Liban: Une action en justice gèle les enquêtes sur Riad Salamé

Les procureurs de Beyrouth ont décidé de ne pas arrêter l'ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, à la suite d'une contestation déposée par son avocat mardi (Photo, Reuters).
Les procureurs de Beyrouth ont décidé de ne pas arrêter l'ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, à la suite d'une contestation déposée par son avocat mardi (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 30 août 2023

Liban: Une action en justice gèle les enquêtes sur Riad Salamé

  • Une source judiciaire a révélé à Arab News que l'enquête sur Salamé a été gelée de la même manière que l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth a été entravée et interrompue
  • «Salamé est toujours un suspect dans les enquêtes libanaises, malgré l'accusation portée contre lui, jusqu'à ce qu'un acte d'accusation soit émis et fasse de lui un accusé», a affirmé la source

BEYROUTH: Les procureurs de Beyrouth ont décidé de ne pas arrêter l'ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, à la suite d'une contestation déposée par son avocat mardi.

La chambre d'accusation a communiqué sa décision au chef de l'autorité chargée des affaires au ministère de la Justice, la juge Héléna Iskandar, après avoir accepté le recours présenté par le juge contre le maintien de Salamé sous enquête après son interrogatoire il y a quelques semaines.

Charbel Abou Samra, le premier juge d'instruction de Beyrouth, a placé Salamé sous enquête le mois dernier après que des accusations ont été portées contre lui, son frère Raja Salamé et son ancienne assistante Marianne Hoayek pour «détournement de fonds publics, blanchiment d'argent, falsification, usage de faux, enrichissement illégal, violation du droit du travail et évasion fiscale».

Hafez Zakhour, l'avocat de Salamé, a comparu devant la commission d'inculpation et a annoncé que son client «n'assistera pas à l’audience tenue par la division pour décider de l'arrêter ou non».

Au lieu de cela, Zakhour a intenté une action en justice contre la chambre des mises en accusation, affirmant que Salamé faisait l'objet d'une «enquête pour des crimes présumés et irréalistes».

Il a poursuivi : «La chambre d'accusation, en tant que juridiction d'appel des décisions du juge d'instruction, n'a pas le droit de reprendre le dossier et de convoquer l'accusé à une audience devant elle afin de l'interroger ou d'étendre l'enquête avec lui. La décision de la chambre d'accusation peut être considérée comme nulle et non avenue. La chambre ne peut pas interroger un accusé qui est encore en cours d'interrogatoire devant le juge d'instruction (Abou Samra). Sinon, nous nous trouverions devant deux autorités judiciaires qui interrogent le même accusé dans la même affaire avant que l'une d'entre elles ne décide du sort de l'arrestation ou de la mise en liberté de l’accusé.»

Passeports confisqués

Une source judiciaire a révélé à Arab News que l'enquête sur Salamé a été gelée de la même manière que l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth a été entravée et interrompue.

«Salamé est toujours un suspect dans les enquêtes libanaises, malgré l'accusation portée contre lui, jusqu'à ce qu'un acte d'accusation soit émis et fasse de lui un accusé», a affirmé la source.

«Ce qui se passe dans ce dossier est similaire à ce qui s'est passé dans le dossier des enquêtes sur le crime de l'explosion du port de Beyrouth, qui a également été gelé il y a un an à cause des poursuites intentées contre l'enquêteur judiciaire du crime, le juge Tarek Bitar, par plusieurs ministres et députés, qui étaient des accusés dans l'enquête.»

Le mandat de Salamé en tant que gouverneur de la BDL a expiré à la fin du mois de juillet, et les services de sécurité n'ont pas été en mesure de lui communiquer depuis lors les dates de ses interrogatoires, sous prétexte de ne pas pouvoir trouver son lieu de résidence au Liban.

La justice libanaise a confisqué les passeports libanais et français de Salamé et l'a empêché de voyager le 24 mai, le lendemain du jour où les autorités ont reçu une notice rouge d'Interpol sur la base de mandats d'arrêt français et allemands à son encontre.

Salamé fait l'objet d'enquêtes européennes sur des accusations de corruption, de falsification, de formation d'un gang pour le blanchiment d'argent et de détournement de fonds publics au Liban pour une valeur de plus de 330 millions de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) entre 2002 et 2021.

Il y a un an, la France, l'Allemagne et le Luxembourg ont gelé 120 millions d'euros d'actifs libanais à la suite d'une enquête visant Salamé et ses proches pour blanchiment d'argent.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée du Koweït dit faire face à des attaques de missiles et de drones

Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
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  • Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran
  • "Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X

KOWEIT: Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran.

"Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X.


Israël bombarde Tyr après avoir déclaré «zone de combat» une vaste partie du sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
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  • L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr
  • L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d'évacuer en prévision d'un "emploi de la force" à venir, l'armée israélienne a confirmé avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans la région de Tyr".

L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr.

L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban.

Israël intensifie ces derniers jours ses opérations terrestres et aériennes dans l'est et le sud du pays voisin, où le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah a fait état de combats "directs", en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, mais que les deux parties s'accusent de violer.

Alors que de nombreux Libanais tentent de célébrer l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane, l'armée israélienne, a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans le sud du Liban à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

Cette escalade intervient juste avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone, et à l'approche de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.

"Affrontements directs" 

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" mercredi à Zawtar el-Charqiyé, a annoncé de son côté le Hezbollah, faisant aussi état de trois attaques de drones contre des troupes dans le nord d'Israël.

Il a revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes tentant de s'infiltrer dans cette localité, stratégique pour sa proximité avec Nabatiyé.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" délimitant la bande d'une dizaine de kilomètres dont l'armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l'accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition.

L'armée israélienne avait déclaré mardi étendre ses opérations au sol au-delà de la "ligne jaune".

"Etendre l'autorité de l'Etat"  

Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l'Iran après l'attaque israélo-américaine du 28 février.

Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes depuis, selon un nouveau bilan mercredi du ministère de la Santé.

Parmi elles, au moins 31 ont été tuées mardi, dont au moins 15 habitants de Burj al-Shemali, près de Tyr, selon le maire de cette localité. Un photographe de l'AFP a vu mercredi des secouristes extraire un corps des décombres, tandis qu'une pelleteuse dégageait des amas de gravats.

Dans l'ouest de la Bekaa, la localité de Machghara qui abritait des centaines de familles déplacées est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements israéliens.

Son maire, Iskandar Barakeh, fait part à l'AFP de sa crainte de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, "se transformer en arrière-front".

La délégation militaire dirigée par le général Georges Rizkallah qui doit rencontrer vendredi des militaires israéliens "insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.

 


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".