Jour J pour la rencontre au sommet entre Macron et les chefs de partis

Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux ambassadeurs français lors de la conférence des ambassadeurs au palais de l'Élysée à Paris, le 28 août 2023. (AFP).
Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux ambassadeurs français lors de la conférence des ambassadeurs au palais de l'Élysée à Paris, le 28 août 2023. (AFP).
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Publié le Mercredi 30 août 2023

Jour J pour la rencontre au sommet entre Macron et les chefs de partis

  • Emmanuel Macron espère trouver des terrains d'entente sur des thèmes-clés mais souvent clivants comme l'immigration, l'ordre ou le travail
  • Un exercice souvent acrobatique pour le gouvernement d'Elisabeth Borne, suspendu sur chaque texte controversé à un risque de motion de censure, comme sur la réforme des retraites au printemps

PARIS :  Emmanuel Macron réunit mercredi les principaux chefs de partis à Saint-Denis, au nord de Paris, avec l'ambition affichée de trouver des "voies" pour faire "avancer" le pays, au-delà des clivages politiques, en l'absence de majorité absolue.

Cette "initiative populaire d'ampleur" promise par le chef de l'Etat avant la pause estivale vise à bâtir "ensemble" des textes législatifs et ouvrir la voie, "le cas échéant", à des référendums, selon la lettre d'invitation présidentielle.

La rencontre au sommet débutera à 15H00 et se tiendra à huis clos entre le président et les chefs de partis réunis autour d'une table, un format "inédit" selon l'entourage du chef de l'Etat.

Aucun collaborateur ne sera présent et aucun dispositif n'est prévu pour la presse qui pourra uniquement filmer les allées et venues à l'extérieur du lieu de rendez-vous.

La réunion aura lieu à la maison d'éducation de la Légion d'honneur de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), une école emblématique de la "méritocratie" républicaine - elle est réservée aux descendantes de décorés d'ordres français -, située de surcroît dans une ville touchée par les émeutes de fin juin, début juillet.

Les participants sont invités à deux tables rondes sur la situation internationale et les réformes institutionnelles, suivies d'un dîner autour de toutes les questions posées par les récentes émeutes urbaines, école, autorité, intégration, inégalités, selon l'Elysée.

«Mise en scène»

Tous les chefs des partis représentés au Parlement ont accepté l'invitation, non sans méfiance du côté de l'opposition qui soupçonne Emmanuel Macron de chercher avant tout à relancer un quinquennat toujours à la peine.

Les dirigeants de gauche réunis au sein de la Nupes - Manuel Bompard (LFI), Marine Tondelier (EELV), Olivier Faure (PS) et Fabien Roussel (PCF) - ont d'ailleurs décidé de boycotter le dîner, en dénonçant une "mise en scène médiatique", avant de se raviser à condition que les agapes se résument à une réunion de travail.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a aussi mis en garde contre tout "illusionnisme verbal" et réclamé des "actes clairs" sur "l'autorité de l'Etat" et "l'identité de la France".

Le chef de l'Etat l'a d'ailleurs appelé pour lui présenter les enjeux de la réunion, tout comme il l'avait fait avec le patron des Républicains, Eric Ciotti.

Le président de la République assure vouloir une "discussion franche, loyale, directe" pour "agir ensemble", dans "l'unité", au service des Français.

Dépourvu de majorité absolue à l'Assemblée nationale depuis sa réélection en 2022, Emmanuel Macron espère trouver des terrains d'entente sur des thèmes-clés mais souvent clivants comme l'immigration, l'ordre ou le travail.

Un exercice souvent acrobatique pour le gouvernement d'Elisabeth Borne, suspendu sur chaque texte controversé à un risque de motion de censure, comme sur la réforme des retraites au printemps.

«Préférendum»

"Le président veut éviter le blocage par tous les moyens dont il dispose", confirme un cadre du camp présidentiel.

"Il veut voir les désaccords et, s'ils sont insurmontables, voir sur quels sujets les Français peuvent trancher" par la voie du référendum, dit-il.

Les partis d'opposition ont d'ores et déjà présenté des propositions de référendums sur leurs chevaux de batailles, l'immigration à droite et l'extrême-droite, la réforme des retraites côté Nupes.

Le parti présidentiel, Renaissance, va plaider de son côté pour un référendum portant sur "entre trois et cinq questions", notamment sur la réforme des institutions. "C'est une façon, si les gens votent oui, de se relégitimer", pointe un responsable de la majorité.

Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a suggéré pour sa part la piste du "préférendum", qui permet de poser des questions multiples pour mesurer les préférences des votants.

Une proposition qui ressemble à s'y méprendre au référendum à questions multiples que M. Macron avait envisagé durant son premier mandat, après la crise des "gilets jaunes", puis la convention citoyenne sur le climat, sans passer à l'acte.


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).