptienne avant d’être stoppé par Mohamed Hany alors qu’il s’apprêtait à tirer face au but de Mostafa Shobeir.

La situation s’est débloquée de l’autre côté du terrain, et les Pharaons n’ont eu besoin que de 13 minutes pour prendre l’avantage, Ashour étant à l’origine puis à la conclusion de l’action collective qui lui a offert son deuxième but du tournoi. Sa première tentative, sur une remise de Salah, avait été contrée, et lorsque le ballon a ensuite été centré dans la surface par Karim Hafez, la tête d’Ashour, totalement libre, n’a laissé aucune chance au gardien australien Patrick Beach.

Après la pause hydratation, l’Australie est davantage entrée dans le match, mais la première mi-temps est restée hachée, entre fautes et interruptions.

Dès le début de la seconde période, Omar Marmoush aurait pu faire le break, mais son tir du droit a frôlé le poteau après une passe parfaite de Zico. L’Égypte allait regretter cette occasion à la 55e minute, lorsque un coup franc a été dévié dans ses propres filets par Mohamed Hany : 1-1, tout était relancé.

À la 67e minute, l’Égypte a tenté de réagir en remplaçant Zico et Hamdi Fathy par Haissem Hassan et Hossam Abdelmaguid. Cinq minutes plus tard, Ashour manquait le cadre après une belle séquence collective. Malgré une pression croissante en fin de match, la défense australienne, menée par l’excellent Harry Souttar, tenait bon.

Dans le temps additionnel, Ramy Rabia a failli offrir la victoire à l’Égypte, mais sa tête sur un centre de Salah a été repoussée par un arrêt exceptionnel de Beach.

Avec Trezeguet et Hassan très dangereux sur les côtés, les Australiens semblaient même satisfaits de voir arriver la prolongation.

Salah a enfin eu une vraie occasion trois minutes après le début des prolongations, mais sa frappe a survolé la barre. Les occasions sont restées rares.

À la 108e minute, une frappe déviée de Marwan Attia a failli tromper Beach, mais le gardien a pu capter le ballon. L’Égypte poussait, sans parvenir à faire céder la défense australienne. Salah a encore fait parler sa classe en éliminant plusieurs adversaires à sept minutes de la fin, mais sa frappe a été contrée. Les tirs au but se profilaient, et l’Australie a remplacé Beach par le vétéran Matt Ryan.

Souttar et Lucas Harrington ont manqué leurs tirs côté australien. Mahmoud Saber, Rabia, Salah (avec une panenka) et Abdelmaguid ont marqué, permettant à l’Égypte de s’imposer au terme d’une soirée épuisante.

Les Pharaons affronteront désormais soit l’Argentine soit le Cap-Vert en huitièmes de finale, le mardi 7 juillet, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com